L’aileron avant de la W17 dans le collimateur de Ferrari
Quelques heures à peine après l’arrivée du Grand Prix de Chine, Maranello n’a pas tardé à réagir. Dès le dimanche soir suivant l’épreuve shanghaïenne, Ferrari a transmis une demande officielle de clarification à la FIA ainsi qu’au bureau technique dirigé par Nikolas Tombazis. L’objet de cette requête ? L’aileron avant de la Mercedes W17 et son comportement lors de la phase de fermeture.
Les images diffusées dans les jours ayant suivi le week-end chinois ont suscité une vive polémique. On y distinguait un mouvement pour le moins atypique du volet de l’aileron avant de la monoplace allemande, laissant planer un doute quant à la conformité de sa synchronisation avec les exigences réglementaires en vigueur.
La règle des 400 millisecondes au cœur de la controverse
Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations techniques en 2026, les voitures de Formule 1 sont dotées d’un système d’aérodynamique active. Les volets des ailerons avant et arrière peuvent ajuster leur angle en fonction des circonstances : en position fermée (Z-mode) pour optimiser l’appui en virage, ou en position ouverte (X-mode) afin de réduire la traînée en ligne droite. Le règlement impose un délai de fermeture d’environ 400 millisecondes pour tout mouvement de ces éléments mobiles.
C’est précisément sur l’interprétation de ce délai que Ferrari a choisi de concentrer ses efforts. Le nœud du litige repose sur une question en apparence simple, mais aux implications majeures : à quel moment précis peut-on considérer que l’aileron est effectivement fermé ? S’agit-il de l’achèvement d’un premier mouvement rapide, suffisant pour satisfaire les capteurs, ou bien du moment où le volet atteint sa position mécanique définitive ?
Un mécanisme à double régime susceptible de tromper les capteurs ?
Selon les informations recueillies par le journaliste d’Auto Racer, voici le scénario que redoute Ferrari : la W17 exécuterait une première phase de fermeture extrêmement rapide, assez pour répondre aux exigences des capteurs dans le délai réglementaire de 400 millisecondes. Puis, une fois ce mouvement enregistré comme conforme, une seconde phase, plus lente et progressive, parachèverait la fermeture complète de l’aileron.
En pratique, cela signifierait que l’aileron ne serait pas totalement refermé au moment où les capteurs l’enregistrent comme tel. Certaines mesures évoquent un temps de fermeture réel pouvant atteindre 800 millisecondes dans certains virages, soit le double de la limite autorisée. Un tel comportement, s’il était avéré, constituerait une infraction manifeste au règlement.
Ce type de fermeture progressive aurait notamment été observé dans le virage 14 du circuit de Shanghai, où un temps de fermeture plus lent permettrait d’atténuer le choc d’une fermeture brutale et de préserver l’équilibre aérodynamique en phase de freinage, avant de transférer progressivement la charge vers l’essieu avant.






