George Russell signe le meilleur temps de la première séance d’essais libres du Grand Prix du Japon 2026, devant Antonelli. Hadjar 13ᵉ, Gasly 15ᵉ, Ocon 9ᵉ. Analyse complète de la session.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
FP1 du Grand Prix du Japon 2026 : Mercedes confirme sa domination, les Français en retrait à Suzuka
La première séance d’essais libres du Grand Prix du Japon 2026 a tenu toutes ses promesses sur le mythique circuit de Suzuka, ce vendredi 27 mars. Sous un ciel ensoleillé, frais et sec, George Russell a signé le meilleur temps en 1 minute 31 secondes et 666 millièmes, confirmant ainsi la suprématie précoce de Mercedes dans cette nouvelle ère réglementaire. Toutefois, la concurrence s’est montrée plus serrée que lors des deux premières manches, McLaren et Ferrari talonnant les Flèches d’argent de près.
Classement de la FP1 : Mercedes en tête, McLaren et Ferrari dans son sillage
Russell a devancé de seulement 26 millièmes son coéquipier Kimi Antonelli, dans ce qui s’apparente à une lutte fratricide au sein du garage Mercedes. À mi-parcours de la séance, Antonelli avait pris les commandes avec un temps de 1:31.692, avant que Russell ne réplique par un 1:31.666, s’emparant ainsi de la première place. Une rivalité interne déjà perceptible lors des deux premières manches, comme le soulignait récemment Antonelli lui-même.
Derrière ce duo Mercedes, Lando Norris et Oscar Piastri ont positionné leurs McLaren en troisième et quatrième places, à respectivement 132 et 199 millièmes de Russell. Un retour en forme appréciable pour l’écurie de Woking, qui avait connu un fiasco retentissant en Chine en raison de deux défaillances électriques distinctes. Charles Leclerc et Lewis Hamilton complètent le top 6, se classant cinquième et sixième, à 289 et 374 millièmes du leader. Max Verstappen, au volant de sa Red Bull, occupe la septième place, à 791 millièmes.
Mercedes, la machine de guerre de 2026
Après deux victoires consécutives — Russell en Australie, Antonelli en Chine —, Mercedes vise un troisième succès d’affilée, et cette FP1 n’a fait que renforcer l’impression que les Flèches d’argent dominent cette saison. Russell résume avec lucidité les forces en présence : Une analyse qui met en lumière les différences de philosophie aérodynamique entre les deux écuries phares de ce début de championnat.
« Ferrari est plus rapide en virages, nous le sommes davantage en ligne droite, pour schématiser. »
Les Ferrari ne sont pas loin. Cinquièmes et sixièmes en FP1, Leclerc et Hamilton restent à l’affût et n’ont pas dit leur dernier mot. Leclerc avait peaufiné sa technique de freinage dans le simulateur de Ferrari avant ce rendez-vous japonais, conscient que les enchaînements rapides de Suzuka — les Esses, les Degner, le 130R — représentent un défi particulier pour la SF-26. Avant la course, Leclerc reconnaissait lui-même que « quatre à cinq dixièmes » séparaient encore Ferrari de Mercedes, mais les données de cette FP1 semblent indiquer un écart moins marqué.
De son côté, Lewis Hamilton a affiché une sérénité retrouvée, déclarant se sentir « de nouveau au meilleur de sa forme, tant mentalement que physiquement ». Son duel avec Leclerc lors des premières manches avait déjà marqué les esprits, et le circuit de Suzuka pourrait une nouvelle fois servir de théâtre à une bataille interne passionnante chez Ferrari.
Les Français : Ocon se distingue, Hadjar en difficulté, Gasly en retrait
Esteban Ocon (Haas) : 9ᵉ, le meilleur des tricolores
Esteban Ocon a créé la surprise en se hissant à la neuvième place, à 935 millièmes de Russell. Sous les couleurs de Haas — arborant une livrée spéciale Godzilla inédite pour ce Grand Prix du Japon —, le pilote normand s’est montré optimiste : « Il y a beaucoup d’aspects positifs à tirer de ces deux premières courses. La base de performance de la voiture est solide, mais je n’ai pas eu de chance avec les VSC et les Safety Cars, qui sont intervenus au pire moment. » Ocon s’intercale entre les deux pilotes de Racing Bulls dans ce classement provisoire, un résultat qui constitue une véritable satisfaction.
