Bearman devant Ocon, Sainz imbattable face à Albon – analyse de tous les duels de coéquipiers en qualifications - Courses - Formule 1 FR - Formule 1 FR
Bearman devant Ocon, Sainz imbattable face à Albon – analyse de tous les duels de coéquipiers en qualifications
Alonso devance Stroll de 0,459 seconde, Antonelli surclasse Russell, Bearman domine Ocon... Découvrez le classement détaillé et chiffré des affrontements entre coéquipiers en qualifications pour la saison 2026 de Formule 1.
Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.
Cinq manches du championnat ont déjà été disputées, et les premières tendances se dessinent avec netteté au sein des écuries. En Formule 1, la qualification constitue l’étalon le plus pur pour comparer deux coéquipiers : même monoplace, mêmes conditions, performances brutes. Voici ce que révèlent les chiffres de la saison 2026.
Alonso – Stroll : une domination sans appel chez Aston Martin
Si un duel ne souffre d’aucune contestation cette saison, c’est bien celui d’Aston Martin. Fernando Alonso domine Lance Stroll avec un bilan sans appel de 6 victoires à 0 en qualifications, assorti d’un écart moyen de +0,459 seconde. Une suprématie qui s’inscrit dans la durée : l’Espagnol n’a plus concédé la moindre défaite face à son coéquipier canadien depuis plus de quarante Grands Prix consécutifs.
Ce qui rend cette statistique d’autant plus remarquable, c’est le contexte dans lequel elle s’inscrit. Aston Martin traverse l’une de ses saisons les plus éprouvantes, handicapée par les vibrations du nouveau moteur Honda. Alonso a lui-même admis ne pouvoir tenir que vingt-cinq tours d’affilée en raison de ces problèmes mécaniques, tandis que Stroll estimait sa propre limite à… quinze tours. Pourtant, en dépit de ces difficultés, l’Asturien continue de surnager.
« Chaque week-end a son propre objectif », a déclaré Alonso, résumant avec une pointe de fatalisme l’ambiance régnant dans le garage vert. La hiérarchie interne, elle, ne laisse planer aucun doute.
Sainz – Albon : un écart qui se creuse chez Williams
Carlos Sainz affiche également une domination marquée au sein de l’écurie Williams, avec un bilan parfait de 5-0 et un avantage moyen de +0,375 seconde en qualifications. Un chiffre d’autant plus significatif qu’il marque une nette progression par rapport à 2025, où l’Espagnol ne devançait son coéquipier que de 0,18 seconde.
Un bémol subsiste toutefois : en course, la dynamique s’inverse partiellement. Alex Albon afficherait un rythme supérieur de 0,15 seconde au tour, une situation diamétralement opposée à celle de l’an passé. Cette dichotomie entre qualifications et course mérite une attention particulière, car elle complexifie l’évaluation globale de cet affrontement.
Pour approfondir les défis techniques auxquels Williams est confrontée cette saison, notre analyse du Grand Prix du Canada revient sur les obstacles rencontrés par l’équipe de Grove.
Verstappen – Hadjar : Red Bull, l’exception qui confirme la règle
Le cas de Red Bull est particulièrement instructif. Sur le papier, Max Verstappen domine le rookie Isack Hadjar avec un bilan de 5 victoires à 2 et un écart moyen de +0,386 seconde en qualifications. Des chiffres qui illustrent la maîtrise du quadruple champion du monde.
Cependant, des données complémentaires viennent nuancer ce tableau. Certaines sources indiquent qu’Hadjar aurait même été légèrement plus rapide que Verstappen sur certaines séances de qualifications – une anomalie statistique attribuable aux problèmes de rebond (« bouncing ») de la RB22. Au Canada, les deux pilotes se sont plaints de la monoplace : « Mes pieds quittaient les pédales », a confié Verstappen, visiblement frustré.
En course, en revanche, l’ordre naturel reprend ses droits, Verstappen devançant son coéquipier d’environ une demi-seconde au tour. Une confirmation que le Néerlandais sait exploiter la performance là où elle compte le plus. De nouvelles évolutions ont d’ailleurs été introduites à Montréal pour tenter de résoudre ces difficultés.
Antonelli devance Russell : la surprise de la saison chez Mercedes
Si une dynamique intra-équipe a marqué les esprits cette saison, c’est bien celle de Mercedes. Kimi Antonelli, âgé de seulement 18 ans et en seulement sa deuxième saison en Formule 1, surclasse George Russell en qualifications avec un bilan de 4 victoires à 3 et un avantage moyen de +0,096 seconde. Mieux encore, il mène le championnat du monde en course.
Ce scénario était loin d’être anticipé. En 2025, Russell avait largement dominé son jeune coéquipier, avec un bilan de 24-5 en qualifications sur l’ensemble de leur première année commune. L’Italien avait alors multiplié les erreurs et marqué deux fois moins de points que le Britannique. Mais la saison 2026 et ses nouvelles réglementations semblent avoir tout changé.
