Stella fait le bilan : Ferrari et Mercedes en tête de la hiérarchie
Les essais hivernaux 2026 de Formule 1 se sont achevés vendredi 20 février à Sakhir, et le patron de McLaren, Andrea Stella, n'a pas cherché à masquer la réalité. Interrogé sur la hiérarchie après neuf journées de tests réparties entre Barcelone et Bahreïn, l'Italien a livré une analyse lucide : "Je pense que McLaren et Red Bull sont probablement très similaires. Ferrari et Mercedes ont un cran d'avance."
Une déclaration qui tranche avec l'optimisme habituel des directeurs d'écurie en pré-saison, mais qui reflète l'honnêteté analytique reconnue de Stella. Le patron de McLaren base son jugement notamment sur les simulations de course, qu'il considère comme l'indicateur le plus fiable du potentiel réel des monoplaces.
Leclerc et Antonelli, les hommes forts de ces tests
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Charles Leclerc a signé le meilleur temps absolu de l'ensemble des essais hivernaux avec un chrono canon de 1'31"992, le seul pilote à franchir la barre des 1'32 à Sakhir. Le Monégasque a aussi réalisé une simulation de course convaincante dans la chaleur de l'après-midi, confirmant le potentiel de la SF-26.
Du côté de Mercedes, Kimi Antonelli s'est montré le plus véloce lors de la deuxième semaine avec un 1'32"803 en pneus C3, tandis que George Russell a été le pilote le plus actif de toute la pré-saison en termes de kilométrage. Les deux pilotes Mercedes ont démontré une régularité impressionnante tout au long des six journées bahreïniennes.
L'aileron arrière révolutionnaire de Ferrari a également attiré tous les regards dans le paddock, validé par la FIA malgré les interrogations de certaines écuries rivales.
McLaren pas loin, Red Bull dans la même zone
Si Stella reconnaît un léger retard sur Ferrari et Mercedes, il ne tire pas pour autant la sonnette d'alarme. McLaren estime ne pas être "loin" derrière et considère avoir coché toutes les cases de son programme d'essais. L'écurie de Woking a parcouru 5 776 km sur l'ensemble des neuf journées de tests, un chiffre solide qui témoigne de la fiabilité de la MCL40.
Le patron de McLaren a notamment évoqué la simulation de course réalisée jeudi par Oscar Piastri, qui s'est retrouvé dans la même fenêtre de rythme que Max Verstappen au même moment de la journée. De quoi placer les deux équipes au coude-à-coude, légèrement en retrait du duo de tête.
Stella a toutefois nuancé son propos en soulignant la difficulté d'interpréter les données : les conditions de piste évoluant fortement au cours de la journée, les comparaisons entre simulations de course restent délicates.
La gestion de l'énergie, clé de la saison 2026
L'un des enseignements majeurs de ces essais concerne le défi posé par les nouvelles unités de puissance 2026, dont la composante électrique représente désormais près de 50% de la puissance totale. Stella a insisté sur le fait que les caractéristiques de chaque circuit joueront un rôle crucial dans la hiérarchie cette saison.
À Bahreïn, les nombreuses zones de freinage ont facilité la récupération d'énergie, rendant l'exercice relativement gérable. Mais à Melbourne, pour le Grand Prix d'Australie qui ouvrira la saison le 8 mars, la situation sera bien différente. Les pilotes devront adapter leur style de pilotage pour optimiser la récolte et le déploiement de l'énergie — un exercice nettement plus complexe sur un tracé semi-urbain.
Stella a d'ailleurs admis qu'il reste "encore beaucoup à apprendre" sur le contrôle et l'exploitation de l'unité de puissance Mercedes, malgré une collaboration qu'il juge "très forte" avec la division HPP de Mercedes.
Les enseignements par écurie
Ferrari : la confirmation
Trois écuries ont dépassé les 6 000 km parcourus lors de ces essais : Mercedes, Haas et Ferrari. La Scuderia a montré un package complet — performance au tour, rythme de course et innovations techniques — qui en fait l'équipe la plus impressionnante de cette pré-saison. Les départs ultra-rapides observés chez Lewis Hamilton constituent un atout supplémentaire potentiellement décisif en course.
Mercedes : la régularité
Côté motoristes, Mercedes domine largement avec plus de 8 400 km parcourus lors de la dernière semaine par l'ensemble de ses équipes clientes. La fiabilité de l'unité de puissance Mercedes semble au point, un avantage considérable en début de nouveau cycle réglementaire.
Red Bull : l'efficacité énergétique
Red Bull s'est distinguée par son efficacité en matière de déploiement d'énergie, un facteur potentiellement décisif sous la réglementation 2026. Cette qualité pourrait s'avérer particulièrement précieuse sur les circuits disposant de moins de zones de freinage pour la récupération.
Aston Martin : le cauchemar
À l'autre extrémité du spectre, Aston Martin a vécu un véritable cauchemar avec des problèmes de fiabilité Honda persistants, notamment sur la partie batterie. Lance Stroll n'a même pas atteint 800 km de roulage sur l'ensemble des essais, une situation préoccupante à deux semaines de Melbourne.
Cap sur Melbourne
Les premiers enseignements de cette pré-saison dessinent donc un quatuor de tête composé de Ferrari, Mercedes, McLaren et Red Bull, avec un léger avantage pour les deux premiers selon l'analyse de Stella. Mais le patron de McLaren lui-même le souligne : la hiérarchie 2026 pourrait fluctuer d'un circuit à l'autre, en fonction des caractéristiques de chaque tracé et de la capacité des équipes à maîtriser la gestion énergétique de ces monoplaces révolutionnaires.
Rendez-vous à Melbourne du 6 au 8 mars pour le verdict tant attendu du premier Grand Prix de cette nouvelle ère de la Formule 1.






