Norris et le pari des intermédiaires : « J’ai poussé pour cette option »
Le Grand Prix du Canada 2026 restera comme l’un des week-ends les plus douloureux de la saison pour McLaren. Au cœur de ce fiasco : un choix de pneumatiques au départ qui, en apparence, semblait prometteur, mais qui s’est révélé catastrophique. Et Lando Norris, champion du monde en titre, assume pleinement ce pari manqué.
« Je suppose que la décision a été prise en équipe, mais j’ai aussi milité en faveur de cette option, alors j’en assume la responsabilité », a déclaré le Britannique à l’issue de la course. Une prise de position rare dans un sport où les pilotes ont parfois tendance à rejeter la faute sur leurs ingénieurs stratégiques.
Des conditions météorologiques inédites pour les nouvelles monoplaces
Pour saisir la portée de ce choix, il convient de replacer l’épreuve dans son contexte. Le Grand Prix du Canada a été déplacé de juin à mai cette saison, rendant les conditions climatiques à Montréal bien plus fraîches et imprévisibles qu’à l’accoutumée. À quelques minutes du départ, la piste était humide et glissante, la pluie venant de cesser.
Mais au-delà des caprices de la météo, un autre paramètre rendait la situation particulièrement délicate : aucune session officielle en conditions mouillées n’avait encore eu lieu cette saison. Comme Pirelli l’avait averti avant la course, les équipes naviguaient en terra incognita avec les nouvelles monoplaces 2026, sans données fiables sur le comportement des pneumatiques en conditions humides.
« La piste était grasse. Il était déjà difficile de monter en température sur une piste sèche, mais dans ces conditions, avec l’humidité et la pluie, nous pensions que c’était le bon choix de gomme », a expliqué Oscar Piastri.
Un choix collectif, une responsabilité assumée
La décision d’opter pour les pneus intermédiaires ne fut pas prise à la légère. Selon Andrea Stella, directeur de l’écurie McLaren, ce pari résultait d’une réflexion collective. « En matière de prise de décision, elle était partagée par l’ensemble des acteurs, pilotes compris. J’ai moi-même donné mon avis, car au moment crucial, je voulais m’assurer que nous étions équipés de pneus capables de tenir le premier tour. »
Norris ne cherche nullement à minimiser son implication. Bien au contraire, il insiste sur son rôle actif dans ce choix. Une posture qui contraste avec l’image d’un pilote se contentant de suivre les consignes, révélant au contraire un Norris pleinement engagé dans la stratégie de son équipe.






