George Russell décroche la pole position du Grand Prix du Canada 2026 grâce à un dernier tour d’anthologie, devançant Kimi Antonelli de seulement 68 millièmes. Découvrez les résultats complets et notre analyse détaillée.
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Russell s’offre la pole dans un ultime sursaut
George Russell a réalisé l’une des qualifications les plus palpitantes de la saison en s’adjugeant la pole position du Grand Prix du Canada 2026 dans les ultimes instants de la séance. Avec un chronomètre arrêté à 1 min 12 s 578 sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal, le pilote Mercedes a coiffé son coéquipier Kimi Antonelli sur le fil, ne le devançant que de 68 millièmes de seconde. Ce duel fratricide au sein de l’écurie allemande a tenu en haleine l’ensemble du paddock.
Ce résultat prend une dimension d’autant plus remarquable que Russell avait heurté le mur au virage 4 lors de son premier tour lancé en Q3, avant de manquer son passage au virage 6. Contraint de regagner les stands pour changer de pneumatiques, il s’est retrouvé hors séquence par rapport au reste du peloton, ne disposant que d’une seule tentative pour inverser la tendance.
Ses propos à l’issue de la séance résumaient parfaitement l’intensité du moment : « Revenir d’une course sprint est toujours délicat – la voiture se comporte différemment. Nous avons opéré des ajustements en équipe. Puis ce dernier tour est arrivé comme par magie, et la sensation était incroyable. Parvenir à tout assembler sur ce dernier tour, à se hisser en tête du classement, c’était épique. »
Grille de départ complète du Grand Prix du Canada 2026
Voici l’intégralité de la grille de départ établie à l’issue des qualifications du samedi soir :
P1 – George Russell (Mercedes) – 1 min 12 s 578
P2 – Kimi Antonelli (Mercedes) – + 0 s 068
P3 – Lando Norris (McLaren) – + 0 s 151
P4 – Oscar Piastri (McLaren) – + 0 s 203
P5 – Lewis Hamilton (Ferrari) – + 0 s 290
P6 – Max Verstappen (Red Bull) – + 0 s 329
P7 – Isack Hadjar (Racing Bulls) – + 0 s 357
P8 – Charles Leclerc (Ferrari) – + 0 s 398
P9 – Arvid Lindblad – + 0 s 702
P10 – Franco Colapinto (Alpine) – + 1 s 110
Éliminés en Q2 : Nico Hülkenberg (11ᵉ), Liam Lawson (12ᵉ), Gabriel Bortoleto (13ᵉ), Pierre Gasly (14ᵉ), Carlos Sainz (15ᵉ), Ollie Bearman (16ᵉ).
Éliminés en Q1 : Esteban Ocon (17ᵉ), Alex Albon (18ᵉ), Fernando Alonso (19ᵉ), Sergio Pérez (20ᵉ), Lance Stroll (21ᵉ), Valtteri Bottas (22ᵉ).
Mercedes en état de grâce, McLaren en embuscade
Mercedes semble avoir pris une avance significative sur ses concurrents ce week-end à Montréal. Après avoir déployé son plus ambitieux package d’évolutions sur la W17, l’écurie allemande a verrouillé la première ligne pour la deuxième fois consécutive ce samedi – Russell ayant également signé la pole position lors de la course sprint quelques heures plus tôt.
McLaren occupe la deuxième ligne avec Lando Norris en troisième position et Oscar Piastri en quatrième, séparés par seulement un dixième de seconde. Norris s’est montré à l’aise tout au long de la séance, déclarant : « C’est un circuit exigeant où tout doit être parfait, mais je pense que nous avons encore une fois bien travaillé. » La gestion des pneus avant a constitué un point fort pour le Britannique, contrairement à Mercedes, qui a peiné à les monter en température sur une piste dont la surface dépassait à peine les 30 °C.
