Russell en pole à Barcelone, Hamilton crée l'exploit avec Ferrari
George Russell a conquis la pole position du Grand Prix de Barcelone-Catalogne en signant un chronomètre de 1 min 14 s 679, devançant de seulement 0 s 064 un Lewis Hamilton des grands jours au volant de sa Ferrari. Kimi Antonelli, au volant de la seconde Mercedes, complète le podium des qualifications. Une séance haletante, marquée par un drapeau rouge consécutif au violent crash de Charles Leclerc en Q3, ainsi que par une ultime tentative décisive de Russell, qui a tout bouleversé.
Un Russell retrouvé, confiant et maître de son sujet
Tout au long du week-end catalan, Russell a imposé sa loi. Il avait déjà réalisé le meilleur temps lors des première et troisième séances d'essais libres, avec un chrono de 1 min 15 s 679 en EL3. En qualifications, il a confirmé cette suprématie au moment le plus crucial, améliorant significativement son temps dans le troisième secteur lors de sa dernière tentative pour s'emparer de la pole.
« C'est un excellent week-end jusqu'à présent. Je me sens de nouveau au meilleur de ma forme », a déclaré Russell à l'issue de sa performance. « Ces dernières courses ne nous ont pas souri pour diverses raisons, mais je suis arrivé ce week-end avec un état d'esprit serein, en pleine possession de mes moyens, et c'est formidable de décrocher cette pole. »
Cette troisième pole de la saison permet au pilote britannique de rebondir après une série de déconvenues : une safety car mal synchronisée au Japon, une panne de batterie désastreuse au Canada, et une pénalité controversée dans les stands à Monaco.
Hamilton électrise la première ligne avec Ferrari
L'autre grand protagoniste de cette séance ? Lewis Hamilton, qui a réalisé une ultime tentative exceptionnelle pour s'intercaler entre les deux Mercedes et s'emparer de la deuxième place. Le septuple champion du monde était pourtant resté discret lors des essais libres — à plus d'une seconde de Leclerc en EL2 et EL3 — avant de se sublimer en qualifications.
« C'est fantastique d'être ici. Sincèrement, ce week-end a été extrêmement difficile. D'ordinaire, manquer la EL1 n'est pas dramatique, mais il y avait un écart considérable. En EL2, j'étais à plus d'une seconde et je ne me sentais pas à l'aise. Ces pneus ne tiennent qu'un seul tour, on n'a donc que deux tentatives par session », a expliqué Hamilton, qui avait cédé sa monoplace à Dino Beganovic pour la première séance d'essais libres.
« Je me demandais où j'allais trouver ce rythme. Entre la EL3 et les qualifications, je suis sorti de piste, je suis retourné à mon motorhome, et en Q1, j'étais en tête. »
Russell lui-même a salué la performance de son ancien coéquipier : « Lewis a réalisé un travail remarquable pour remonter si haut. C'était une véritable surprise. Nous pensions que la bataille se jouerait entre nous et McLaren, mais Lewis a été rapide tout au long de cette session. »
Le rôle clé des freins dans le duel Ferrari
L'une des grandes énigmes du week-end barcelonais résidait dans la gestion des freins de Charles Leclerc. Après son abandon catastrophique à Monaco, imputable à une défaillance des freins Brembo, Ferrari a décidé d'équiper le Monégasque de disques Carbon Industrie — la même spécification que celle utilisée par Hamilton depuis le Grand Prix du Japon.
Hamilton avait lui-même confirmé ce changement : « J'ai adopté ces freins au Japon. C'est une évolution que je réclamais depuis longtemps. J'analyse chaque composant de la voiture pour voir comment l'améliorer. En définitive, cela relève de la préparation du pilote, de ses préférences et de ses sensations. Nous avons tous deux testé cette option en course, mais Charles ne l'a pas retenue. »
Les disques Carbon Industrie offrent une réponse plus immédiate et une mordance accrue, permettant une transition plus franche vers la zone de freinage maximale. En 2026, avec les nouvelles réglementations et l'importance croissante du freinage régénératif, les caractéristiques des freins ont considérablement évolué : les disques arrière sont bien moins sollicités thermiquement, rendant leur gestion plus délicate.
