Shanghai, le symptôme d'un mal plus profond
À Shanghai, pour les qualifications sprint du Grand Prix de Chine 2026, vingt et une voitures seulement ont pris la piste. La Cadillac de Sergio Pérez, elle, est restée clouée au garage. En cause : un problème de pompe à carburant. Un incident de plus dans une longue série qui commence sérieusement à peser sur le moral du pilote mexicain et sur la crédibilité de la nouvelle équipe américaine.
« C'est un problème de pompe à carburant. Malheureusement, nous avons lutté dans ce domaine depuis trop longtemps, bien trop longtemps. C'est très frustrant », a lâché Pérez après la séance. Des mots lourds, qui résument à eux seuls l'état d'esprit au sein du garage Cadillac.
Pendant ce temps, Valtteri Bottas, l'autre pilote de l'écurie, a certes pris la piste, mais avec un gros problème de déploiement ERS (système de récupération d'énergie) à chaque tour. Résultat : 21ème et dernière position, à 2,8 secondes de la pole position décrochée par George Russell sur Mercedes. Pour atteindre le seuil du Q2, le Finlandais manquait de plus de trois secondes. « C'était franchement un gaspillage de séance », a-t-il résumé, laconique.
Une accumulation de pannes depuis les premiers tours en piste
Ce qui frappe dans le cas Cadillac, ce n'est pas tant l'incident isolé que sa répétition depuis les tous premiers kilomètres effectués par la MAC-26. Dès les essais hivernaux à Barcelone, les problèmes se sont manifestés. Sur la première journée de test, Bottas a pu boucler 33 tours le matin, mais Pérez n'en a complété que 11. L'équipe n'a au total réalisé que 164 tours lors du shakedown barcelonais, un total modeste pour une équipe qui cherche à établir ses repères.
Durant les essais de Bahreïn, il a fallu près de deux heures à l'équipe pour résoudre un problème technique, condamnant Bottas à n'effectuer que 37 tours et à rester en bas du classement. À Barcelone, le vétéran finlandais résumait sobrement la situation : « On dirait que chaque équipe a connu des problèmes. C'est du débogage, c'est pour ça qu'on est là. »
Mais le Grand Prix d'Australie a montré que ces problèmes ne restaient pas cantonnés aux essais. À Melbourne, Pérez n'a pu compléter que 14 tours en tout lors des essais libres. Un problème sur le système de carburant est apparu en fin de FP1 — obligeant l'équipe à retirer la batterie entière pour le corriger, une opération longue et délicate. Puis, en FP2, une fuite hydraulique totalement indépendante du premier incident est venue s'ajouter. Deux pannes distinctes, en une seule journée. Les ingénieurs de Cadillac étaient « visiblement préoccupés » dans le garage, selon les observateurs présents à Albert Park.






