Leclerc ne se berce d’aucune illusion quant à l’écart avec Mercedes
À l’aube du Grand Prix du Japon, sur le circuit de Suzuka, Charles Leclerc a tenu à rétablir certaines vérités lors de la conférence de presse du jeudi. Malgré deux podiums consécutifs pour Ferrari et des duels acharnés face aux Mercedes, le pilote monégasque refuse de céder à un optimisme démesuré.
« Je ne crois pas que nous soyons aussi proches que certains pourraient le penser », a-t-il déclaré sans détour. Derrière les apparences d’une lutte serrée se cache une réalité bien plus contrastée : un fossé tangible sépare les deux écuries.
Quatre à cinq dixièmes : le chiffre qui révèle l’ampleur du retard
Leclerc a été d’une franchise rare en évoquant les performances comparées des deux monoplaces. « Dès que notre voiture n’est pas optimale, nous perdons un temps considérable au tour. Notre seule opportunité de rivaliser avec eux réside dans la capacité à les gêner lors des premiers tours. Mais une fois qu’ils bénéficient d’un air dégagé, leur véritable rythme se révèle. Et je persiste à penser que ces quatre à cinq dixièmes, observés lors des deux premières courses, constituent encore un avantage significatif. »
Ce constat corrobore les analyses techniques circulant dans le paddock. En Australie, lors des qualifications, George Russell avait décroché la pole position avec plus de sept dixièmes d’avance sur le premier non-Mercedes. Les données de course confirment cette tendance : à Shanghai, Andrea Kimi Antonelli a franchi la ligne d’arrivée avec vingt-cinq secondes d’avance sur la première Ferrari.
Au classement général, Mercedes (98 points chez les constructeurs) devance largement Ferrari (67 points), tandis que Russell mène le championnat des pilotes devant Antonelli et Leclerc.
Pourquoi Mercedes domine : bien plus qu’une question de moteur
L’avantage des Flèches d’Argent ne se limite pas à la puissance brute de leur groupe propulseur. La W17 bénéficie d’une approche globale supérieure, notamment dans la gestion de l’énergie hybride, désormais portée à 350 kW sous le nouveau règlement 2026.
George Russell lui-même a souligné ce point : « Nous disposons d’un moteur performant, mais notre voiture est également exceptionnelle, un aspect peut-être sous-estimé ces dernières semaines. » La W17 se distingue par son utilisation du super clipping, une technique permettant d’ouvrir l’aileron arrière pour aborder plus rapidement les zones de freinage, domaine où Mercedes excelle historiquement.
S’y ajoute une corrélation quasi parfaite entre les simulations et les performances en piste, une première pour l’écurie de Brackley depuis plusieurs saisons, dont l’impact sur le développement continu est considérable. .