Malheureusement pour Leclerc, ce changement de configuration n'aura pas eu le temps de porter ses fruits lors de ces qualifications.
Le crash de Leclerc fracture la Q3
Le drame est survenu à 8 minutes 30 du terme de la Q3. Charles Leclerc, qui avait pourtant signé le meilleur temps en Q2, a perdu le contrôle de sa Ferrari à la sortie du virage 4 — un long virage à droite — et a percuté les barrières de plein fouet. Son troisième accident en deux week-ends, après ses déboires à Monaco.
Le Monégasque a pu quitter sa monoplace par ses propres moyens, mais la séance a été immédiatement neutralisée par un drapeau rouge. Seuls deux pilotes (Piastri et Verstappen) avaient alors enregistré un temps. Leclerc se voit contraint de s'élancer depuis la dixième place sur la grille.
Cette interruption a profondément modifié le déroulement de la fin de séance, obligeant tous les pilotes à s'adapter pour un ultime duel sous pression maximale, avec un train de pneus tendres neufs à leur disposition.
Antonelli troisième, Norris et Verstappen dans son sillage
Kimi Antonelli, leader du championnat avec 156 points après six courses, s'est qualifié en troisième position, à 0 s 319 de Russell. Le prodige italien avait même brièvement occupé la pole provisoire après sa dernière tentative, avant d'être devancé par le Britannique. Avant la séance, Antonelli avait reconnu que Barcelone ne serait « pas une partie de plaisir ».
Lando Norris (McLaren) s'empare de la quatrième place, séparé de Max Verstappen (Red Bull) par seulement 0 s 020. Isack Hadjar impressionne en sixième position — sa régularité depuis Monaco ne se dément pas — devant Oscar Piastri, Liam Lawson et Nico Hülkenberg, qui complètent le top 9.
La proximité des temps illustre parfaitement l'intensité de la compétition en cette saison 2026 : moins d'une demi-seconde sépare les sept premiers sur la grille de départ.
Situation au championnat : Russell sous pression
Avant ce Grand Prix de Barcelone, Antonelli possède une avance de 68 points sur Russell au classement général. Hamilton occupe la deuxième place avec 90 points, tandis que Russell pointe en troisième position avec 88 points. Une situation qui pèse sur les épaules du pilote Mercedes, bien qu'il semble avoir retrouvé sa sérénité pour aborder la course.
« À présent, la pression s'est envolée, à vrai dire. Je vais simplement essayer de profiter de chaque course. Je ne pense même plus au championnat, il est tellement hors de portée en ce moment. Il s'agit juste d'apprécier chaque course, de s'amuser et de rouler vite », a confié Russell après les qualifications.
Mercedes reste la référence en qualifications : la Flèche d'Argent a signé l'intégralité des poles positions de la saison 2026. Barcelone pourrait bien être la septième consécutive. Pour la course, Russell dispose de la position idéale pour tenter de remporter sa première victoire en Espagne, avec Hamilton comme rempart entre lui et son coéquipier Antonelli.
Pour suivre l'évolution du duel au championnat entre Russell et Antonelli, consultez notre analyse sur la domination du jeune Italien cette saison.
Résultats complets des qualifications – GP de Barcelone 2026
| Pos. | Pilote | Écurie | Temps | Écart |
|---|---|---|---|---|
| 1 | George Russell | Mercedes | 1:14.679 | — |
| 2 | Lewis Hamilton | Ferrari | 1:14.743 | +0.064 |
| 3 | Kimi Antonelli | Mercedes | 1:14.998 | +0.319 |
| 4 | Lando Norris | McLaren | 1:15.001 | +0.322 |
| 5 | Max Verstappen | Red Bull | 1:15.021 | +0.342 |
| 6 | Isack Hadjar | Red Bull | 1:15.077 | +0.398 |
| 7 | Oscar Piastri | McLaren | 1:15.090 | +0.411 |
| 10 | Charles Leclerc | Ferrari | Sans temps | — |






