Antonelli résiste à la remontée de Verstappen et s’offre une troisième pole consécutive
Kimi Antonelli a réalisé une performance magistrale ce samedi en s’adjugeant la pole position du Grand Prix de Miami 2026, la troisième de suite cette saison. Le pilote Mercedes, actuel leader du championnat du monde avec 75 points, a devancé une Ferrari en pleine forme, pilotée par Charles Leclerc, ainsi qu’un Max Verstappen en pleine renaissance au volant de sa Red Bull. Cette séance de qualifications a été marquée par un contraste saisissant : McLaren, qui avait dominé le sprint, a sombré au moment de lutter pour la première ligne.
Après un week-end sprint déjà intense – durant lequel Antonelli avait dû gérer un mauvais départ et une pénalité pour non-respect des limites de piste –, le jeune Italien de 19 ans a su élever son niveau au moment crucial. « Cette session a été assez chaotique, a-t-il confié après la séance. J’éprouvais des difficultés avec la voiture sur les gommes medium, puis, sur les pneus tendres, la voiture s’est soudainement réveillée. Il restait probablement un peu de potentiel. Malgré tout, c’est un résultat satisfaisant et, en équipe, nous avons bien travaillé pour nous en sortir. Nous allons analyser cela ce soir afin de déterminer ce que nous pouvons améliorer pour aller plus vite. »
La résurrection de Red Bull et la performance de la saison pour Verstappen
Si Antonelli confirme sa domination, la grande surprise de ces qualifications émane indéniablement de Max Verstappen et de Red Bull. Le Néerlandais, qualifié en troisième position à seulement deux millièmes de Norris, signe sa meilleure performance de la saison 2026 – lui qui n’avait pas dépassé la huitième place lors des trois premières manches. À Suzuka, il avait même été éliminé dès la Q2, à 1 seconde et 2 dixièmes d’Antonelli.
Cette renaissance s’explique par un vaste train d’évolutions apporté à Miami. Red Bull a notamment introduit sa propre version de l’aileron arrière dit « Macarena » – ce concept de rotation à 180 degrés en ligne droite que Ferrari avait été la première à dévoiler lors des essais –, ainsi que des pontons entièrement repensés, un nouveau cache-moteur, un plancher revu et une sortie d’échappement redessinée. « La voiture est plus cohérente, a déclaré Verstappen. Il reste des éléments à améliorer, mais c’est un pas vraiment positif pour nous. Lors des dernières courses, nous étions à plus d’une seconde. Je dirais que nous avons presque réduit cet écart de moitié. »
Cette dynamique positive est d’autant plus bienvenue que le quadruple champion du monde avait publiquement exprimé ses doutes quant à son avenir en Formule 1 en raison des difficultés rencontrées par la RB22. Les supporters de Verstappen avaient de quoi se réjouir, et Helmut Marko avait promis que le plaisir reviendrait. Chose faite, du moins provisoirement.
McLaren : de l’euphorie du sprint à la débâcle des qualifications
Le paradoxe de ce week-end revient sans conteste à McLaren. L’écurie de Woking avait dominé la course sprint de bout en bout, avec Lando Norris s’imposant devant son coéquipier Oscar Piastri pour un doublé retentissant – le premier succès de Norris dans sa défense du titre 2026. Un résultat d’autant plus savoureux qu’il s’agissait également de la première victoire non-Mercedes de la saison, que ce soit en sprint ou en Grand Prix.
Cependant, les qualifications pour la course principale ont tourné au cauchemar. Norris, poleman et vainqueur du sprint, n’a réalisé qu’un modeste neuvième temps lors de son premier tour en Q2. Piastri, quant à lui, n’a franchi le cap de la Q1 que de justesse, s’élançant depuis une médiocre seizième place. Comment expliquer un tel fossé entre la performance en sprint et celle des qualifications ?
