17 mars 2019 : un jour qui marqua l’histoire de la Formule 1
Il y a exactement sept ans, le 17 mars 2019, la Formule 1 voyait trois nouveaux visages s’aligner sur la grille de départ du Grand Prix d’Australie, à Melbourne. Lando Norris chez McLaren, George Russell chez Williams et Alex Albon chez Toro Rosso : trois jeunes prodiges issus des formules de promotion, déterminés à s’imposer dans l’élite du sport automobile. Sept ans plus tard, leurs trajectoires respectives dessinent des parcours aussi distincts que remarquables, chacun ayant su, à sa manière, concrétiser les espoirs placés en lui.
Ce qui confère à ce trio une singularité particulière, c’est qu’ils ont littéralement grandi sous les yeux du monde entier, partageant les mêmes circuits, les mêmes défis et, comme l’a révélé la pandémie, les mêmes parties de jeux vidéo en ligne. Mais avant d’évoquer leurs succès actuels, replongeons-nous dans ce 17 mars 2019, jour qui marqua le début de trois aventures hors du commun.
George Russell : de Williams en difficulté à l’apogée chez Mercedes
Des débuts dans l’adversité
Pour George Russell, les débuts en Formule 1 revêtirent une saveur particulière, mêlant l’accomplissement d’un rêve à une réalité bien plus âpre. Intégré à Williams en tant que pilote junior Mercedes, le Britannique découvrit une écurie en grande difficulté. La FW42 n’avait même pas été livrée à temps pour les essais hivernaux, et lors des qualifications du Grand Prix d’Australie, Russell et son coéquipier Robert Kubica accusaient plus d’une seconde de retard sur la dix-huitième voiture. Russell confiera plus tard que « l’équipe frôlait la faillite » durant sa première saison.
Pourtant, il ne s’est jamais plaint. « Je me souviens encore de ce moment, entouré de ma famille : c’était comme un rêve devenu réalité. Malgré les difficultés de Williams, j’éprouvais un bonheur indicible », déclarait-il avec émotion.
L’ascension progressive
Trois saisons passées à tirer le meilleur d’une Williams peu compétitive forgèrent son caractère. En août 2021, il décrochait son premier podium en Formule 1 lors d’un Grand Prix de Belgique réduit à deux tours derrière la voiture de sécurité, dans des conditions dantesques. Un résultat controversé, mais une première étape vers la reconnaissance méritée.
Promu chez Mercedes pour la saison 2022 en remplacement de Valtteri Bottas, Russell s’imposa d’emblée. Pole position à Budapest, puis première victoire à São Paulo : son talent ne faisait plus aucun doute. Il termina quatrième du championnat des pilotes cette année-là, confirmant son statut de futur grand.
Champion de sprint et pilier de Mercedes
En 2024 et 2025, Russell a consolidé sa place parmi l’élite. Victoires en Autriche, à Las Vegas, au Canada et à Singapour, neuf podiums en 2025 pour un total de 319 points en une saison : le Britannique s’est hissé au rang des meilleurs pilotes du plateau. Lors du Sprint de Chine 2026, Russell a de nouveau brillé, s’imposant dans le chaos, prouvant qu’à 28 ans, il est plus affûté que jamais. Son casque exceptionnel arboré à Shanghai symbolisait à lui seul le chemin parcouru.
Lando Norris : de McLaren au sacre mondial
Un prodige prometteur dès ses premiers tours de roue
Lando Norris, quant à lui, faisait ses débuts à 19 ans chez McLaren avec une réputation de phénomène. Qualifié huitième à Melbourne, il terminait douzième en course, avant de marquer ses premiers points au Grand Prix de Bahreïn en se classant sixième. Sa première saison s’achevait avec 49 points et une onzième place au championnat, des résultats modestes mais prometteurs pour un rookie évoluant dans une McLaren encore loin de son apogée.
En 2020, il décrochait son premier podium en Autriche, devenant le plus jeune pilote britannique à accomplir cet exploit. La machine était lancée.
