Oscar Piastri réalise le meilleur temps de la deuxième séance d'essais libres du Grand Prix du Japon à Suzuka, devant Antonelli et Russell. Red Bull, reléguée en fond de grille, peine à suivre le rythme, tandis que Norris et Bortoleto subissent des problèmes techniques.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
McLaren s'impose à Suzuka
Oscar Piastri a dominé la deuxième séance d’essais libres du Grand Prix du Japon 2026, signant le meilleur temps en 1 min 30 s 133 sur pneus tendres. L’Australien devance Kimi Antonelli de seulement 92 millièmes de seconde, tandis que George Russell complète ce podium provisoire à deux dixièmes. Une hiérarchie nette se dessine entre les trois écuries de tête — McLaren, Mercedes et Ferrari — et le reste du plateau, Red Bull en tête de file.
Ce résultat confirme la tendance observée depuis le début de la saison : comme lors de la FP1, où Russell avait dominé, un triumvirat McLaren-Mercedes-Ferrari se dispute les avant-postes, laissant les autres écuries loin derrière.
Norris en difficulté, une fuite hydraulique suspectée
Lando Norris termine quatrième avec un temps de 1 min 30 s 649, soit environ une demi-seconde de retard sur son coéquipier Piastri. Un écart significatif, d’autant que Norris a été gêné par le trafic lors de son tour rapide et que sa monoplace semblait instable par moments. Mais la véritable mauvaise nouvelle est survenue après sa simulation de qualifications : la McLaren du Britannique a dû être placée sur les chandelles, l’équipe évoquant une suspicion de fuite hydraulique.
L’ironie est cruelle pour une écurie qui avait déjà connu un double abandon catastrophique en Chine en raison de défaillances électriques. À Suzuka, l’objectif prioritaire de McLaren est clair : amener les deux voitures jusqu’au tour de formation. Voir Norris lever le pied prématurément lors de cette deuxième séance d’essais libres n’est donc guère rassurant.
Ferrari et Hamilton : le top 5 avec des nuances
Charles Leclerc s’adjuge la cinquième place, tandis que Lewis Hamilton termine sixième, à plus d’une seconde du rythme imposé par Piastri. Le Britannique n’a pas mâché ses mots pour expliquer ses difficultés : « Je suis très lent parce que je n’ai aucune confiance en la voiture. » Une déclaration qui fait écho aux propos tenus par Leclerc avant ce week-end, où il reconnaissait un déficit de quatre à cinq dixièmes par rapport à Mercedes.
Malgré ces frustrations, Ferrari demeure le troisième prétendant le plus crédible au titre, avec deux podiums consécutifs lors des deux premières manches de la saison.
Red Bull en pleine crise : Verstappen dixième, dans l’incertitude
Le constat est accablant pour Red Bull. Max Verstappen ne pointe qu’à la dixième place, à 1,376 seconde du meilleur temps de Piastri — et à seulement 23 millièmes de la limite théorique excluant du top 10. Son coéquipier, Isack Hadjar, se classe quant à lui quinzième.
Pire encore, Verstappen se retrouve derrière Nico Hülkenberg (Audi, 7ᵉ), Alex Albon (Williams, 8ᵉ) et Oliver Bearman (9ᵉ), ce qui place la Red Bull au niveau du meilleur du milieu de peloton. Ce résultat fait écho aux aveux de Laurent Mekies, directeur de l’écurie, qui avait reconnu en Chine que la monoplace présentait de « graves lacunes ». La situation est d’autant plus préoccupante que Red Bull traverse cette crise depuis plusieurs courses, sans solution apparente à court terme.
Un milieu de grille très serré entre la 7ᵉ et la 11ᵉ place
Si la lutte en haut de classement oppose trois écuries clairement identifiées, la bataille du milieu de grille est, elle, particulièrement dense. Entre la septième et la onzième position, moins d’un dixième de seconde sépare les pilotes. Hülkenberg sur son Audi, Albon avec Williams, Bearman et Verstappen évoluent dans un mouchoir de poche.
Williams peut se satisfaire de la performance d’Albon, qui se bat pour être le meilleur du reste du plateau, une place actuellement occupée par l’Audi de Hülkenberg. Pour Audi, en revanche, la journée est mitigée : Gabriel Bortoleto a dû abandonner sa monoplace, ses mécaniciens procédant au démontage de la boîte de vitesses. Il n’a pu reprendre la piste que dans les dix dernières minutes, un temps insuffisant pour rivaliser avec son coéquipier.
