Un début de saison 2026 cauchemardesque pour Aston Martin
Depuis les premiers tours de roue de la saison 2026, Aston Martin traverse une période que nombre d’observateurs n’hésitent pas à qualifier de pire démarrage de l’histoire moderne de la Formule 1. Les essais pré-saison à Barcelone, puis à Bahreïn, avaient déjà révélé l’ampleur du désastre : en cumulant les deux sessions de tests bahreïniennes, l’écurie de Silverstone n’avait pu boucler que 399 tours, contre 1 216 pour Mercedes. Un écart abyssal, révélateur d’un problème structurel.
La source de cette débâcle ? Les vibrations engendrées par le nouveau groupe propulseur Honda, dont l’intensité était telle qu’elles provoquaient des dommages physiques réels chez les pilotes. Fernando Alonso estimait ne pouvoir effectuer plus de 25 tours consécutifs sans risquer des lésions nerveuses irréversibles aux mains. Lance Stroll, quant à lui, atteignait ce seuil critique dès 15 tours. Une situation proprement intolérable en compétition.
Lors du Grand Prix d’Australie, l’équipe ne disposait plus que de deux batteries fonctionnelles pour son unité de puissance hybride Honda, sans aucune pièce de rechange disponible. Un incident supplémentaire aurait purement et simplement condamné l’AMR26 pour le reste du week-end.
La source du problème : des vibrations amplifiées par le châssis
Pour saisir la nature de ce dysfonctionnement, il convient de revenir sur les spécificités du règlement 2026. Avec la suppression du MGU-H et l’augmentation drastique de la puissance électrique – le MGU-K passant de 120 kW à 350 kW tandis que la partie thermique chute de 630 kW à 400 kW –, les unités de puissance ont dû être entièrement repensées. Honda, qui relançait un programme indépendant après son départ de Red Bull, se trouvait dans une position particulièrement vulnérable.
Les vibrations ne provenaient pas uniquement du moteur lui-même. Comme l’a expliqué Koji Watanabe, président de Honda Racing : « Lors des tests sur banc d’essai, les vibrations se situaient à un niveau acceptable. Mais une fois intégrées dans le châssis réel, elles devenaient bien plus importantes. » Le châssis agissait comme une caisse de résonance, amplifiant des oscillations qui, à la source, semblaient maîtrisées.
Adrian Newey avait d’ailleurs souligné les conséquences concrètes de ce problème dès les premières courses : « Ces vibrations, transmises du moteur au châssis, posent des problèmes de fiabilité. Les rétroviseurs se détachent de la voiture, tout comme les feux arrière. » Les dégâts ne se limitaient donc pas aux pilotes, mais affectaient l’intégrité mécanique de l’AMR26 dans son ensemble. La résolution de cette crise complexe exigeait une collaboration étroite entre les ingénieurs d’Aston Martin et ceux de Honda, basés à Sakura.






