Franco Colapinto a vécu un Grand Prix de Miami 2026 mémorable. En franchissant la ligne d’arrivée en septième position, ce dimanche sur le circuit du Hard Rock Stadium, l’Argentin, pilote d’Alpine, a inscrit le meilleur résultat de sa jeune carrière en Formule 1. Six points précieux sont venus récompenser cette performance, qu’il a lui-même qualifiée de « week-end le plus parfait » depuis ses débuts dans la discipline reine du sport automobile.
Un résultat historique pour l’Argentin
Avant Miami, le meilleur classement de Colapinto en F1 se résumait à une huitième place obtenue à Bakou en 2024, au volant d’une Williams. Cette fois, c’est avec Alpine qu’il a franchi un nouveau palier, profitant notamment d’une pénalité de vingt secondes infligée à Charles Leclerc après la course pour gagner une place supplémentaire au classement final. Au championnat, il occupe désormais la onzième place avec sept points, tandis qu’Alpine se hisse à la cinquième position chez les constructeurs, totalisant vingt-trois unités.
« J’en suis très satisfait, tout s’est extrêmement bien déroulé. Je pense que nous avons tiré le meilleur parti de chaque séance et que nous avons marqué de beaux points. C’est un week-end dont nous pouvons tous être très fiers. » — Franco Colapinto
Originaire de Pilar, en Argentine, le pilote a également terminé dixième lors de la course sprint du samedi, confirmant ainsi une régularité de haut niveau tout au long du week-end. Pour Alpine, voir ses deux monoplaces accéder à la Q3 — une première depuis le Grand Prix d’Espagne 2024 — constitue un signal fort quant à la progression de l’A526.
L’énergie de Buenos Aires comme carburant
La semaine précédant le Grand Prix de Miami avait été riche en émotions pour Colapinto. Il avait en effet participé à un roadshow exceptionnel à Buenos Aires, sous les yeux de près de 600 000 spectateurs. Au volant d’une Lotus E20 de 2012 aux couleurs d’Alpine, puis d’une réplique de la Mercedes W196 de Juan Manuel Fangio, il est entré dans l’histoire en devenant le premier pilote argentin à conduire une Formule 1 dans les rues de la capitale. Un moment chargé de symboles, d’autant que l’Argentine n’avait plus accueilli de Grand Prix depuis 1998.
« C’était l’un de mes rêves de piloter en Argentine, et ramener une Formule 1 dans mon pays était quelque chose que je souhaitais accomplir depuis toujours. » — Franco Colapinto
Loin de perturber sa préparation, cet événement semble au contraire avoir galvanisé le jeune pilote de vingt-deux ans. Il l’a d’ailleurs reconnu avec humour après la course :
« Nous aurons clairement besoin de quelques voyages supplémentaires en Argentine prochainement, ainsi que de quelques roadshows en plus, d’un peu plus de vin et d’asados. »
Cette connexion émotionnelle avec son pays natal lui a manifestement insufflé une énergie nouvelle. « Passer du temps avec eux et recevoir cette énergie des Argentins entre deux courses, c’est quelque chose à quoi je ne suis pas habitué, mais cela a définitivement rechargé mes batteries et m’a préparé pour Miami », a-t-il confié.
Le contact avec Hamilton au virage 11
La course aurait pu tourner court dès les premiers instants. Au premier tour, au virage 11, Colapinto et Lewis Hamilton se sont accrochés dans une lutte pour les positions. Hamilton, retardé par le tête-à-queue de Max Verstappen au virage 2, tentait de récupérer du terrain. L’accrochage fut inévitable, causant des dommages aux deux monoplaces.
Pour Hamilton, les conséquences furent lourdes : le fond plat de sa Ferrari fut endommagé, lui coûtant environ cinq dixièmes de seconde au tour. « J’ai vraiment été malchanceux d’être bloqué par le tête-à-queue de Max, puis les dégâts causés par Franco m’ont fait perdre énormément d’appui aérodynamique. Je me suis retrouvé dans une situation très délicate », a déploré le septuple champion du monde. Pour plus de détails sur cet incident, consultez notre article sur Hamilton et le doigt d’honneur adressé à Colapinto.