Le mystère s’explique en partie par les problèmes techniques récurrents qui ont émaillé la saison de McLaren, notamment les défaillances électriques ayant cloué Norris et Piastri au départ en Chine. Si les évolutions apportées à Miami – sept modifications aérodynamiques sur la MCL40, touchant les conduits de freinage, la carrosserie, le plancher et l’aileron arrière – semblaient avoir porté leurs fruits en sprint, elles n’ont visiblement pas suffi à transformer la voiture en une machine à qualifications.
George Russell toujours en difficulté à Miami
George Russell, pour sa part, n’a terminé qu’à la cinquième place des qualifications, derrière son coéquipier Antonelli, Leclerc et Verstappen. Une performance décevante pour celui qui avait été désigné comme le grand favori de la saison avant même le premier départ, fort de ses deux victoires en 2025 et de son succès à Melbourne en ouverture de 2026.
« Miami n’est pas un circuit que j’affectionne particulièrement, pour être honnête, a admis le Britannique. Je surchauffe beaucoup les pneus dans la section sinueuse centrale et j’ai du mal à trouver le bon équilibre avec la voiture. » Russell a également exprimé sa surprise face à la progression de ses rivaux : « Je suis assez impressionné par l’ampleur des progrès de McLaren et de Ferrari. Nous savions qu’ils allaient probablement réduire l’écart, mais ils ont été plus rapides que nous. »
Ce n’est pas la première fois que Russell éprouve des difficultés à Miami, une piste qui ne semble décidément pas lui convenir. Avec désormais sept points de retard sur Antonelli au championnat (68 contre 75), le pilote britannique voit son avance s’éroder course après course. Mercedes, qui avait verrouillé les deux premières places de chaque qualification depuis le début de la saison, ne paraît plus aussi intouchable.
Leclerc et Ferrari : la troisième force se confirme
Si McLaren a déçu et Red Bull surpris, Ferrari a, quant à elle, confirmé son statut de troisième force solide du plateau. Charles Leclerc s’élancera depuis la deuxième place sur la grille, un résultat qui valide le travail accompli par la Scuderia durant cette longue trêve hivernale. La Ferrari avait déjà brillé lors des essais libres de vendredi, Leclerc signant le meilleur temps devant Verstappen.
La Scuderia est l’équipe ayant apporté le plus grand nombre de nouveautés à Miami, avec pas moins de onze nouvelles pièces. Un investissement massif qui semble avoir porté ses fruits, même si Leclerc reste lucide : « Les évolutions fonctionnent bien. Simplement, tout le monde en a apporté, donc nous nous attendions à cette situation où Mercedes est probablement encore la voiture de référence. McLaren a fait un grand pas en avant, mais j’ai l’impression qu’ils n’avaient pas tout optimisé lors de leurs premières courses de la saison. Ils étaient donc toujours là, sans avoir tout assemblé. »
Lewis Hamilton, son coéquipier chez Ferrari, partira en sixième position, derrière Russell. Derrière eux, on retrouvera Piastri en septième position, puis Franco Colapinto, Isack Hadjar et Pierre Gasly pour compléter le top 10.
La dynamique du championnat après Miami
Avec cette pole position, Antonelli confirme qu’il n’est plus seulement un espoir ou un futur leader – il est déjà le patron. À 19 ans, il devient le plus jeune leader du championnat de l’histoire de la Formule 1, et son week-end à Miami, malgré quelques accrocs en sprint, témoigne d’une maturité et d’une régularité remarquables.
La grande inconnue reste McLaren, dont la performance en sprint laisse entrevoir un potentiel réel en course, mais dont les déboires en qualifications compliquent sérieusement la stratégie pour dimanche. Norris s’élançant de la quatrième place et Piastri encore plus loin, l’écurie papaye devra compter sur ses atouts en rythme de course pour espérer une victoire.
Le Grand Prix de Miami s’annonce passionnant, avec une grille qui reflète parfaitement les incertitudes de cette saison 2026 : Mercedes solide, Ferrari revigorée, Red Bull en reconstruction accélérée, et McLaren aussi brillante qu’imprévisible. La course dominicale pourrait bien redistribuer les cartes du championnat, d’autant que des orages sont attendus sur Miami ce dimanche.