« C’est un pilote fantastique, il a été exceptionnellement rapide dès le premier jour. On ne remporte pas tous les championnats juniors sans avoir la vitesse », a reconnu Russell au sujet d’Antonelli, tout en réaffirmant sa confiance en ses propres moyens. Toto Wolff, quant à lui, a tenu à rassurer son pilote expérimenté : « George est un combattant. Ce qui le rend si fort, c’est qu’il ne cesse jamais de se battre. »
Bearman – Ocon : le renversement spectaculaire chez Haas
L’autre grande surprise de la saison 2026 vient de Haas. Ollie Bearman, 20 ans, domine Esteban Ocon avec un bilan de 5 victoires à 2 en qualifications et un avantage moyen de +0,135 seconde. En course, l’écart est encore plus marqué : 17 points pour l’Anglais contre un seul pour le Français.
La situation devient de plus en plus tendue au sein de l’écurie américaine. Le contrat d’Ocon arrive à échéance en fin de saison, et des rumeurs de tensions avec le directeur d’équipe Ayao Komatsu circulent depuis Miami, où les deux hommes auraient eu une altercation vive. Komatsu avait d’ailleurs élevé le ton publiquement avant le Grand Prix du Canada.
Bearman, en revanche, avait fait preuve d’une grande modestie avant le début de la saison : « Il est impossible de savoir où nous nous situerons pour l’instant », avait-il déclaré en janvier. Les chiffres ont parlé pour lui.
McLaren : le duel le plus serré du plateau
Chez McLaren, la rivalité atteint une intensité rare. Lando Norris et Oscar Piastri ne sont séparés que par 0,034 seconde en qualifications, avec un léger avantage pour Norris (4-3). Si l’on inclut les épreuves sprint, le score global s’équilibre à 3-3, reflétant une parité absolue.
Les deux pilotes ont par ailleurs été victimes de problèmes techniques récurrents cette saison, ce qui a parfois faussé les comparaisons directes. Piastri a d’ailleurs reconnu que ces aléas avaient paradoxalement profité à l’équipe : « Dans chaque séance de qualifications, l’un de nous a commis une erreur, et cela nous a aidés plutôt que desservis – ce qui n’est pas ainsi que les choses devraient fonctionner. » Norris, de son côté, a décroché la première pole position hors-Mercedes de la saison lors du sprint de Miami.
Leclerc – Hamilton : Ferrari, un équilibre précaire
Chez Ferrari, Charles Leclerc devance Lewis Hamilton avec un bilan de 4-3 et un avantage moyen de +0,058 seconde. Une domination légère qui masque une réalité plus nuancée : Hamilton semble plus à l’aise sur certains types de circuits – notamment en Australie et en Chine –, tandis que Leclerc reprend l’avantage sur des tracés comme celui du Japon, où l’écart atteint environ trois dixièmes.
Hamilton lui-même a admis après Miami : « Je pensais que nous serions plus performants. Nous avons du travail pour comprendre pourquoi nous ne sommes pas aussi rapides. »La question des évolutions de la SF-26 reste entière au sein de la Scuderia.
Le tableau complet des duels en qualifications
Voici le récapitulatif des confrontations entre coéquipiers en qualifications pour la saison 2026 :
Équipe
Pilotes
H2H
Écart moyen
Aston Martin
Alonso / Stroll
6-0
+0,459 s (Alonso)
Williams
Sainz / Albon
5-0
+0,375 s (Sainz)
Red Bull
Verstappen / Hadjar
5-2
+0,386 s (Verst.)
Haas
Bearman / Ocon
5-2
+0,135 s (Bearman)
Alpine
Gasly / Colapinto
4-3
+0,205 s (Gasly)
Racing Bulls
Lawson / Lindblad
4-2
+0,264 s (Lawson)
McLaren
Norris / Piastri
4-3
+0,034 s (Norris)
Mercedes
Antonelli / Russell
4-3
+0,096 s (Anton.)
Audi
Hülkenberg / Bortoleto
4-3
+0,046 s (Hülk.)
Cadillac
Pérez / Bottas
4-2
+0,065 s (Pérez)
Ferrari
Leclerc / Hamilton
4-3
+0,058 s (Leclerc)
Les rookies s’imposent avec brio
Un constat s’impose en 2026 : les jeunes pilotes s’adaptent avec une rapidité remarquable aux nouvelles réglementations. Antonelli chez Mercedes, mais aussi Arvid Lindblad chez Racing Bulls, qui devance son coéquipier Liam Lawson avec des marges significatives (+0,13 seconde en qualifications, +0,14 seconde au tour en course).
Âgé de seulement 18 ans, le Britannique est devenu le quatrième plus jeune pilote de l’histoire de la Formule 1. Ralf Schumacher n’a pas hésité à affirmer qu’il avait « complètement surclassé » Lawson lors du Grand Prix d’Australie. Lindblad, de son côté, a confié être « habitué à être jeté dans le grand bain ».
Cette résilience des nouveaux venus soulève une question fondamentale : les nouvelles réglementations 2026, qui ont en quelque sorte remis les compteurs à zéro, offrent-elles aux jeunes talents une opportunité que les cycles précédents ne leur auraient pas accordée ? Les données de cette première partie de saison semblent répondre par l’affirmative.
Trente sessions de qualifications restent à disputer, et les hiérarchies pourraient encore évoluer. Mais les tendances, elles, sont déjà bien établies, et se lisent clairement dans les chiffres.