Isack Hadjar impressionne dès ses débuts chez Red Bull Racing en 2026. Laurent Mekies évoque un engagement total, des performances remarquables et un potentiel prometteur.
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Le pari Red Bull est-il en passe de se concrétiser ?
Promu au sein de Red Bull Racing pour la saison 2026 après une seule année complète en Formule 1, Isack Hadjar avait tout à démontrer. À seulement 21 ans, le Parisien d’origine algérienne intégrait l’une des écuries les plus exigeantes du paddock, aux côtés d’un certain Max Verstappen. Quelques semaines après les premiers tours de roue officiels, le bilan de cette première impression s’avère sans équivoque : le jeune Français a conquis son auditoire.
Des essais hivernaux de Barcelone aux premiers Grands Prix de la saison, Hadjar s’est montré à la hauteur des espérances. Manifestement, l’équipe technique de Red Bull n’est pas restée insensible à ce qu’elle a observé.
Barcelone : une première journée qui fixe le ton
107 tours et le meilleur temps
Dès le premier jour des essais hivernaux sur le circuit de Catalunya, Isack Hadjar a frappé un grand coup. Aux commandes de la RB22, il a signé le meilleur temps de la journée tout en accomplissant un total impressionnant de 107 tours. Un résultat d’autant plus significatif qu’il marquait le tout premier roulage d’envergure avec le nouveau moteur Red Bull Ford Powertrains DM-01, développé en interne en seulement trois ans et demi.
« De manière surprenante, nous avons réussi à effectuer bien plus de tours que prévu. Tout s’est déroulé plutôt bien, et nous n’avons rencontré que quelques problèmes mineurs. C’est assez impressionnant, surtout pour notre première journée avec notre propre moteur », a déclaré Hadjar à l’issue de cette session encourageante.
L’accident, preuve de maturité
La deuxième journée, en revanche, a été marquée par une sortie de piste. Lors d’une transition entre pneus pluie et intermédiaires dans le dernier virage, Hadjar a perdu le contrôle de la RB22. Un incident coûteux pour l’écurie, mais la manière dont le Français l’a géré en dit long sur sa personnalité. « Malheureusement, mardi, juste après être passé des pneus pluie aux intermédiaires, j’ai perdu le contrôle de la voiture dans le dernier virage, et je sais que les conséquences n’étaient pas idéales pour l’équipe », a-t-il reconnu avec une franchise désarmante.
Ce type de réaction, empreinte de maturité face à l’erreur, est précisément ce que les ingénieurs de Red Bull souhaitaient observer. Comprendre ses limites, les assumer et progresser : c’est exactement ce qu’a fait Hadjar.
Bahreïn : « mieux que nous ne l’espérions »
Lors du deuxième test de pré-saison disputé à Bahreïn, Hadjar a poursuivi sur sa lancée. Grâce à de nouveaux ailerons latéraux réduisant considérablement la traînée de la RB22, le Français a pu affiner sa compréhension de la monoplace et livrer ses premières impressions sur le groupe motopropulseur. Son verdict fut enthousiaste : les progrès réalisés par Red Bull dépassaient « toutes les attentes », et l’unité de puissance lui est apparue à la fois « fiable » et « performante ».
« C’est déjà un bon début, et c’est une excellente manière d’aborder un défi aussi immense », a-t-il résumé avec le calme de celui qui sait exactement ce qu’il fait.
Ces essais ont permis à Hadjar d’accumuler un bagage technique précieux, bien que le programme ait été perturbé par quelques imprévus. « Sur six séances, nous en avons manqué deux, ce qui n’est pas négligeable, mais nous avons toujours veillé à condenser et à tirer le meilleur parti du temps de piste dont nous disposions. Je me sens aussi prêt que possible pour Melbourne, et l’équipe a été vraiment exceptionnelle dans l’optimisation des essais », a-t-il confié.
L’engagement total : ce qui a véritablement impressionné Red Bull
« Il ne laisse rien au hasard »
Si les performances en piste se sont révélées convaincantes, c’est avant tout l’état d’esprit d’Hadjar qui a séduit Laurent Mekies, le directeur de Red Bull Racing. Ce dernier n’a pas caché son admiration pour l’investissement sans faille du jeune pilote, bien au-delà des simples séances de roulage.
« Jusqu’à présent, il a tout fait correctement, en adoptant la bonne approche tant sur le plan de l’engagement que de la personnalité. Il a immédiatement emménagé en Angleterre, il est présent au siège de Milton Keynes tous les deux jours, et il vit en étroite collaboration avec l’équipe. Entre les deux tests de Sakhir, il est retourné au simulateur ; il ne laisse rien au hasard », a détaillé Mekies.
