Trois courses, deux victoires pour Antonelli, une pour Russell. Pourtant, c'est bien le Britannique qui semblait destiné à dominer la saison 2026. Le Grand Prix du Japon a tout bouleversé. Avec une quatrième place frustrante à Suzuka et un Kimi Antonelli désormais en tête du championnat, comptant neuf points d'avance (72 contre 63), George Russell aborde Miami dans une position qu'il n'avait sans doute pas envisagée : celle de chasseur au sein de sa propre écurie.
Martin Brundle, voix emblématique de Sky Sports F1, n'a pas hésité à formuler un diagnostic sans concession sur ce qu'il a observé au Japon.
"Il a perdu son sang-froid" : Brundle tire la sonnette d'alarme
Le verdict du légendaire commentateur britannique est sans appel. Lors du redémarrage derrière la voiture de sécurité à Suzuka, Russell a atteint ce que les ingénieurs appellent une "limite de récupération d'énergie", l'empêchant de recharger sa batterie au moment le plus critique de la course. Résultat : Hamilton, puis Leclerc, l'ont dépassé comme s'il était à l'arrêt.
"George maîtrisait la course et aurait probablement pu dépasser Piastri par la suite", a estimé Brundle. "Mais il s'est laissé gagner par la frustration et a perdu son sang-froid."
Il ne s'agit pas là d'une simple critique technique. C'est un avertissement psychologique adressé à un pilote qui, pour la première fois de sa carrière chez Mercedes, se retrouve sous la pression exercée par son propre coéquipier.
Un bug logiciel à l'origine du basculement
La réalité technique, cependant, se révèle plus nuancée. Toto Wolff a reconnu après la course qu'un bug logiciel sur la W17 de Russell avait aggravé la situation : "Il s'agissait d'un problème au niveau du système électrique, plus précisément dans le logiciel. Nous pensions que cela lui donnerait un avantage en déployant de l'énergie, mais cela a en réalité provoqué un phénomène de super clipping, qui a ralenti la voiture. C'est la raison pour laquelle il a perdu sa position face à Leclerc de manière inattendue."
Russell a tenté de relativiser l'incident : "Lors du redémarrage derrière la voiture de sécurité, j'ai atteint une limite de récupération, ce qui m'a empêché de recharger ma batterie. Je pense que plusieurs équipes ont rencontré ce problème. Un tour de décalage dans le timing de la voiture de sécurité, et nous aurions pu remporter la course."
Au-delà des explications techniques, c'est la réaction émotionnelle du pilote, perceptible à la radio, qui a retenu l'attention. Une frustration manifeste, inhabituelle chez un Russell d'ordinaire si maître de lui-même.
"Traite-le comme Lewis Hamilton à son apogée"
Brundle est allé encore plus loin dans son analyse, établissant une comparaison aussi audacieuse qu'éclairante : "George traverse une période difficile et doit considérer Kimi Antonelli comme il l'aurait fait avec Lewis Hamilton à son apogée, c'est-à-dire comme une véritable menace pour le championnat."






