Red Bull mise sur la transparence dans la bataille des moteurs 2026
Alors que la saison 2026 de Formule 1 entre dans une phase décisive, la hiérarchie des motoristes se précise progressivement – et Red Bull Powertrains y occupe une position bien plus favorable que prévu. Laurent Mekies, directeur de l'écurie, a accepté de livrer une évaluation sans détour de la compétitivité de son groupe propulseur face à la concurrence. Une franchise qui contraste avec les habituelles stratégies de dissimulation du paddock.
Lors d'une visite approfondie des installations de Red Bull Powertrains, Mekies a déclaré sans ambages : « Trois dixièmes, c'est l'écart que nous estimons en interne. » Un écart imputable principalement au moteur à combustion interne (ICE), la partie électrique étant plafonnée par la réglementation.
Une hiérarchie qui se dessine peu à peu
D'après les estimations circulant dans le milieu, Mercedes développerait environ 576 chevaux, établissant ainsi la référence. Red Bull Powertrains en revendiquerait quelque 565, talonné par Ferrari (547 ch) et Audi (545 ch). Honda, en revanche, semble en difficulté avec environ 519 chevaux.
Mekies confirme cette analyse : « Ce que nous observons, c'est clairement Mercedes, très loin devant la plupart d'entre nous. Et oui, un constructeur [Honda] est particulièrement en retrait. Les autres sont probablement assez proches de nous, Ferrari et Audi – tandis que Honda semble rencontrer davantage de difficultés. »
Cette franchise surprend dans un environnement où la discrétion est souvent érigée en stratégie. Et pour cause : les enjeux réglementaires sont considérables.
L'ADUO, ce mécanisme de rattrapage qui cristallise les tensions
Le système ADUO (Accelerated Development Unlocking Opportunity) est au cœur des débats. Conçu pour éviter qu'un constructeur ne domine durablement – comme Mercedes l'avait fait dès 2014 –, il permet aux motoristes en retard de bénéficier d'opportunités de développement supplémentaires. Les constructeurs affichant un déficit compris entre 2 et 4 % par rapport au moteur de référence obtiennent une modification immédiate ; ceux dépassant les 4 % bénéficient de concessions encore plus importantes.
Le problème pour Red Bull ? Avec un écart d'environ 1,9 %, l'écurie se situe potentiellement juste en deçà du seuil requis pour accéder à ces précieux droits de développement. La marge est infime, et Mekies lui-même avait envisagé de figurer dans le groupe ADUO. Le paradoxe est cruel : un moteur trop performant pour être aidé, au sein d'une équipe qui en aurait pourtant besoin.
Pour comprendre les enjeux de ce système, notre article ADUO : Toto Wolff tire la sonnette d'alarme sur l'intégrité sportive en 2026 détaille les tensions politiques qui l'entourent.