Une implication qui rappelle celle des grands talents du programme Red Bull, ceux qui ont compris que la performance en course n’est que la partie émergée d’un iceberg de travail invisible. La hiérarchie au sein d’une écurie comme Red Bull se construit aussi dans les couloirs de l’usine.
Une réinitialisation réglementaire comme opportunité
Mekies a également souligné un point intéressant : le changement réglementaire majeur de 2026 constitue, paradoxalement, un atout pour Hadjar. « En un sens, le fait que tout ait changé en 2026 lui a offert une remise à zéro dans la manière d’exploiter au maximum la voiture. Il l’a abordé dès le premier jour avec une intensité maximale. Il garde les pieds sur terre. C’est un garçon très humble, et nous allons le soutenir à 360 degrés pour qu’il puisse exprimer son talent dans cette voiture », a expliqué le patron de Red Bull.
Ce contexte de reset réglementaire est effectivement une donnée clé. Les nouvelles règles de la F1 2026 placent tout le monde sur un pied d’égalité, ingénieurs compris, ce qui réduit mécaniquement la pression individuelle sur un rookie en début de saison.
Melbourne : « Il a tout dominé »
Un départ en course prometteur
Le Grand Prix d’Australie a confirmé ce que les essais laissaient présager. Hadjar a décroché la troisième place sur la grille de départ, un résultat exceptionnel pour un pilote disputant seulement son deuxième Grand Prix avec une nouvelle écurie. En course, il a démontré un rythme solide, se maintenant en cinquième position avant qu’une casse moteur ne le prive d’un résultat à la hauteur de ses efforts.
Sur les ondes radio, à l’issue des qualifications, Laurent Mekies n’avait pas caché son enthousiasme : « C’est une première dont tu te souviendras. Tu as été formidable. »
Les éloges de Mekies
Après le week-end australien, le patron de Red Bull Racing a multiplié les superlatifs pour évoquer les débuts de son pilote. « Il a réalisé un week-end fantastique. Arrivé ici avec un kilométrage limité lors des tests, et malgré quelques aléas, il est monté en piste dès le premier tour en EL1 vendredi au bon rythme… Il a absolument tout dominé », a déclaré Mekies.
La casse moteur a certes privé Hadjar d’un résultat mérité, mais elle n’a en rien entamé l’enthousiasme de l’équipe. « C’est dommage d’avoir perdu le moteur. Isack a fait un super week-end, il avait un bon rythme de course et a réussi à survivre lors des premiers tours », a ajouté Mekies.
« Le Petit Prost » dans les pas des légendes
Helmut Marko, l’architecte du programme junior Red Bull, n’a pas hésité à comparer Hadjar aux plus grands, lui attribuant ce fameux déclic des champions : cette capacité à être immédiatement dans le rythme, même dans un environnement entièrement nouveau. Un compliment rare, de la part d’un homme qui a côtoyé Vettel, Ricciardo, Verstappen et tant d’autres.
Le surnom de « Petit Prost », dont les médias français l’ont affublé, prend ici tout son sens. Isack Hadjar, né le 28 septembre 2004 à Paris dans une famille de scientifiques — son père Yassine est chercheur en mécanique quantique —, semble allier intelligence de course et vitesse pure avec une aisance naturelle.
Sa saison 2025 avec Racing Bulls avait déjà posé les bases de cette réputation : 51 points au championnat, un podium au Grand Prix des Pays-Bas, et surtout 21 qualifications remportées face à son coéquipier sur 27. Des chiffres qui avaient convaincu Red Bull de franchir le pas et de l’associer à Verstappen.
La suite : des attentes claires, un chemin tracé
Mekies a été explicite quant aux attentes de Red Bull envers son nouveau pilote. « Lors de sa première saison en F1, il a fait preuve d’une grande maturité et a prouvé qu’il apprenait vite. Plus important encore, il a démontré la vitesse brute, qualité première requise dans ce sport. Nous pensons qu’Isack peut s’épanouir aux côtés de Max et accomplir des merveilles sur la piste ! », a déclaré le patron de l’équipe.
Le Français lui-même n’a pas caché ses ambitions. Interrogé sur ses objectifs pour 2026, Hadjar a répondu avec un sourire : « Une première victoire serait une bonne chose… au moins ! »
Depuis le Grand Prix de Chine, où il a inscrit ses premiers points avec Red Bull en terminant huitième, la dynamique entre Hadjar et Antonelli s’est déjà imposée comme l’une des rivalités à suivre de cette saison 2026. Deux rookies talentueux, deux programmes ambitieux, et une génération entière qui s’annonce passionnante.
Chez Red Bull, la première impression laissée par Isack Hadjar est indéniablement positive. La suite se jouera sur la piste.