Hamilton et Ferrari : une deuxième place aux allures de renaissance
Lewis Hamilton a franchi la ligne d’arrivée du Grand Prix du Canada 2026 en deuxième position, à 10,7 secondes de Kimi Antonelli, victorieux pour la quatrième fois consécutive. Un résultat qui, bien que modeste en apparence, constitue en réalité le meilleur performance en Grand Prix du septuple champion du monde depuis son arrivée au sein de la Scuderia Ferrari.
Face aux journalistes après l’épreuve, Hamilton n’a pas dissimulé son émotion. Il a qualifié cette journée montréalaise de « le jour le plus heureux de mon parcours chez Ferrari jusqu’à présent », ajoutant se sentir «très léger» à l’issue de la course. Après une saison 2025 désastreuse – qu’il avait lui-même décrite comme «la pire de [sa] carrière» –, ce podium sonne comme une véritable résurrection.
Une course intense face à la domination des Mercedes
Malgré cette satisfaction, Hamilton a fait preuve de lucidité quant à la hiérarchie du jour. «Nous ne pouvions espérer l’emporter face aux Mercedes, qui étaient particulièrement rapides. Nous avons tenu le rythme un moment, mais elles nous ont ensuite distancés, Max [Verstappen] et moi, alors que j’occupais la troisième place. La bataille aurait peut-être été plus aisée si j’avais réussi à rattraper Max plus tôt», a-t-il analysé.
En effet, Mercedes avait déployé au Canada son package d’évolutions le plus ambitieux de la saison, et la W17 s’est révélée supérieure en ligne droite. Hamilton a toutefois su tirer parti d’une stratégie parfaitement exécutée : après un arrêt au stand au 31e tour sous virtual safety car pour chausser des gommes Medium, il a progressivement réduit son retard sur Max Verstappen.
Le dépassement a eu lieu au 62e tour, par l’extérieur au virage 1. Un geste technique, précis, presque chirurgical. «La bataille avec Max était intense et gratifiante, c’est pour cela que nous courons, et cela prouve les progrès que nous accomplissons», a confié Hamilton. Il a également rendu hommage à Verstappen, le qualifiant de «l’un des plus grands de ce sport».
Un blocage au freinage, moment clé de la course
La prestation d’Hamilton n’a pas été exempte d’imperfections. Le Britannique a reconnu avoir commis un blocage au freinage qui l’a contraint à manquer un virage, l’obligeant à couper la chicane. «J’ai tout donné pour tenter de combler l’écart avec Red Bull. Aujourd’hui, nous y sommes parvenus, et je suis reconnaissant envers toute l’équipe pour l’excellent travail accompli à l’usine. Nous allons continuer à nous battre», a-t-il déclaré.
En dépit de ce moment délicat, la performance globale d’Hamilton durant ce week-end a été remarquable. Il a d’ailleurs remporté le titre de Driver of the Day avec 27,7 % des suffrages, devançant ses principaux rivaux. Son coéquipier, Charles Leclerc, a quant à lui connu un week-end bien plus difficile, bien qu’il soit parvenu à remonter de la huitième à la quatrième place à l’arrivée.
Sa réaction face à Antonelli, son successeur chez Mercedes
L’un des moments les plus émouvants de l’après-course a été la réaction d’Hamilton lorsqu’on l’a interrogé sur Kimi Antonelli, le jeune prodige qui a pris sa place chez Mercedes et signé sa quatrième victoire consécutive. «Non, je ne me reconnais pas en lui, mais il est plus jeune que moi et a tout de même hérité de mon poste chez Mercedes. L’équipe accomplit un travail fantastique avec lui», a-t-il commenté avec bienveillance.