Lindblad hors course, Pérez retardé
Les ennuis techniques n’ont pas épargné les autres écuries. Chez Racing Bulls, Arvid Lindblad a été contraint d’abandonner la séance très tôt, victime d’un problème de boîte de vitesses irréparable dans le temps imparti. Il n’aura bouclé qu’un seul tour.
Du côté de Red Bull, Sergio Pérez n’a guère été plus chanceux. Sa sortie des stands a été retardée en raison de dégâts subis lors d’un accrochage avec Alex Albon en EL1 — un incident que les commissaires ont finalement classé sans suite, évoquant une « incompréhension mutuelle ».
Verstappen convoqué chez les commissaires pour un incident avec Colapinto
La séance a également été marquée par un accrochage évité de justesse entre Max Verstappen et Franco Colapinto. À vingt minutes du terme, le pilote argentin zigzaguait pour réchauffer ses pneus en direction du virage 130R, alors que Verstappen arrivait à pleine vitesse derrière lui lors d’un tour lancé. Le Néerlandais a dû freiner brutalement pour éviter la collision. Les deux pilotes ont été convoqués par les commissaires sportifs pour analyser cet incident qualifié de « conduite erratique ».
Ce n’était pas le premier accrochage de la journée pour Verstappen : en EL1, un incident avec Lewis Hamilton avait déjà fait l’objet d’une enquête, avant qu’aucune sanction ne soit finalement prononcée.
La FIA réduit la recharge énergétique : un impact sur les qualifications
Ce week-end à Suzuka se distingue également par une décision réglementaire de la FIA, qui a abaissé la limite de recharge énergétique en qualifications de 9 à 8 mégajoules. Cette modification, issue de simulations réalisées après le Grand Prix de Chine, vise à limiter le phénomène de « super clipping » — une gestion trop agressive de l’énergie qui pourrait pénaliser certaines monoplaces sur ce circuit particulièrement exigeant.
Les pneus, quant à eux, sont d’un degré plus durs qu’en Chine, avec une sélection C1-C2-C3 imposée par Pirelli, ce qui pourrait influencer les stratégies de course dimanche.
Implications pour les qualifications : McLaren et Mercedes au coude à coude
La FP2 dessine un tableau clair pour les qualifications de samedi. Piastri a démontré qu’il possédait la vitesse nécessaire pour rivaliser avec les meilleures Mercedes, voire les devancer. Cependant, l’écart de 516 millièmes entre lui et Norris interroge : problème de trafic, instabilité de la monoplace, ou réel avantage de Piastri ce week-end ?
Du côté de Mercedes, Antonelli et Russell restent à portée de tir, dans une écurie qui a réalisé deux doublés consécutifs depuis le début de la saison — un exploit inédit depuis Brawn GP en 2009. Russell mène le championnat des pilotes avec 51 points, devançant Antonelli de quatre unités. Une qualification au sommet s’avère cruciale pour les deux hommes.
Pour Red Bull, les qualifications s’annoncent périlleuses. Verstappen, qui n’avait jamais perdu ni en qualifications ni en course à Suzuka depuis le retour du circuit en 2022, pourrait bien voir cette série s’interrompre samedi. La crise de performance de Red Bull ne semble pas prête de trouver une issue d’ici là.
Un week-end à forts enjeux avant une longue pause
Le Grand Prix du Japon 2026 revêt une importance particulière dans le calendrier. Avec l’annulation des courses de Bahreïn et d’Arabie saoudite, une pause de cinq semaines suivra cette manche avant de retrouver le circuit de Miami. Toute avance acquise ici sera conservée jusqu’en mai — une pression supplémentaire pour chaque écurie et chaque pilote.
Dans ce contexte, McLaren, qui n’a toujours pas vu ses deux voitures prendre le départ d’un Grand Prix cette saison, espère enfin marquer des points avec Piastri et Norris. Suzuka, avec ses 5,807 kilomètres de tracé mythique et ses 18 virages exigeants, pourrait enfin sourire à l’écurie de Woking — à condition que la fiabilité soit au rendez-vous.