Antonelli, quant à lui, avait pourtant réalisé des secteurs violets dans les première et troisième parties de son meilleur tour. Le jeune Italien, en quête d’un quatrième départ en tête consécutif en Grand Prix, a reconnu que son coéquipier avait réalisé un tour exceptionnel : « Bien sûr, il restait encore une marge de progression, mais George a accompli un tour fantastique. Maintenant, nos regards se tournent vers demain. »
Hadjar surprend, Leclerc résigné, Hamilton sous le feu des projecteurs
L’une des belles surprises de ces qualifications est venue d’Isack Hadjar. Le pilote de Racing Bulls s’est hissé jusqu’en septième position, dominant même la session Q2. Il s’est toutefois reproché d’avoir compliqué sa tâche en Q3 : « Je me suis rendu la vie difficile avec mes erreurs, mais la voiture était vraiment performante. »
Charles Leclerc, lui, avait prévenu avant la Q3 : « Ce sera tout ou rien : soit un crash, soit la huitième place. » Il a tenu parole, évitant l’accident et s’adjugeant la huitième position. Le Monégasque s’était décrit « comme sur du verglas » lors des deux premiers segments, expliquant avoir « énormément lutté » pour faire monter ses pneus en température. Il a jugé son tour en Q3 « acceptable », mais sa position sur la grille « loin d’être satisfaisante ». Pour Ferrari, le circuit Gilles-Villeneuve reste un révélateur impitoyable.
Lewis Hamilton, cinquième sur la grille, a dû souffler un grand coup après avoir été placé sous enquête par la FIA pour avoir potentiellement quitté la piste et tiré un avantage dans un duel serré avec Oscar Piastri et Charles Leclerc. Les commissaires ont finalement décidé de ne prendre aucune sanction, permettant à l’Anglais de conserver sa cinquième place.
Verstappen noyé dans le chaos, Alonso et Stroll relégués
Du côté d’Aston Martin, la séance a viré au cauchemar. Fernando Alonso a été éliminé dès la Q1 en dix-neuvième position – conséquence partielle d’un accident subi lors des qualifications sprint, qui avait endommagé sa monoplace. Son coéquipier Lance Stroll a terminé vingt-et-unième, largement distancé par l’Espagnol, comme cela devient une habitude cette saison. L’écart entre les deux pilotes Aston Martin a pris des proportions alarmantes, Alonso devançant parfois Stroll de près d’une seconde. Les tensions internes ne se limitent pas à Mercedes ce week-end.
La rivalité interne chez Mercedes s’intensifie
Derrière les apparences policées de la conférence de presse, la rivalité entre Russell et Antonelli couve avec une intensité croissante. Elle avait déjà éclaté lors de la course sprint plus tôt dans la journée, lorsque Antonelli avait tenté un dépassement audacieux par l’extérieur au virage 1, les deux pilotes se frôlant avant qu’Antonelli ne soit contraint de sortir de la piste. Toto Wolff était intervenu en direct à la radio d’équipe pour apaiser les esprits.
Après un entretien avec Russell et Wolff, Antonelli a clarifié la situation : « Nous avons discuté avec George et Toto, tout est clair désormais. Nous avons reconnu nos erreurs respectives, donc nous pouvons bien sûr nous battre librement, mais avec respect. » Russell, de son côté, n’a pas manqué d’humour : « Chapeau à Kimi pour avoir tenté ce dépassement. Je respecte cela, et heureusement, nous sommes tous les deux là pour en parler. »
Kimi Antonelli conserve la tête du championnat avec 18 points d’avance sur son coéquipier après la victoire de Russell lors du sprint. Selon Toto Wolff lui-même, cette rivalité était inévitable, et la question est désormais de savoir comment Mercedes la gérera sur la durée.
La pluie, joker décisif pour la course de dimanche
Si la grille de départ semble favorable à Mercedes, la météo pourrait rebattre les cartes dimanche. La pluie est annoncée pour le Grand Prix, et le circuit Gilles-Villeneuve affiche historiquement un taux d’interruption par voiture de sécurité estimé à 83 %.
Max Verstappen figure parmi les pilotes les mieux armés pour tirer profit des conditions humides. Sa maîtrise légendaire en conditions dégradées pourrait lui permettre de remonter depuis la sixième position et d’inquiéter Mercedes. Hamilton, quant à lui, connaît parfaitement ce circuit, où il détient le record de sept victoires, et son expérience pourrait faire la différence sur une piste glissante. L’Anglais a toutefois exprimé ses frustrations concernant les pneus pluie, jugeant les progrès de Pirelli insuffisants malgré les récentes modifications.