La situation est alarmante, et le paddock en a pleinement conscience. À quelques jours du Grand Prix de Chine 2026, Aston Martin se présente à Shanghai sous la menace d’une épée de Damoclès : des batteries Honda défectueuses, dont les vibrations, d’une intensité inédite, mettent en péril l’intégrité physique de ses deux pilotes. Entre mutisme officiel, exaspération et pessimisme ambiant, c’est le portrait d’une écurie en pleine tourmente qui se dessine.
Mike Krack esquive les questions
Avant même d’évoquer les spécificités du circuit de Shanghai, c’est l’attitude de Mike Krack, directeur des opérations piste d’Aston Martin, qui a retenu l’attention. Interrogé sur la disponibilité des batteries Honda pour ce week-end, il a préféré l’esquive à la transparence.
« Je ne crois pas que ce soit un sujet sur lequel nous devrions revenir sans cesse. La situation a été révélée à Melbourne, et je ne pense pas qu’il soit utile de poursuivre cette discussion sur le nombre de batteries disponibles », a-t-il déclaré en conférence de presse.
Pourtant, la question est loin d’être anodine. En Australie, l’écurie n’avait aligné que deux batteries fonctionnelles, déjà installées dans les monoplaces, sans aucune pièce de rechange avant les qualifications. À l’heure où ces lignes sont écrites, il demeure incertain qu’Honda ait pu acheminer des unités supplémentaires à temps pour Shanghai.
Des vibrations aux conséquences irréversibles pour les pilotes
La gravité du problème a été exposée de manière saisissante par Adrian Newey lors du Grand Prix d’Australie. Le directeur technique d’Aston Martin a confirmé que les vibrations, générées par un composant spécifique de la batterie Honda, se propagent à travers l’ensemble du châssis de l’AMR26, jusqu’aux mains des pilotes.
« Fernando estime ne pouvoir effectuer plus de 25 tours consécutifs sans risquer des lésions nerveuses irréversibles aux mains. Lance, quant à lui, situe ce seuil à 15 tours », a révélé Newey, résumant l’ampleur du désastre en quelques chiffres glaçants.
Lance Stroll, de son côté, n’a pas hésité à décrire avec une franchise brutale les sensations éprouvées au volant : « C’est comme si l’on s’électrocutait sur une chaise électrique, quelque chose d’approchant, en tout cas. » Une comparaison qui en dit long sur l’inconfort physique, mais aussi sur le désarroi d’un pilote contraint d’évoluer dans des conditions périlleuses.
Pour approfondir les origines de cette crise, notre article sur la guerre des nerfs entre Honda et Newey revient en détail sur les tensions techniques opposant les deux partenaires.






