Tsunoda et Red Bull à Istanbul : bien plus qu’une simple démonstration
Le 24 avril 2026, alors que la Formule 1 officialisait le retour du Grand Prix de Turquie au calendrier à compter de 2027, un visage familier se trouvait aux commandes d’une Red Bull dans les rues d’Istanbul. Yuki Tsunoda, pilote de réserve de l’écurie autrichienne pour la saison en cours, effectuait une démonstration spectaculaire au volant de la légendaire RB8 de Sebastian Vettel, celle-là même qui avait permis à l’Allemand de décrocher le titre mondial en 2012. Une image forte, chargée de symboles.
Le circuit d’Istanbul Park et ses artères urbaines ont ainsi servi de cadre à ce moment de communication soigneusement orchestré. Car si, officiellement, il s’agissait de célébrer le retour du Grand Prix de Turquie au calendrier de la F1 de 2027 à 2031, l’enjeu sous-jacent concerne davantage le repositionnement stratégique d’un pilote en quête d’un nouveau souffle après une année difficile.
Du cockpit de Red Bull au rôle de réserve : le parcours tumultueux de Tsunoda
Pour saisir toute la portée de cette démonstration, il convient de rappeler le contexte. Âgé de 25 ans, Yuki Tsunoda avait intégré Red Bull Racing en 2025, remplaçant Liam Lawson à partir du Grand Prix du Japon. Une promotion très attendue, notamment par Honda, qui, selon les informations disponibles, aurait contribué financièrement à sa présence à Suzuka pour son Grand Prix national.
Cependant, la saison 2025 s’est révélée ardue. Tsunoda n’a inscrit des points que lors de sept des vingt-deux courses disputées aux côtés de Max Verstappen, terminant à la douzième place du championnat avec trente unités – son meilleur classement en carrière, mais bien loin des 385 points de son coéquipier sur le même nombre de courses. Le chiffre le plus éloquent reste sans doute celui-ci : sur les 1 386 tours parcourus en 2025, Tsunoda n’en a passé que 230 dans le top 8. Par ailleurs, Verstappen l’a devancé en qualification lors des vingt-deux séances.
Une rétrogradation en dépit de circonstances atténuantes
La décision de Red Bull de lui préférer Isack Hadjar pour 2026 n’a guère surpris les observateurs du paddock. Le jeune Français, révélation de sa saison de rookie chez Racing Bulls, avait signé son premier podium au Grand Prix des Pays-Bas et marqué des points à dix reprises. Hadjar avait d’ailleurs clairement affiché ses ambitions : « Je voulais réaliser une grande saison en tant que rookie, rejoindre Red Bull, et c’était tout. »
Pourtant, plusieurs analystes ont souligné que Tsunoda avait évolué dans des conditions défavorables. L’équipe technique était structurellement organisée pour privilégier la monoplace de Verstappen, et Red Bull reconnaît désormais que les difficultés rencontrées par la voiture étaient en partie imputables à la machine elle-même, et non uniquement au pilote.