L’attente interminable d’une première victoire
Pendant des années, Norris accumula les podiums sans jamais franchir la dernière marche. Quinze podiums avant une première victoire : un record absolu dans l’histoire de la Formule 1. Ce n’est qu’à Miami, en mai 2024, après 110 courses, que Norris éclata en sanglots sur le podium. « Quelles émotions ? Le bonheur, les sourires, une immense joie, et un certain soulagement », confiait-il, submergé par l’émotion. Max Verstappen, son éternel rival, avait alors déclaré : « Je suis très heureux pour Lando. Cela faisait longtemps, et ce ne sera pas sa dernière victoire. »
Champion du monde 2025 : l’apothéose
La prédiction de Verstappen se révéla exacte. En 2024, Norris remportait deux nouvelles victoires et terminait vice-champion du monde. Puis, en 2025, il réalisa la saison de sa vie : sept victoires, dont son Grand Prix national au Royaume-Uni, 44 podiums cumulés en carrière, et surtout, le titre mondial arraché lors d’un ultime tour haletant à Abu Dhabi, à seulement deux points de Verstappen. Un dénouement digne des plus grands récits épiques.
George Russell, son vieux complice depuis leurs débuts, lui rendit un vibrant hommage : « Lando a piloté de manière exceptionnelle cette année. Même sous la pression du dernier Grand Prix, il s’est qualifié dans le top 3 et a terminé dans le top 3. Il a fait le travail. Félicitations à lui, il le mérite amplement. » Au Grand Prix de Shanghai 2026, Norris comptait déjà 11 victoires, 16 pole positions et 44 podiums en carrière.
Alex Albon : la résilience comme philosophie
Toro Rosso, Red Bull et la chute
Alors que Norris et Russell suivaient des trajectoires relativement linéaires au sein de leurs écuries respectives, le parcours d’Alex Albon s’avéra bien plus tortueux. Chez Toro Rosso lors de ses débuts, le pilote thaïlando-britannique se distingua rapidement par ses qualités de pilotage, notamment lors d’une remarquable sixième place sous la pluie en Allemagne 2019. En milieu de saison, après seulement douze courses, il était propulsé chez Red Bull Racing pour remplacer Pierre Gasly, devenant ainsi le coéquipier de Max Verstappen. Un défi colossal.
En 2020, il devint le premier pilote thaïlandais à monter sur un podium en Formule 1, lors du Grand Prix de Toscane. Cependant, la pression d’être le coéquipier de Verstappen s’avéra écrasante, et Red Bull se sépara de lui à l’issue de la saison, malgré ses 105 points au classement.
Le retour triomphal chez Williams
Après une saison sabbatique en tant que pilote de réserve chez Red Bull, Albon fit son retour en piste en 2022… chez Williams, reprenant le volant laissé vacant par George Russell. Une revanche symbolique. Dès son retour, il démontra l’étendue de son talent, comme en témoignent ses performances régulières, parfois éclipsées par des moyens limités.
En 2023, Albon marqua 27 des 28 points de Williams, propulsant l’équipe à la septième place du championnat des constructeurs, presque à lui seul. En 2025, il terminait huitième du championnat du monde, meilleur pilote du milieu de peloton, avec notamment des cinquièmes places en Australie, à Miami et à Imola. Un bilan qui force l’admiration, même si des moments difficiles, comme ce forfait en Chine, rappellent que la Formule 1 reste un sport impitoyable.
Trois destins, une même passion
Une génération dorée
Sept ans après leurs débuts communs à Melbourne, Norris, Russell et Albon ont chacun écrit leur propre chapitre de l’histoire de la Formule 1. L’un est champion du monde, l’autre l’un des pilotes les plus accomplis du plateau, le troisième incarne la résilience dans sa forme la plus pure. Ce qui les unit ? Une passion inébranlable, un professionnalisme exemplaire et une amitié sincère, symbolisée par leurs soirées de jeux en ligne durant le confinement de 2020.
Cette génération 2019 évoque d’ailleurs une autre classe légendaire, celle de Verstappen et Sainz, qui célébraient leurs huit ans en F1. Chaque époque a ses talents, et celle-ci a particulièrement bien fait les choses.
Et les sept prochaines années ?
Norris visera la défense de son titre mondial, Russell aspirera à sa consécration ultime, et Albon continuera de défier les pronostics avec les moyens qui lui sont alloués. Une chose est certaine : le 17 mars 2019, la Formule 1 a accueilli trois personnalités qui ont marqué et continueront de marquer ce sport pour de nombreuses années encore.






