Le Grand Prix du Canada a été le théâtre de déclarations riches en sous-entendus pour l’écurie Haas. Si Ayao Komatsu a catégoriquement démenti toute rumeur de conflit avec Esteban Ocon, le directeur de l’équipe américaine s’est montré particulièrement évasif lorsqu’il s’est agi d’évoquer l’avenir du pilote français au-delà de la saison 2026. Une prudence qui, en soi, en dit long sur les incertitudes pesant sur son avenir.
Komatsu se refuse à toute garantie
Interrogé par les journalistes sur la confirmation de la présence d’Esteban Ocon au volant d’une Haas en 2027, Ayao Komatsu a soigneusement évité de s’engager. Sa réponse, aussi mesurée que calculée, frisait l’aveu entre les lignes.
« Répondre à cette question pourrait susciter une certaine agitation. Car ensuite, les gens interpréteraient mes propos en affirmant : ‘Ayao a dit cela, donc la décision est déjà actée.’ Ils en déduiraient soit que nous conservons Esteban, soit que nous nous en séparons. Le tout serait complètement sorti de son contexte, c’est pourquoi je préfère ne pas répondre. »
En formulant cette réponse, Komatsu a, paradoxalement, confirmé que la question restait bel et bien ouverte. Une manière implicite de reconnaître que rien n’était encore acté pour le Français.
La saison 2026 d’Ocon, un enjeu crucial
Derrière cette diplomatie de rigueur se profile une réalité sportive difficile à ignorer : l’écart de performance entre les deux pilotes Haas est saisissant en ce début de saison 2026. Oliver Bearman totalise 17 points, contre un seul pour Esteban Ocon après quatre manches. Le jeune Britannique mène ainsi par 17 à 1 dans la lutte interne, après avoir dominé son coéquipier 14-10 en qualifications la saison précédente.
Comme l’a résumé sans détour l’ancien pilote de Formule 1 Ralf Schumacher : « Ocon n’est pas à la hauteur. Au mieux, il se situe au niveau de Bearman, mais le plus souvent en dessous. Or, Bearman n’en est qu’au début de sa carrière et continue de progresser. Je ne l’imagine pas rester l’an prochain. »
Ce constat contraste vivement avec les espoirs initiaux du pilote français. Après son départ houleux d’Alpine, Ocon espérait trouver chez Haas un nouveau souffle. Il avait d’ailleurs bien entamé la saison avec une cinquième place en Chine et une huitième place à Bahreïn. Cependant, sa régularité a depuis laissé à désirer face à un Bearman des plus impressionnants.
Pour suivre l’évolution des performances des deux pilotes au fil des courses, consultez nos analyses des duels de coéquipiers en qualifications.






