Un rêve d'enfant enfin en voie de concrétisation
Colton Herta a toujours su que son destin se jouerait en Formule 1. Âgé de vingt-cinq ans, ce pilote californien, élevé dans l'univers des paddocks de l'IndyCar aux côtés de son père Bryan, a confié lors du podcast F1 Beyond The Grid que sa vision du sport automobile dépassait largement les frontières des États-Unis.
« Ma toute première course, alors que je n'avais que deux semaines, se déroulait en IndyCar. En grandissant et en découvrant d'autres disciplines, mon deuxième centre d'intérêt s'est porté sur l'IMSA, mon père y concourant en 2006-2007. » Une passion viscérale, profondément ancrée dans son héritage familial.
Pour lui, l'opportunité offerte par Cadillac ne représentait donc pas un simple virage professionnel. Il s'agissait de l'aboutissement d'une ambition nourrie depuis l'enfance. « Je me considère avant tout comme un passionné de sport automobile. Quand cette chance s'est présentée, je me suis dit : quelle opportunité exceptionnelle. »
Un palmarès en IndyCar qui impose le respect
Avant d'évoquer la Formule 1, il convient de mesurer l'ampleur de ce que Herta laisse derrière lui. En IndyCar, il totalise cent seize départs, neuf victoires, seize pole positions, quarante arrivées dans le top 5 et soixante-quatre dans le top 10. Il détient toujours le record du plus jeune pilote victorieux en IndyCar, remportant sa première course en 2019 au Circuit of the Americas, à seulement dix-huit ans, onze mois et vingt-cinq jours.
En 2024, il termine vice-champion du championnat IndyCar, s'imposant lors de la dernière manche à Nashville Superspeedway pour décrocher sa première victoire sur ovale. À ce palmarès déjà impressionnant s'ajoutent deux victoires aux 24 Heures de Daytona et un succès aux 12 Heures de Sebring en 2024. Des performances remarquables pour un pilote encore jeune.
Pourtant, malgré ces succès, quitter l'IndyCar à vingt-cinq ans pour s'engager dans une aventure incertaine en Formule 2, puis espérer obtenir un volant en Formule 1, constitue un pari audacieux que Herta assume pleinement. « Je considère cette trajectoire comme une belle évolution dans ma carrière. Si elle me mène en Formule 1, je serai infiniment reconnaissant d'avoir osé franchir le pas. »
Les fantômes d'AlphaTauri et de Sauber
Ce n'est pas la première fois que la Formule 1 croise le chemin de Herta. En 2021, le projet de rachat de Sauber par Andretti Autosport avait failli le propulser chez Alfa Romeo. Il avait même effectué des séances sur simulateur à Hinwil, où ses performances auraient surpassé celles de Kimi Räikkönen et Antonio Giovinazzi.
Mais c'est surtout l'épisode AlphaTauri en 2022 qui a marqué les esprits. Red Bull manifestait un intérêt sérieux pour Herta, au point qu'un contrat avait été rédigé. Cependant, le pilote ne possédait pas les quarante points requis pour obtenir sa Superlicence FIA – il n'en comptait que trente-deux. « J'avais un contrat en main, mais impossible de le signer faute de Superlicence. » La FIA ayant refusé toute dérogation, le rêve s'est une nouvelle fois évanoui.






