La crise technique qui ébranle Aston Martin depuis le début de la saison 2026 semble enfin connaître un tournant. Après des essais de pré-saison désastreux et un Grand Prix d’Australie cauchemardesque, Honda annonce avoir mis au point une contre-mesure efficace pour endiguer les vibrations destructrices affectant le moteur RA626H. Une lueur d’espoir, bien que les défis à relever avant le Grand Prix de Chine restent colossaux.
Les vibrations, ce fléau qui paralyse l’AMR26
Dès ses premières sorties en piste, l’AMR26 a été frappée par un mal profond : des vibrations anormales émanant du nouveau groupe propulseur Honda. Ces oscillations ne se contentent pas d’occasionner un simple inconfort – elles endommagent le système de batteries embarqué, arrachent les rétroviseurs, font tomber les feux arrière et, surtout, mettent en péril la santé des pilotes.
Adrian Newey a été particulièrement direct quant à l’origine du problème : « L’unité de puissance est à l’origine des vibrations. Dans ce scénario, le châssis en est le récepteur. Une structure en carbone est naturellement rigide et offre très peu d’amortissement, si bien que la transmission de ces vibrations au châssis n’a, pour l’heure, connu aucune amélioration. »
Selon les analyses préliminaires, le déséquilibre proviendrait du vilebrequin du moteur V6 hybride. Par ailleurs, l’augmentation du couple électrique – imposée par les nouvelles réglementations 2026 – génère des harmoniques que le châssis de l’AMR26 ne parvient pas à dissiper efficacement. Une combinaison explosive qui a plongé l’écurie de Silverstone dans une situation critique dès le début de la saison.
Des essais de pré-saison révélateurs d’une crise profonde
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Lors des six journées d’essais hivernaux à Bahreïn, les deux Aston Martin n’ont couvert que 2 115 km, contre 21 544 km pour les monoplaces équipées de moteurs Mercedes et 16 116 km pour celles propulsées par Ferrari. Au total, entre le shakedown privé de Barcelone et les essais de Sakhir, l’AMR26 n’a bouclé qu’environ 400 tours – un nombre qu’une écurie performante réalise habituellement en une seule journée.
La situation a atteint son paroxysme lors de la dernière journée du second test : l’équipe a dû mettre un terme prématuré à la séance après avoir épuisé son stock de batteries de rechange, ne réalisant que six tours d’installation. Une image saisissante de l’ampleur des difficultés rencontrées.
Les pilotes, quant à eux, ont rapidement tiré la sonnette d’alarme. Lance Stroll a comparé les sensations à bord à « recevoir des décharges électriques sur une chaise », estimant que 15 tours consécutifs représentaient le maximum supportable sans risquer des lésions nerveuses permanentes. Fernando Alonso, malgré son expérience, a lui aussi exprimé ses inquiétudes, évoquant des picotements dans les mains et fixant sa limite personnelle à environ 25 tours.






