Shanghai 2026 : Mercedes évolue dans une dimension parallèle
Depuis l’ouverture de la saison 2026 à Melbourne, où George Russell et Kimi Antonelli ont réalisé un doublé impérial, une question obsède l’ensemble du plateau : comment Mercedes a-t-elle réussi à creuser un tel écart face à ses adversaires ? À Shanghai, lors du premier week-end sprint de l’année, la réponse se précise autour d’un phénomène technique aussi fascinant qu’inédit, baptisé super clipping.
Russell s’est adjugé la pole position du sprint en 1’31”520, devançant son coéquipier Antonelli de 289 millièmes. Derrière eux, le vide. Andrea Stella, directeur de McLaren, avait déjà reconnu après l’Australie un écart pouvant atteindre une seconde au tour. À Shanghai, les données télémétriques confirment que cet écart ne s’est pas résorbé.
Le super clipping, qu’est-ce donc ?
Pour saisir l’avantage de Mercedes, il convient d’abord de maîtriser ce concept qui s’est imposé dans le lexique de la Formule 1 en 2026. Le super clipping désigne une phase de conduite où la monoplace se trouve limitée par la disponibilité énergétique de sa batterie, entraînant un plafonnement de la vitesse en ligne droite – et ce, alors même que le pilote maintient l’accélérateur à fond.
En pratique, le MGU-K récupère de l’énergie pour recharger la batterie tandis que la voiture roule à pleine vitesse. Si ce processus induit une légère réduction de la vitesse de pointe, il permet en revanche de conserver les éléments aérodynamiques actifs en configuration de faible traînée. C’est là tout l’intérêt par rapport à la technique traditionnelle du lift and coast : en levant le pied, la voiture basculerait en mode freinage, une configuration bien moins efficace.
Cette technique revêt une importance capitale en 2026, car le nouveau règlement impose une répartition inédite de la puissance : environ 540 chevaux thermiques et 470 chevaux électriques. La gestion de la batterie est ainsi devenue un enjeu central, comme l’explique notre guide complet des nouveaux termes de la F1 2026.
Shanghai, un circuit qui exacerbe les écarts
Le Shanghai International Circuit présente une particularité unique, qui amplifie les différences entre les écuries : la ligne droite de 1,2 kilomètre reliant les virages 13 et 14. Sous l’égide du règlement 2026, cette portion du tracé s’impose comme l’un des défis les plus exigeants pour les nouveaux systèmes hybrides de toute la saison.






