La Fédération Internationale de l'Automobile (FIA) a officialisé ce week-end, à l’occasion du Grand Prix du Japon 2026, une modification des paramètres de gestion énergétique applicables aux qualifications sur le circuit de Suzuka. Désormais, la limite maximale de recharge autorisée s’établit à 8,0 mégajoules (MJ), contre 9,0 MJ précédemment. Cette décision, adoptée à l’unanimité par l’ensemble des motoristes engagés dans le championnat — Mercedes, Ferrari, Red Bull Ford, Audi et Honda —, intervient dans le cadre du processus de validation des nouvelles réglementations techniques entrées en vigueur cette saison.
Cette mesure exceptionnelle s’applique dès ce troisième Grand Prix de l’année, qui se tiendra du 27 au 29 mars sur le tracé mythique de Suzuka.
Pourquoi une telle modification en urgence ?
Suzuka figure parmi les circuits que les ingénieurs qualifient de « gourmands en énergie ». À l’instar de Melbourne, où s’était déroulée la manche d’ouverture du championnat, le tracé japonais offre peu de zones de freinage intense propices à une recharge naturelle de la batterie. Les longues courbes rapides — telles que les célèbres Esses ou le redoutable 130R — imposent des conditions de récupération particulièrement contraignantes, où le moteur électrique peine à se régénérer sans altérer la performance pure.
C’est dans ce contexte que le phénomène du super clipping devient particulièrement problématique. Ce terme désigne une situation où, en pleine accélération, la monoplace bascule automatiquement en mode de récupération d’énergie, réduisant ainsi la puissance disponible. Les simulations réalisées par le département technique de la FIA à l’issue du Grand Prix de Chine ont révélé que Suzuka exposerait les voitures à un super clipping bien plus marqué que prévu, justifiant ainsi une intervention rapide.
Les qualifications, épicentre des critiques
Depuis le début de la saison 2026, les qualifications cristallisent l’essentiel des critiques émanant des pilotes et des écuries. À Melbourne comme à Shanghai, les pilotes ont dû adapter leur style de conduite, intégrant des techniques inédites telles que le lift-and-coast — consistant à lever le pied avant la fin des lignes droites pour permettre à la batterie de se recharger —, y compris lors de leurs tours lancés en qualifications.
Charles Leclerc avait exprimé son désarroi après le Grand Prix de Chine : « Auparavant, l’un de mes points forts résidait dans ma capacité à prendre des risques maximaux dès le Q3 pour grappiller du temps. Désormais, lorsque vous adoptez cette approche, vous perturbez le fonctionnement du groupe propulseur. »
Oliver Bearman avait, quant à lui, qualifié cette gestion énergétique de « monotone » et de « décevante », tandis qu’Esteban Ocon avait abordé la question avec pragmatisme : « En qualification, nous pratiquons le lift-and-coast. C’est une technique nouvelle. Pourtant, après une seule séance au simulateur, je m’y suis habitué en un seul tour. Aujourd’hui, il me semblerait étrange de ne pas l’appliquer. »






