Certains moments sportifs transcendent la simple performance pour s’inscrire durablement dans la légende. Le Grand Prix d’Espagne 2026, disputé sur le Circuit de Barcelone-Catalunya, en fait indéniablement partie. En franchissant la ligne d’arrivée dans l’ordre Hamilton-Russell-Norris, la Formule 1 a offert au monde un podium entièrement britannique – le premier depuis le 6 octobre 1968, soit 58 ans d’attente. Un alignement de planètes aussi rare que mémorable, qui mérite une analyse approfondie.
Barcelone 2026 : quand l’histoire s’écrit en rouge, argent et papaye
Lewis Hamilton a remporté à Barcelone sa 106ᵉ victoire en carrière, ainsi que sa première sous les couleurs de la Scuderia Ferrari, devançant George Russell (Mercedes) de 19,561 secondes au terme d’une course magistrale. Lando Norris (McLaren) a complété ce podium en troisième position, scellant ainsi un triplé de pilotes unis par bien plus que leur talent : leur nationalité britannique.
Cette victoire marque également la septième de Hamilton à Barcelone, et sa première en Grand Prix depuis le Grand Prix de Belgique 2024. Pour le septuple champion du monde, âgé de 41 ans, ce succès résonne comme une renaissance, suggérant que ses plus belles pages ne sont peut-être pas encore écrites.
Comme nous l’avions détaillé dans notre analyse de la victoire d’Hamilton à Barcelone, cette course fut un chef-d’œuvre de stratégie et de gestion des pneumatiques. Toutefois, c’est aujourd’hui l’angle historique qui retient notre attention.
1968 : Stewart, Hill, Surtees – les pionniers d’un exploit
Pour retrouver trace d’un podium 100 % britannique en Formule 1, il faut remonter au Grand Prix des États-Unis 1968, couru sur le mythique circuit de Watkins Glen, dans l’État de New York. Ce jour-là, Jackie Stewart s’était imposé au volant de sa Matra, devant Graham Hill sur Lotus et John Surtees sur Honda.
Une course remportée avec 24 secondes d’avance, où seuls six des vingt partants avaient été classés. Stewart, qui allait remporter son premier titre mondial l’année suivante, avait déclaré à l’issue de cette épreuve : « C’était la première fois dans ma carrière en Formule 1 où j’avais le sentiment de maîtriser le rythme. Quand j’accélérais, le peloton suivait. Quand je ralentissais, il ralentissait. Ce fut un moment de prise de conscience extraordinaire. »






