Norris accable la F1 2026 : « Les pires voitures jamais créées »

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Lando Norris au volant de sa McLaren MCL40 lors du GP d'Australie 2026 à Melbourne

Lando Norris dénonce la gestion de l'énergie des F1 2026 après les qualifications du GP d'Australie. Russell, en pole, défend les nouvelles monoplaces plus agiles.

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Denis D

Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.

Norris amer après les qualifications de Melbourne

Les qualifications du Grand Prix d'Australie 2026 ont mis en lumière une fracture nette dans le paddock concernant les nouvelles monoplaces. Si George Russell a décroché la pole position devant son coéquipier Kimi Antonelli, confirmant le statut de favori de Mercedes, c'est la charge de Lando Norris contre la nouvelle réglementation qui fait le plus parler.

Le champion du monde en titre, qualifié sixième avec sa McLaren, n'a pas mâché ses mots après la séance : « On est passé des meilleures voitures jamais créées en Formule 1, les plus agréables à piloter, à probablement les pires. C'est nul, mais il faut faire avec. »

La gestion de l'énergie au cœur des critiques

La nouvelle répartition quasi 50/50 entre puissance thermique et électrique impose aux pilotes une gestion permanente de la récupération d'énergie. Norris a décrit une situation frustrante : « Le mode ligne droite fait qu'on a beaucoup d'autres problèmes. On décélère énormément avant les virages, on doit lever le pied partout pour s'assurer que la batterie est au maximum. »

Plus inquiétant encore, le Britannique estime que cette gestion nuit à la sécurité. Lors de la Q3, il a roulé sur un débris tombé de la Mercedes d'Antonelli sans le voir, car il regardait son volant : « Je regarde mon volant. C'est pour ça que je ne vois pas le débris, parce que je dois surveiller la vitesse à laquelle j'arrive en bout de ligne droite et savoir si je dois freiner 30 mètres plus tôt ou 10 mètres plus tard. Il faut regarder le volant toutes les trois secondes pour voir ce qui va se passer, sinon on finit dans le décor. »

Albert Park : le pire scénario pour ces nouvelles règles

Le circuit d'Albert Park est particulièrement défavorable à cette génération de monoplaces. Avec seulement sept zones de freinage sur un tour, c'est l'un des tracés les plus pauvres en opportunités de récupération d'énergie par le freinage, ce qui oblige les pilotes à recourir massivement au super clipping sur les lignes droites.

La FIA a d'ailleurs réduit le plafond d'énergie récupérable à 8 MJ par tour à Melbourne (contre 8,5 MJ sur la plupart des circuits), reconnaissant implicitement la difficulté du tracé. Ollie Bearman (Haas) a qualifié ce week-end de « pire scénario possible pour cette réglementation ».

Les monoplaces ont été vues ralentissant de manière spectaculaire à l'approche du virage 9-10, cette chicane rapide qui était autrefois l'un des passages les plus impressionnants du circuit. Liam Lawson (Racing Bulls) a reconnu que « si on veut rouler à fond, on n'a pas assez d'énergie pour tenir un tour complet ».

Verstappen et Hadjar soutiennent Norris

Norris n'est pas isolé dans sa critique. Max Verstappen, qui a crashé en Q1 et partira du fond de grille, avait déjà exprimé ses inquiétudes lors du briefing pilotes de vendredi soir. Le quadruple champion du monde avait prévenu avant le week-end que cette nouvelle ère serait « compliquée à suivre » pour les fans.

Isack Hadjar, auteur d'une brillante troisième place en qualifications, s'est également dit « pas fan » du volet moteur de la réglementation, malgré son excellent résultat.

Russell défend les nouvelles monoplaces

Face à cette vague de critiques, George Russell a pris la défense de la nouvelle réglementation — il est vrai depuis une position confortable sur la pole. Le pilote Mercedes a souligné les progrès du côté châssis : « Les voitures sont plus agiles, on les fait glisser davantage. Ça ressemble plus à un kart que l'an dernier, quand on avait l'impression d'être dans un bus qui rebondit. »

Russell a toutefois admis que la gestion de l'énergie n'est « probablement pas de la course pure », mais il a appelé à la patience : « Melbourne est probablement le pire circuit pour ces moteurs. Je sais que la FIA va faire des changements. »

Le Britannique a aussi rappelé qu'il avait été parmi les pilotes à ne pas vouloir juger prématurément la réglementation, estimant que « la réglementation châssis est un pas en avant par rapport à ce qu'on a eu ces huit dernières années ».

Un débat qui ne fait que commencer

La FIA a déjà dû faire marche arrière sur une modification des zones de mode ligne droite ce week-end, sous la pression des équipes et des pilotes. Ce premier Grand Prix de la nouvelle ère n'est qu'un aperçu : les circuits de Djeddah et du Red Bull Ring, où le plafond énergétique sera également réduit, poseront des défis similaires.

La question reste ouverte : les équipes parviendront-elles à optimiser suffisamment la gestion de l'énergie au fil de la saison pour rendre le spectacle plus fluide ? Ou la FIA devra-t-elle intervenir plus radicalement sur la réglementation ? La course de demain à Melbourne donnera un premier élément de réponse, avec en toile de fond le risque de chaos en course que plusieurs acteurs du paddock ont redouté toute la semaine.