Verstappen tacle ses rivaux : « Ils pensaient que notre moteur allait exploser »

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Max Verstappen au volant de la Red Bull RB22 lors des essais hivernaux 2026 à Bahreïn

Max Verstappen se moque de la concurrence sur Viaplay après les essais 2026 : le moteur Red Bull-Ford a surpris tout le paddock par sa fiabilité et ses performances.

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Denis D

Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.

Verstappen savoure la surprise du paddock

Max Verstappen ne manque jamais une occasion de piquer ses rivaux. Interrogé par Viaplay à l'issue des essais hivernaux 2026 de Bahreïn, le quadruple champion du monde n'a pas pu résister à un petit tacle bien senti envers la concurrence, visiblement surprise par les performances du tout nouveau moteur Red Bull-Ford.

« Nos rivaux ne s'y attendaient pas. Ils pensaient probablement que nous allions arriver et que le moteur allait tout de suite exploser », a lâché Verstappen avec son ton provocateur habituel. Une punchline qui résume parfaitement le renversement de situation opéré par Red Bull lors de cette pré-saison.

Il faut dire que le scepticisme était de mise avant les premiers tours de roue de la RB22. Red Bull Powertrains, devenu motoriste à part entière en partenariat avec Ford, s'attaquait à un défi colossal : concevoir une unité de puissance from scratch pour affronter des constructeurs établis comme Mercedes, Ferrari et Honda.

Plus de 10 500 km parcourus sans accroc majeur

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le constructeur autrichien a cumulé plus de 10 500 km avec ses deux écuries (Red Bull Racing et Racing Bulls), soit une moyenne par équipe de plus de 5 200 km — presque autant que les écuries motorisées par Mercedes et Ferrari.

Dès le shakedown de Barcelone, les signaux étaient encourageants : 622 tours en trois jours, près de 2 900 kilomètres parcourus, le tout sans incident mécanique majeur. Puis, lors des essais officiels à Bahreïn, Verstappen a signé le meilleur nombre de tours lors de la première journée avec 136 passages, tout en affichant un rythme impressionnant sur les longs relais.

Au-delà de la fiabilité pure, c'est le déploiement d'énergie qui a particulièrement impressionné les observateurs, un domaine crucial dans la nouvelle réglementation 2026 où la part électrique représente désormais 50 % de la puissance totale.

Wolff et Russell admiratifs, Verstappen reste lucide

La surprise ne vient pas que de Verstappen lui-même. Toto Wolff, le patron de Mercedes, n'a pas hésité à qualifier le moteur Red Bull de « référence » (benchmark) lors des essais de Bahreïn. George Russell, pressenti comme favori pour le titre, a également reconnu être « assez surpris » par les performances de Red Bull, saluant un moteur « impressionnant et fiable pour une nouvelle équipe ».

James Vowles, directeur de Williams, a quant à lui évoqué un écart mesurable : « On voit six dixièmes de manière constante. À l'entrée du virage 1, on ne peut pas s'approcher. Leur vitesse est extrêmement impressionnante. »

Malgré ces louanges, Verstappen garde les pieds sur terre. « Nous savons nous-mêmes que nous avons encore du travail à faire pour trouver plus de puissance. Mais cela ne nous surprend pas. Et nous pouvons être fiers de notre situation actuelle », a-t-il confié sur Viaplay. Avant d'ajouter : « En tant que gagnants, l'équipe et moi-même, nous voulons toujours faire mieux. C'est notre mentalité. »

Un projet qui a défié tous les pronostics

Il y a encore un an, Verstappen lui-même déclarait qu'il n'y avait « pas lieu de paniquer » au sujet du projet moteur, tandis que Christian Horner qualifiait cette transition de « plus grand défi » de l'histoire de Red Bull. Les rumeurs de retard par rapport à la concurrence alimentaient les spéculations sur un possible départ du Néerlandais vers Mercedes.

Mais Red Bull Powertrains a su s'entourer des meilleurs talents, débauchant des ingénieurs clés chez Ferrari, Honda et Mercedes. Le directeur de Red Bull Powertrains, Ben Hodgkinson, avait exprimé sa confiance avant les tests : « Je sais ce que nous faisons, et je suis confiant sur le fait que c'est légal. Nous sommes allés jusqu'à la limite exacte de ce que le règlement autorise. »

Le résultat est là : pour la première fois de son histoire, Red Bull n'est pas seulement reconnu pour la qualité de son châssis ou le talent de son pilote, mais aussi pour son moteur. Une révolution silencieuse qui pourrait redéfinir la hiérarchie de l'ère 2026.

Red Bull joue la carte de l'humilité

Malgré les éloges de la concurrence, Red Bull refuse de se considérer comme le favori. Pierre Waché, directeur technique de l'écurie, a été catégorique lors des essais de Bahreïn : « Nous ne sommes certainement pas la référence. Nous voyons clairement que les trois meilleures équipes — Ferrari, Mercedes et McLaren — sont devant nous. »

Verstappen lui-même soupçonne Mercedes de pratiquer un sandbagging extrême, prédisant des surprises à Melbourne. Un jeu de poker menteur typique de la pré-saison, où chaque équipe cherche à détourner l'attention de ses propres performances.

Quant aux domaines à améliorer, le Néerlandais refuse d'entrer dans les détails : « Les règles relatives aux moteurs sont tellement compliquées qu'il y a toujours quelque chose à améliorer. Il s'agit principalement de corrélation. Mais il faut toujours tenir compte de la température du moteur et des conditions. »

Melbourne, le vrai juge de paix

À l'approche du Grand Prix d'Australie, une certitude émerge : Red Bull a transformé son plus grand point d'interrogation en une force potentielle. Si la RB22 confirme en conditions de course ce qu'elle a montré en essais, le quadruple champion du monde pourrait bien avoir les armes pour reconquérir son titre face à Lando Norris et George Russell.

Et si la concurrence a effectivement sous-estimé le moteur Red Bull-Ford, elle sait désormais à quoi s'en tenir. Comme le résume Verstappen avec un sourire en coin : « Ils ne s'y attendaient pas. » Le message est passé.