Un sprint sous haute tension à Montréal
Le sprint du Grand Prix du Canada 2026 aurait pu se résumer à une démonstration de force de la part de Mercedes. Il s’est mué en un épisode révélateur des tensions latentes au sein de l’écurie de Brackley. Si George Russell a bel et bien décroché la victoire, c’est bien l’affrontement l’opposant à son coéquipier Kimi Antonelli qui a capté toute l’attention, au point d’exiger l’intervention immédiate de Toto Wolff sur la radio d’équipe.
Russell franchit le drapeau à damier en tête, devançant Lando Norris (à 1,272 seconde) et Antonelli (à 1,843 seconde). Sur le papier, un doublé presque parfait pour Mercedes. Pourtant, ces vingt-trois tours de course se sont révélés bien plus tumultueux que ne le laissent supposer ces écarts serrés.
L’incident du virage 1 qui embrase les esprits
Dès les premiers instants du sprint, les deux pilotes Mercedes se retrouvent engagés dans un duel serré, et la tension monte rapidement. Russell expédie Antonelli sur l’herbe dans la ligne droite menant à la dernière chicane, avant que les deux monoplaces ne se frôlent à nouveau dans le virage 1. Quelques tours plus tard, au huitième passage, l’Italien est une nouvelle fois contraint de s’écarter face à une manœuvre musclée de son coéquipier.
La réaction d’Antonelli sur la radio d’équipe ne se fait pas attendre. Visiblement ulcéré, le pilote de 19 ans qualifie l’action de « vraiment vicieuse » (« naughty », selon ses propres termes) et exige une pénalité pour Russell à la suite du contact initial. La frustration du leader du championnat est palpable, et ses messages radio se succèdent avec une intensité croissante.
Wolff intervient : « Kimi, concentre-toi sur ta conduite »
Face à l’agitation d’Antonelli sur les ondes, Toto Wolff monte au créneau avec une fermeté sans équivoque. Son intervention claque comme un rappel à l’ordre : « Kimi, concentre-toi sur ta conduite, pas sur les jérémiades à la radio. » Le directeur de l’écurie met un terme immédiat à la polémique en direct, avant de préciser que les incidents seraient traités en interne.
Même le directeur de course d’Antonelli, surnommé « Bono », tente de tempérer les ardeurs du jeune Italien, sans succès dans un premier temps. Toujours sous le coup de l’émotion, Antonelli lâche, amer : « C’est agréable de voir comment les coéquipiers se comportent chez Mercedes. »
Wolff reprend alors la parole pour lui intimer de cesser net ses remarques, insistant sur le fait que l’affaire serait réglée en coulisses, loin des oreilles du public.






