Honda lève le voile sur le cauchemar d'Aston Martin
Les essais hivernaux 2026 resteront gravés dans les mémoires comme un véritable calvaire pour Aston Martin et Honda. Alors que l'écurie de Silverstone n'avait bouclé que six tours lors de la dernière journée à Bahreïn, les dirigeants du Honda Racing Corporation (HRC) se sont enfin exprimés devant la presse au Japon ce jeudi pour lever le voile sur l'origine des problèmes qui ont paralysé leur nouveau partenariat.
Le verdict est sans appel : des vibrations anormales au sein de l'unité de puissance ont causé des dégâts répétés au système de batterie, forçant l'équipe à interrompre son programme de roulage bien plus tôt que prévu.
Des vibrations inattendues et dévastatrices
Ikuo Takeishi, directeur général du département compétition quatre roues du HRC, a détaillé le problème lors de cette conférence de presse. Selon ses explications, « les vibrations anormales observées pendant les essais ont causé des dommages au système de batterie, ce qui a été la principale raison de l'arrêt » de la voiture de Fernando Alonso lors de l'avant-dernière journée à Bahreïn.
Le dirigeant japonais a ajouté que la voiture avait été stoppée par mesure de précaution : « Ce n'est pas qu'un accident était imminent, mais nous avons arrêté la voiture car la situation était dangereuse. »
La batterie secouée à l'intérieur du châssis
L'image utilisée par Takeishi est parlante : la batterie est littéralement « secouée à l'intérieur du véhicule ». La zone où le pack batterie est fixé vibre de manière anormale, bien au-delà de ce que Honda avait anticipé lors de ses tests au banc à Sakura.
Le problème est d'autant plus complexe que la cause racine n'a pas encore été identifiée. Honda soupçonne que plusieurs composants interagissent pour générer ces vibrations. Comme l'a reconnu Takeishi : « Si la cause avait été identifiée au niveau de la transmission ou du moteur, cela aurait été beaucoup plus facile à résoudre. Cependant, je soupçonne que plusieurs éléments interagissent pour générer ces vibrations. »
Cette incertitude laisse planer le risque que le problème « traîne en longueur », même si l'ingénieur se dit « absolument déterminé à le résoudre rapidement ».
Un problème de corrélation entre le banc d'essai et la piste
L'un des aspects les plus préoccupants de cette situation est le décalage entre le travail effectué en laboratoire et la réalité du terrain. Honda réalise ses tests virtuels d'intégration moteur/châssis/boîte de vitesses à Sakura, au Japon, plutôt que chez Aston Martin à Silverstone — contrairement à la plupart des écuries de pointe qui réalisent ce travail en interne ou le confient à des spécialistes comme AVL en Autriche.