Du côté de Colapinto, les dommages à l’arrière droit ont affecté l’équilibre de sa monoplace, sans pour autant compromettre sa course :
« Lewis avait huit ou neuf secondes d’avance. Mais j’ai subi des dommages à l’arrière droit dès le départ avec lui, ce qui m’a sans doute un peu pénalisé. L’équilibre n’était pas idéal, mais il restait suffisant pour devancer les voitures du milieu de peloton. Nous avons montré que nous avions un excellent rythme. »
Une gestion de course exemplaire
Malgré ces aléas, Colapinto a fait preuve d’une maturité remarquable. Son coéquipier, Pierre Gasly, avait été contraint à l’abandon dès le sixième tour après un spectaculaire accident impliquant Liam Lawson, laissant Colapinto seul représentant d’Alpine en piste. Sans se laisser déstabiliser, il a géré sa course avec sang-froid, prolongeant son premier relais dans l’espoir d’une averse qui ne se matérialisera jamais. Il s’est ensuite solidement installé en huitième position avant de bénéficier de la pénalité de Leclerc pour grimper au septième rang.
Sa performance en course fut particulièrement solide dans les derniers tours, où Colapinto a affiché un rythme supérieur à celui d’Hamilton, pourtant au volant d’une Ferrari. Il a franchi la ligne d’arrivée avec plus de vingt secondes d’avance sur Carlos Sainz (Williams), neuvième. Pour une analyse complète des enseignements de cette course, retrouvez notre dossier sur les 10 enseignements du GP de Miami 2026.
Les nouvelles pièces Alpine, un tournant décisif
Derrière cette performance se cache un travail méticuleux accompli par les équipes techniques d’Alpine durant la pause du calendrier. La structure d’Enstone a profité de cette fenêtre pour introduire à Miami un package aérodynamique inédit, incluant un nouvel aileron arrière et un châssis spécialement conçu pour Colapinto. Ces pièces avaient été testées en conditions réelles lors d’une journée d’essais à Silverstone, après avoir validé des résultats « prometteurs » en soufflerie, en CFD et en simulateur.
« Je suis très satisfait des efforts fournis par toute l’équipe, notamment pour les nouvelles pièces, les améliorations, les nouveaux ailerons et le nouveau châssis. Tout cela m’a vraiment aidé à mieux trouver mes marques et à retrouver la performance qui me faisait défaut. Je suis donc très fier. » — Franco Colapinto
Ces améliorations ont permis à Colapinto de devancer son coéquipier Pierre Gasly en qualifications pour la première fois de la saison 2026, se qualifiant en huitième position contre la dixième pour le Français. Une hiérarchie inhabituelle qui témoigne de la confiance croissante du pilote argentin au sein du projet Alpine. Pour en savoir plus sur les développements techniques de l’ère 2026, consultez notre article sur l’Alpine A526 et ses ambitions.
Un jeune talent argentin qui confirme
Le parcours de Colapinto est atypique. Né le 27 mai 2003 à Pilar, en Argentine, il a fait ses débuts en F1 en 2024 avec Williams, devenant le premier pilote argentin en Formule 1 depuis Gastón Mazzacane en 2001. Sa huitième place à Bakou avait déjà marqué les esprits, faisant de lui le premier Argentin à inscrire des points en F1 depuis Carlos Reutemann en 1982.
Recruté par Alpine d’abord comme pilote de réserve en 2025, puis promu titulaire après le remplacement de Jack Doohan, il est désormais sous contrat jusqu’à la fin de la saison 2026. Avec sept points au championnat après quatre Grands Prix et une équipe Alpine affichant un réel potentiel en tant que cinquième force du plateau, les perspectives s’annoncent prometteuses pour la suite de la saison.
Le prochain rendez-vous aura lieu au Grand Prix du Canada, sur le circuit Gilles Villeneuve, un tracé qui pourrait convenir aux caractéristiques de l’Alpine A526, notamment grâce à ses longues lignes droites. De quoi nourrir les espoirs d’un Franco Colapinto qui semble avoir trouvé son rythme de croisière au plus haut niveau du sport automobile mondial.






