Mercedes n’a guère tardé à sortir l’artillerie lourde. À l’occasion du Grand Prix du Canada 2026, qui se déroulera sur le circuit Gilles-Villeneuve de Montréal du 22 au 24 mai, les Flèches d’Argent dévoilent leur premier grand package d’évolutions de la saison pour la W17. Une mise à jour à la fois aérodynamique et logicielle, ambitieuse, estimée à trois dixièmes de seconde de gain au tour, et qui intervient dans un contexte où la concurrence se fait de plus en plus pressante.
Une évolution centrée sur l’avant de la monoplace
Le cœur de ce package canadien réside dans la partie avant de la W17. Mercedes a consacré d’intenses efforts en soufflerie pour développer une nouvelle aile avant ainsi qu’un plancher révisé, deux éléments conçus pour former un concept d’écoulement aérodynamique cohérent. Selon les informations disponibles, les carénages en carbone de la suspension avant et le soubassement présentent également un nouveau motif d’écoulement, optimisé pour mieux alimenter et exploiter le fond plat.
L’objectif de ces modifications est sans équivoque : accroître les niveaux d’appui aérodynamique sur un tracé aussi exigeant que celui de Montréal, où l’alternance de chicanes rapides et de longues lignes droites impose des compromis techniques particulièrement délicats.
Alléger la monoplace pour mieux exploiter le lest
Au-delà de l’aérodynamique, Mercedes s’attaque à un autre défi crucial : le poids de la voiture. L’écurie allemande travaille sur une boîte de vitesses allégée ainsi que sur plusieurs autres composants mécaniques, dans le but de ramener la W17 à la limite réglementaire minimale de 768 kg. L’enjeu est stratégique : si la monoplace atteint ce poids plancher, les ingénieurs pourront disposer du lest à leur guise, optimisant ainsi la répartition des masses en fonction des spécificités de chaque circuit.
Cette marge de manœuvre supplémentaire pourrait s’avérer déterminante dans la lutte pour le titre des constructeurs, où chaque dixième de seconde compte face à des rivaux qui ont massivement mis à jour leurs monoplaces en amont.
Combler le « trou noir » des départs
L’un des aspects les plus inattendus de ce package concerne un nouveau logiciel de départ. Mercedes reconnaît que les procédures de départ ont constitué un véritable point faible de la W17 depuis le début de la saison. Kimi Antonelli, par exemple, a systématiquement perdu des positions au premier tour lors des quatre premières manches, y compris lors des sprints.
L’origine du problème a été identifiée : lors du sprint de Miami, des paramètres d’embrayage incorrects ont provoqué un patinage excessif au départ pour le jeune pilote italien. Mercedes a donc affiné son logiciel afin de réduire l’impact du au moment du départ, une faiblesse directement liée aux caractéristiques du nouveau moteur hybride 2026 – avec sa répartition 50/50 entre puissance thermique et électrique – qui avantage les motoristes dotés d’un petit turbo à haute vitesse de rotation, comme Ferrari.






