Honda tourne la page des vibrations et se tourne vers Montréal
Depuis le début de la saison 2026, Honda et Aston Martin traversaient une véritable tempête technique. Entre vibrations intenses, manque de puissance et fiabilité précaire, l’AMR26 avait rapidement transformé le rêve d’Adrian Newey en un cauchemar mécanique. Toutefois, Miami a marqué un tournant décisif dans cette saga motoriste peu reluisante.
« Au Grand Prix de Miami, nous avons validé nos améliorations concernant les vibrations de la batterie et la fiabilité globale de notre unité de puissance », a déclaré Shintaro Orihara, directeur général de Honda Racing Corporation. Une annonce qui résonne comme un soulagement après des semaines de crise.
Fernando Alonso avait résumé la situation avec une formule lapidaire lorsqu’on lui avait demandé si les vibrations avaient été réduites ou totalement éliminées : « En partie. Je dirais en partie. » Une réponse concise, mais lourde de sens pour toute l’équipe.
Des vibrations si intenses qu’elles mettaient en péril la santé des pilotes
Pour mesurer l’ampleur de cette avancée, il faut comprendre à quel point les vibrations du nouveau groupe propulseur Honda posaient problème. Elles étaient d’une telle intensité qu’elles provoquaient des dommages physiques réels chez les pilotes. Fernando Alonso estimait ne pouvoir effectuer plus de 25 tours consécutifs sans risquer des lésions nerveuses irréversibles aux mains. Lance Stroll, quant à lui, atteignait ce seuil critique dès 15 tours.
Le problème ne provenait pas uniquement du moteur. Les ingénieurs de Honda ont expliqué que ces vibrations résultaient d’une interaction complexe entre le groupe propulseur et le châssis de l’AMR26, ce dernier agissant comme une véritable caisse de résonance. Un défi technique d’une rare complexité.
Mike Krack, directeur de l’équipe Aston Martin, avait résumé l’ampleur des mesures prises : « Nous avons mis en œuvre un large éventail de solutions pour réduire les vibrations à la source, mais aussi pour les atténuer sur l’ensemble des systèmes, y compris pour les pilotes. »
La solution venue des ateliers de Sakura
La clé de la résolution du problème a résidé dans une décision stratégique audacieuse : après le Grand Prix du Japon en mars, Aston Martin a laissé un châssis complet à l’usine Honda de Sakura pour permettre des essais statiques approfondis. Une première dans le cadre de ce partenariat.
Cette approche a permis aux ingénieurs de faire tourner le moteur sur banc d’essai tout en le connectant à la voiture, avec un nombre accru de capteurs par rapport aux conditions de piste. Fait marquant : Shintaro Orihara s’est lui-même installé dans la monoplace lors de certains essais pour ressentir les vibrations de première main.