« Je suis heureux pour lui et pour l’équipe, car j’y ai passé tant d’années. Si ce n’est pas nous qui gagnons, j’espère que ce sera eux. Cela me réchauffe le cœur de les voir triompher. Mais désormais, mon objectif est de ramener mon équipe au sommet, car je pense que Ferrari, après plusieurs années difficiles, mérite de se battre à nouveau pour les premières places. »
Une déclaration qui témoigne de la maturité d’Hamilton et de son attachement sincère à son nouveau projet avec la Scuderia. La métamorphose d’Antonelli en leader du championnat n’entame en rien l’ambition de son prédécesseur.
Le travail d’équipe, pilier de la progression de Ferrari
Hamilton a également tenu à souligner l’importance du collectif dans cette performance. «Je m’investis à fond, aux côtés de Fred [Vasseur], qui fait un travail remarquable en tant que directeur d’équipe, tout comme nos ingénieurs et l’ensemble du personnel à l’usine.»
Frédéric Vasseur a d’ailleurs reconnu que Ferrari avait surpassé ses propres attentes au Canada. «Franchement, nous ne nous attendions pas à un tel niveau de performance ici, à Montréal. Mercedes et McLaren ont apporté des évolutions majeures, et nous pensions avoir du mal à rivaliser», a-t-il déclaré, avant d’ajouter que, dès la première journée, le rythme était au rendez-vous.
Ce résultat prend d’autant plus de valeur que Ferrari n’avait pas introduit de nouvelles évolutions au Canada, contrairement à ses concurrents. La SF-26 a performé avec le package déployé à Miami, confirmant que les améliorations aérodynamiques et mécaniques du début de saison portent progressivement leurs fruits.
Monaco en ligne de mire : l’opportunité rêvée pour Ferrari
La déclaration la plus stratégique d’Hamilton concerne la suite du championnat. Il a clairement désigné Monaco comme la prochaine grande opportunité pour Ferrari. «C’est un long processus, mais si nous parvenons à obtenir ce résultat sur un circuit où la puissance est déterminante, alors je pense que sur des tracés où elle l’est moins, nous pourrons peut-être faire encore mieux. Je regarde déjà vers Monaco.»
Cette prise de position n’a rien d’anodin. À Monaco, l’avantage en puissance moteur est largement atténué par la nature sinueuse et urbaine du circuit. Ce qui prime, c’est l’équilibre du châssis, la confiance du pilote et la précision dans les changements de direction – des domaines où la SF-26 s’est montrée compétitive cette saison. Selon plusieurs observateurs, Ferrari figurerait même parmi les favorites pour le Grand Prix de Monaco 2026.
Pour Hamilton, qui n’a jamais remporté la course la plus prestigieuse du calendrier, l’occasion serait historique. Et pour Ferrari, ce serait la confirmation que le projet 2026 prend véritablement forme.
Les rumeurs de retraite définitivement balayées
Avant ce week-end canadien, des rumeurs persistantes évoquaient une possible retraite d’Hamilton dès la fin de la saison 2026. Le principal intéressé y a répondu avec une franchise désarmante : «Je suis toujours sous contrat, donc tout est clair pour moi. Je reste concentré, motivé, et j’aime toujours ce que je fais de tout mon cœur. Je serai là encore un moment, alors habituez-vous. Je pense déjà à la suite et planifie les cinq prochaines années.»
Ce Grand Prix du Canada, avec ses 37 points engrangés sur le week-end (sprint inclus), valide le pari Hamilton-Ferrari. Après une analyse approfondie des raisons pour lesquelles Hamilton est redevenu compétitif, les faits parlent d’eux-mêmes : le septuple champion s’est adapté, a modifié son approche au simulateur et a trouvé en Carlo Santi un ingénieur de course qui semble lui convenir à la perfection.
« Ce n’est pas le résultat que nous visions, mais aujourd’hui, cela suffira », a-t-il conclu avec humilité. Une sobriété qui contraste avec l’enthousiasme visible d’un homme ayant retrouvé le goût de la compétition au plus haut niveau. Le projet Hamilton-Ferrari n’en est peut-être qu’à ses débuts.






