Hadjar au Paul Ricard : « C’était mon Grand Prix à domicile »
Le 9 mai 2026, le circuit Paul Ricard a vécu une journée exceptionnelle. Dans le cadre du KENNOL Grand Prix de France Historique 2026, Isack Hadjar a revêtu la combinaison pour prendre place au volant d’une monoplace mythique : la Red Bull RB7, championne du monde en 2011 avec Sebastian Vettel, forte de douze victoires cette saison-là. Devant près de 25 000 spectateurs en liesse, le jeune pilote français a offert une prestation mémorable sur le tracé varois.
Pour Hadjar, il ne s’agissait pas d’une simple démonstration. Bien plus qu’un exercice de style, cette journée représentait l’opportunité unique de renouer avec un public français privé de Grand Prix de Formule 1 depuis plusieurs années. Une émotion qu’il a su exprimer avec justesse à l’issue de son passage.
Un message du cœur aux supporters français
« C’est un plaisir d’être ici, d’autant plus que nous n’avons plus de Grand Prix de France. Cet événement m’a permis de retrouver mes fans », a déclaré Isack Hadjar avec une sincérité touchante. Une phrase simple, mais qui résume toute la portée symbolique d’un pilote conscient de la chance qui lui était offerte de rouler devant son public, sur un circuit qu’il connaît intimement.
Le Paul Ricard évoque, en effet, de précieux souvenirs pour le Français : il y avait remporté une victoire en Formula Regional Europe en 2021, avant de gravir les échelons menant au sommet de la discipline. Piloter une Formule 1 sur cette piste revêtait, selon ses propres termes, « un caractère presque initiatique, un retour aux sources ».
« Être ici aujourd’hui était parfait. C’était mon Grand Prix à domicile en France, l’occasion de ressentir le soutien de tant de passionnés », a-t-il ajouté, visiblement ému par l’accueil chaleureux des spectateurs.
La RB7, une mécanique légendaire au rugissement inoubliable
Au-delà de l’émotion, Hadjar n’a pas dissimulé son enthousiasme de pilote. La Red Bull RB7, avec son V8 au grondement caractéristique, incarne une époque révolue, et le jeune pilote a savouré chaque instant aux commandes de cette machine.
« Je me suis beaucoup amusé, tant sur la piste qu’au sein du paddock. Le rugissement du V8 de la RB7 est inoubliable, et la voiture semblait d’une légèreté remarquable sur ce circuit. L’ambiance était électrique, et la proximité avec les fans a rendu ces moments encore plus spéciaux », a-t-il confié, radieux.
Une atmosphère qui a également marqué Laurent Mekies, directeur de l’équipe Oracle Red Bull Racing : « La popularité d’Isack ici a atteint des sommets ; on perçoit une passion extraordinaire de la part des supporters français pour leur sport automobile et pour lui. Il a passé un après-midi exceptionnel, s’illustrant face à des monoplaces issues de différentes époques de notre discipline. »
Partager la piste avec les géants du sport automobile
Ce Grand Prix de France Historique avait tout d’un rêve éveillé pour Hadjar. Sur la piste, le pilote Red Bull a côtoyé des figures emblématiques du sport automobile français : Alain Prost, René Arnoux, Jean Alesi, Olivier Panis et Philippe Alliot. Une assemblée de légendes qui a indéniablement nourri l’émotion de cette journée.
« Je rêvais de me trouver aux côtés d’Alain Prost, car pour moi, il incarne la plus grande légende de notre sport, sans conteste. Pouvoir partager la piste avec lui représente un honneur immense », a avoué Hadjar, dont l’admiration pour le quadruple champion du monde transparaissait sans fard.
Esteban Ocon, également présent lors de cette édition au volant d’une monoplace historique, a partagé cette émotion teintée de nostalgie : « Je suis ravi d’être ici avec tous les passionnés. Certes, nous n’avons plus notre Grand Prix de France, mais cet événement nous rappelle que la France reste une grande nation du sport automobile. »
Et pour cause : comme le souligne notre article dédié à cette démonstration, Hadjar a littéralement enflammé la foule lors de cet événement historique.
L’absence du Grand Prix de France : une plaie toujours ouverte
Derrière les sourires et les ovations, une réalité persiste : la France n’accueille plus de Grand Prix de Formule 1 dans le calendrier officiel. En 2026, la saison compte 22 Grands Prix après les annulations des épreuves de Bahreïn et d’Arabie saoudite en raison du contexte géopolitique au Moyen-Orient, mais la France en reste absente.
Le Grand Prix de France Historique est ainsi devenu, en quelques années, le seul rendez-vous français proposant de véritables courses de Formule 1 historiques. Cette édition 2026 a d’ailleurs rassemblé près de 225 voitures engagées, dont plus de 60 Formule 1, offrant un spectacle grandiose. Toutefois, cet événement ne saurait combler pleinement l’absence d’un Grand Prix moderne sur le sol français.
La question du retour d’une épreuve française au calendrier demeure donc entière. La ferveur du public – 25 000 spectateurs pour un événement historique – et l’engouement suscité par Isack Hadjar, désormais coéquipier de Max Verstappen chez Oracle Red Bull Racing, plaident en faveur d’une telle renaissance.
Hadjar, porte-étendard d’une renaissance du sport automobile français
En seulement deux saisons en Formule 1, Isack Hadjar s’est imposé comme le symbole d’un renouveau du sport automobile tricolore. En 2026, la France peut se targuer de compter trois représentants au championnat du monde : Esteban Ocon (Haas), Pierre Gasly (Alpine) et Hadjar lui-même chez Red Bull Racing. Une configuration inédite depuis de nombreuses années.
Rappelons qu’Hadjar avait décroché son premier podium en F1 au Grand Prix des Pays-Bas en 2025, devenant ainsi le plus jeune Français de l’histoire à monter sur un podium en Formule 1. Un palmarès en construction, une popularité grandissante et un lien indéfectible avec le public français, que cette journée au Paul Ricard a une nouvelle fois mis en lumière avec éclat.
Il appartient désormais aux instances dirigeantes du sport – FIA, organisateurs français et Liberty Media – de transformer cet élan en réalité concrète. Les ingrédients sont réunis : un pilote français bankable au plus haut niveau, une passion populaire indéniable et un circuit Paul Ricard qui a démontré, en ce mois de mai 2026, sa capacité à faire vibrer les foules.
La balle est désormais dans leur camp.