Isack Hadjar (Red Bull) : 13ᵉ, une séance chaotique
Pour Isack Hadjar, ce retour à Suzuka s’est avéré plus compliqué. Le Français, au volant de sa Red Bull, a terminé 13ᵉ, à 1 seconde 137 du meilleur temps, dans une séance qu’il a lui-même qualifiée de difficile. Dès le départ, Hadjar s’est plaint de freins froids et d’une monoplace tirant d’un côté, symptômes révélateurs des difficultés que traverse encore Red Bull avec sa RB22. L’écurie autrichienne avait pourtant apporté un étage révisé pour Hadjar et Verstappen, destiné à corriger le manque d’appui et les problèmes de stabilité au freinage observés en Chine — mais les résultats restent, pour l’heure, insuffisants.
Pierre Gasly a terminé la séance en 15ᵉ position, à 1 seconde 312 de Russell. Avant la course, Gasly avait estimé que Suzuka constituerait un « test de vérité » pour Alpine, et les premières données semblent lui donner raison — dans le mauvais sens du terme. Le Français avait toutefois noté des progrès en Chine par rapport aux essais hivernaux, notamment en matière d’équilibre : « Sur le papier, après les essais hivernaux et Melbourne, c’est un domaine où nous sentions une certaine faiblesse. Je pense que nous avons progressé en Chine pour en corriger une partie. »
Gasly reste philosophe et déterminé, conscient que la Formule 1 se joue sur la durée. Son casque aux couleurs du kintsugi pour ce Grand Prix du Japon, symbole de la beauté des choses réparées, résonne comme un message d’espoir pour la suite.
Incidents et moments forts : Albon-Perez, le virage 13 et les pièges de Suzuka
La séance n’a pas été exempte d’incidents. Le moment le plus marquant a été la collision entre Alex Albon (Williams) et Sergio Perez (Cadillac) dans le dernier virage, en fin de session. L’accrochage a laissé des débris sur la piste et occasionné des dégâts mineurs sur la Williams. Les deux pilotes ont été placés sous investigation par les commissaires de la FIA après cet incident. Williams traverse une période délicate avec la FW48, et cette collision n’arrange guère les affaires d’Albon, qui avait par ailleurs dérapé dans les courbes Degner et frôlé l’accident plus tôt dans la séance.
Le virage 13 a également fait des victimes, piégeant tour à tour Russell, Norris, Leclerc et Arvid Lindblad. Enfin, en fin de session, Oscar Piastri, Charles Leclerc et Pierre Gasly se sont retrouvés à trois de front à l’entrée du premier virage, Leclerc prenant l’intérieur pour s’en sortir. Des images spectaculaires qui illustrent la densité du trafic dans les dernières minutes d’une séance d’essais.
Aspects techniques : pneus durs, énergie réduite et données aérodynamiques
Pirelli a sélectionné les trois composés les plus durs de sa gamme pour ce Grand Prix du Japon : C1 (dur), C2 (medium) et C3 (tendre). Le C1 fait ainsi ses débuts sur ce circuit, une nouveauté qui influencera les stratégies de course. Par ailleurs, la FIA a décidé de réduire la quantité maximale d’énergie récupérable lors des qualifications, passant de 9 à 8 MJ, afin de limiter le phénomène de « super clipping », particulièrement présent à Suzuka avec les nouvelles monoplaces 2026.
Les équipes ont largement profité de cette FP1 pour collecter des données aérodynamiques, utilisant des grilles de visualisation et des peintures spéciales appliquées sur les monoplaces. La séance a confirmé que les vitesses en apex sont globalement plus basses que prévu dans les Esses et au 130R, en raison des exigences énergétiques des nouvelles voitures. Aston Martin a de son côté fait rouler le jeune pilote Jak Crawford en remplacement de Fernando Alonso, absent — ce dernier ayant manqué le media day après la naissance de son enfant.
Ce qu’il faut retenir avant la FP2
Mercedes reste l’écurie à battre à Suzuka, comme lors des deux premières manches de ce championnat 2026 marqué par une refonte réglementaire totale. McLaren semble retrouver ses marques après son double abandon en Chine, tandis que Ferrari reste dans la course sans avoir encore trouvé la clé pour déloger les Flèches d’argent. Red Bull peine malgré ses mises à jour d’urgence, et les trois pilotes français occupent pour l’instant la seconde moitié du top 15.
La FP2, et surtout les qualifications, apporteront des éclairages précieux sur les véritables hiérarchies de ce week-end. Une certitude demeure : Suzuka, avec ses enchaînements redoutables et ses pièges permanents, ne pardonnera aucune erreur à ceux qui n’auront pas parfaitement réglé leur monoplace. Rendez-vous en piste.