Après seulement trois courses, Red Bull se retrouve plongée dans une situation des plus alarmantes. Isack Hadjar n’a pas hésité à employer des termes sans équivoque à l’issue du Grand Prix du Japon : la RB22 souffre d’un châssis « désastreux », lent en virage et imprévisible. Pis encore, l’écurie n’a, à ce jour, aucune solution identifiée pour remédier à ce problème. Un aveu accablant qui plonge l’équipe de Milton Keynes dans une crise technique inédite depuis de nombreuses années.
Un diagnostic sans appel : le châssis, et non le moteur, en cause
Alors que les difficultés étaient anticipées du côté du groupe motopropulseur Red Bull-Ford, développé en interne pour la première fois, c’est finalement le châssis qui s’avère être le talon d’Achille de la monoplace. Hadjar a été d’une franchise déconcertante : « Le seul point positif en ce moment, c’est que nous pouvons conduire la voiture rapidement, mais nous n’avons aucune piste pour la rendre performante. Le châssis est tout simplement désastreux, lent dans les virages. »
Cette déclaration contraste fortement avec les attentes d’avant-saison. Le pari moteur semblait risqué, mais c’est bien la plateforme aérodynamique qui fait défaut. La RB22 pâtit d’un manque d’adhérence chronique, d’une instabilité en entrée de virage et d’une incapacité à générer suffisamment d’appui dans les courbes rapides – une faiblesse particulièrement criante sur un tracé comme celui de Suzuka.
Max Verstappen avait d’ailleurs exprimé son mécontentement sans détour sur la radio de l’équipe, décrivant une voiture qui « ne tourne jamais au milieu du virage » mais qui « survire excessivement à l’entrée ». Le quadruple champion du monde a été éliminé dès la Q2 au Japon, pour la première fois depuis 2019 sur ce circuit.
La descente aux enfers : de Melbourne à Suzuka
Le tableau n’a pas toujours été aussi sombre. À l’issue du Grand Prix d’Australie, Red Bull conservait encore une lueur d’optimisme. Laurent Mekies, le directeur de l’équipe, l’avait reconnu sans détour : « Nous avons quitté Melbourne en pensant être à une seconde de Mercedes et que McLaren était à notre portée – Max était même remonté de la 20ᵉ place avant de buter sur Norris. »
Cependant, la Chine a marqué un tournant décisif. L’écart s’est creusé de manière alarmante, et l’équipe a commencé à « se gratter la tête », pour reprendre les termes mêmes de Mekies. Puis, au Japon, plus aucun doute ne subsistait : « Ça n’avait pas du tout l’air bien vendredi, ni samedi, et il n’y a certainement rien à célébrer aujourd’hui. »






