Melbourne, le circuit maudit d'Isack Hadjar
Il y a des circuits qui vous sourient, et d'autres qui semblent vous en vouloir. Pour Isack Hadjar, Albert Park appartient résolument à la seconde catégorie. Deux participations au Grand Prix d'Australie, deux abandons — et deux histoires de malchance qui n'ont rien à envier à un roman noir.
En 2025, sa toute première course en Formule 1 s'arrêtait avant même d'avoir commencé. Un tête-à-queue sur le tour de formation, les barrières, et un jeune pilote au bord des larmes au bord de la piste. Une image douloureuse, diffusée en mondovision, que même Anthony Hamilton — père de son idole Lewis — avait tenté d'adoucir d'un mot réconfortant. Helmut Marko, lui, avait parlé d'un "show de larmes" qualifiant la scène d'"embarrassant".
En 2026, le scénario semblait enfin différent. Hadjar débarquait chez Red Bull Racing, l'équipe fanion, avec un statut nouveau, une ambition décuplée. La qualification allait confirmer ses espoirs.
Une qualification d'anthologie, une course brisée
Vendredi, samedi — Isack Hadjar a impressionné tout le paddock. Lors des EL3 du GP d'Australie, le Franco-Algérien avait déjà devancé Verstappen. En qualifications, il a confirmé en décrochant la troisième place sur la grille avec un chrono de 1:19.303, à seulement 0,785 seconde de la pole de George Russell.
Ce résultat est historique : il s'agit du meilleur résultat en qualifications pour un pilote Red Bull non nommé Max Verstappen depuis le GP de Belgique 2024. Mieux encore, Hadjar est devenu le premier pilote à devancer Verstappen en qualifications depuis Daniel Ricciardo début 2017. Via la radio, Laurent Mekies ne cachait pas sa joie : "C'est une première dont tu te souviendras. Tu as été énorme."
Pourtant, comme lors des qualifications, la course allait raconter une toute autre histoire.
Un moteur qui agonise dès le virage 1
Au départ, un premier signe inquiétant : . La faute à une gestion d'énergie défaillante sur le tour de formation, dans des conditions que Red Bull n'avait pas su anticiper. "Terrible, je n'avais pas de batterie", confirmait Verstappen. "D'une manière ou d'une autre, pendant le tour de formation, toute la batterie s'est vidée."






