Pierre Gasly a officiellement récupéré sa troisième place au Grand Prix de Monaco 2026. Une semaine après avoir été privé de son podium en raison de deux pénalités pour excès de vitesse dans la voie des stands, le pilote Alpine a été réintégré à la troisième place grâce à une décision sans précédent de la FIA. La cause ? Une erreur de mesure reconnue par Formula One Management elle-même.
Une erreur technique à l'origine du scandale
Tout commence dans la voie des stands de Monaco, où la limite de vitesse est fixée à 60 km/h — une restriction plus stricte qu’ailleurs en raison de l’étroitesse légendaire du pit lane monégasque, encore accentuée en 2026 par l’arrivée de la nouvelle écurie Cadillac. Après la course, Gasly s’est vu infliger deux pénalités de cinq secondes : l’une pour avoir dépassé la limite de 0,1 km/h, l’autre pour un écart de 0,4 km/h.
Ces infractions ont été calculées à l’aide des boucles de chronométrage électroniques installées dans le pit lane — un système mesurant le temps mis par une voiture pour parcourir une distance déterminée, puis en déduisant la vitesse moyenne. Et c’est précisément là que réside le problème.
Formula One Management, fournisseur officiel du chronométrage, a reconnu avoir utilisé une distance incorrecte pour ses calculs. La première boucle de la zone de chronométrage avait été mesurée à 2 692 cm, mais une analyse LIDAR (Light Detection and Ranging) réalisée après la course a révélé que la distance réelle entre les deux boucles n’était que de 2 615 cm — soit 77 cm de moins. Cette surestimation de la distance entraînait mécaniquement une surévaluation de la vitesse des monoplaces.
Le pit lane de Monaco, un circuit dans le circuit
La configuration particulière du pit lane monégasque joue un rôle central dans cette affaire. Contrairement à la plupart des circuits, les pilotes doivent effectuer un léger décrochement à l’entrée et à la sortie de la voie rapide. En coupant légèrement ces angles — une trajectoire naturelle —, les voitures parcourent une distance légèrement inférieure à la ligne droite théorique entre les deux boucles de chronométrage.
Résultat : même en respectant scrupuleusement la limite, un pilote adoptant une trajectoire optimisée pouvait être détecté comme « en excès de vitesse » par un système de mesure lui-même entaché d’une erreur fondamentale. Ce scénario, digne d’un roman kafkaïen, a concerné pas moins de cinq pilotes lors du Grand Prix de Monaco, dont une majorité dépassant la limite de seulement 0,1 km/h — une marge qui, à la lumière de cette révélation, apparaît dérisoire.
Comme nous l’avions expliqué dans un article dédié, les circonstances exceptionnelles de ce Grand Prix avaient déjà suscité des interrogations quant à la fiabilité du système de contrôle des vitesses.






