Quand une légende en reconnaît une autre
Certaines marques de reconnaissance valent tous les trophées. Jacky Ickx, double vice-champion du monde de Formule 1 et sextuple vainqueur des 24 Heures du Mans, ne cache pas son admiration pour Max Verstappen. Le Belge, qui a marqué les décennies 1960 et 1970 par son talent brut et sa liberté de pilotage, discerne dans le quadruple champion du monde néerlandais un écho de ce qui faisait la grandeur des pilotes de sa génération.
« Chaque décennie produit de bons pilotes, puis il en émerge un qui se révèle exceptionnellement rapide », a déclaré Ickx. À ses yeux, Verstappen incarne clairement ce pilote d’exception — celui qui transcende son époque.
Un lien spontané entre deux générations
Ce qui frappe dans la relation qu’entretient Ickx avec Verstappen, c’est sa spontanéité. Le Belge a révélé que le quadruple champion venait systématiquement le saluer dès qu’il le croisait dans le paddock. « Il vient toujours vers moi quand il me voit ; il sait qui je suis. C’est agréable, car il n’y est nullement contraint. Je ne fais pas partie de son univers. Mais je pense que c’est quelqu’un de bien, et quand on apprend à le connaître, on peut réviser son jugement », confie la légende belge.
Cette humilité de Verstappen, souvent éclipsée par son image de compétiteur impitoyable, constitue visiblement l’une des qualités que le vétéran apprécie le plus chez lui.
« Il les a complètement dominés »
L’admiration d’Ickx ne repose pas uniquement sur des valeurs humaines. Elle s’ancre également dans des performances sportives implacables. « Il suffit d’observer comment il a surpassé ses coéquipiers. Il les a complètement dominés. Et quand je dis dominés, je pèse mes mots », affirme-t-il sans détour.
Cette suprématie sur ses partenaires d’écurie chez Red Bull — de Pierre Gasly à Sergio Pérez, en passant par Alexander Albon — s’impose comme l’un des marqueurs les plus éloquents du niveau de Verstappen. Hadjar affronte aujourd’hui cette même réalité au sein d’une équipe où l’exigence a été placée très haut.
La classe au-delà de la machine
Pour Ickx, la véritable preuve de la valeur d’un pilote se révèle lorsque la voiture n’est plus au rendez-vous. Verstappen a apporté cette démonstration en 2024, année où Red Bull a perdu son avance technique sur la concurrence. « Max, notamment ces deux dernières années, a prouvé que même sans la meilleure voiture, il pouvait toujours l’emporter. C’est la raison pour laquelle il est tant aimé et admiré. Il a confirmé sa classe », analyse le Belge.
Cette saison 2024 s’est avérée particulièrement révélatrice. En signant notamment une performance magistrale sous la pluie à São Paulo, Verstappen est devenu le premier pilote depuis quarante-et-un ans à remporter le titre mondial alors que son écurie ne terminait qu’à la troisième place du championnat des constructeurs.






