Wolff : Aston Martin a fait le choix « conscient » de quitter Mercedes pour Honda

Paddock|
Toto Wolff, directeur d'équipe Mercedes F1, souriant lors d'une conférence de presse officielle

Toto Wolff assure que Mercedes n'a pas lâché Aston Martin : l'écurie a choisi Honda de son plein gré. Adrian Newey admet ne pas avoir anticipé les problèmes.

DD

Denis D

Denis D est un passionné de Formule 1 et un bloggeur amateur spécialisé en technique automobile.

Alors qu'Aston Martin traverse une crise sans précédent avec son unité de puissance Honda au GP d'Australie 2026, Toto Wolff a tenu à clarifier la situation : c'est bien Aston Martin qui a décidé de tourner le dos à Mercedes, et non l'inverse.

Wolff prend ses distances avec le fiasco Honda

Le directeur de Mercedes n'a pas mâché ses mots à Melbourne. Interrogé sur la débâcle de son ancien client, Wolff a rappelé que le partenariat entre Mercedes et Aston Martin avait duré de 2009 à 2025, et que la rupture n'était pas du fait de l'écurie allemande.

« Aston Martin était un client et un partenaire de Mercedes pendant toutes ces années, et nous fournissons toujours des moteurs et d'autres composants pour les voitures de route. Ce n'était pas une décision de Mercedes de ne plus travailler avec Aston Martin. Je pense que c'était une décision consciente de devenir une équipe d'usine avec Honda et leur partenaire Aramco, et c'est pourquoi nous avons dû les laisser partir. »

Ce message est d'autant plus percutant que Mercedes semble très compétitive dans cette nouvelle ère réglementaire, tandis qu'Aston Martin se retrouve au fond du gouffre avec un moteur Honda incapable de tenir la distance. L'ironie de la situation n'échappe à personne dans le paddock.

Des vibrations qui paralysent l'écurie

La crise qui frappe Aston Martin à Melbourne est d'une ampleur rare. Les vibrations excessives du moteur Honda provoquent des pannes de batteries en série, au point que l'équipe n'a plus que deux batteries disponibles. Pire encore, ces vibrations représentent un danger physique pour les pilotes : Alonso estime ne pas pouvoir dépasser 25 tours consécutifs et Stroll 15 tours sans risquer des lésions nerveuses permanentes aux mains.

Lance Stroll a même comparé la sensation à « une électrocution », illustrant la gravité de la situation. Lors des EL1 à Albert Park, Fernando Alonso a été contraint de rentrer au garage prématurément à cause d'un nouveau problème moteur, poursuivant un week-end catastrophique.

Newey admet que 2026 est déjà une saison perdue

L'aveu le plus marquant est peut-être venu d'Adrian Newey lui-même. Interrogé sur les perspectives d'Aston Martin, le légendaire ingénieur a déclaré que Honda devait déjà « se concentrer sur le moteur 2027 », reconnaissant qu'une « très grande progression en puissance du moteur à combustion » était nécessaire pour l'année prochaine. Un constat qui revient à admettre que la saison 2026 est déjà sacrifiée.

Plus inquiétant encore, Newey a révélé que ni lui, ni Lawrence Stroll, ni Andy Cowell n'étaient au courant du manque d'expérience du personnel Honda avant novembre dernier. C'est lors d'un voyage à Tokyo que les dirigeants d'Aston Martin ont appris que de nombreux membres de l'équipe Honda d'origine n'étaient pas revenus après le faux départ du retrait de la F1.

Un partenariat Honda plombé dès le départ

Le contraste avec le passé glorieux de Honda en F1 est saisissant. Newey lui-même avait conçu les Red Bull qui ont remporté quatre titres consécutifs avec Verstappen grâce aux moteurs Honda entre 2021 et 2024. Mais le semi-retrait de Honda de la F1, finalement transformé en volte-face, a entraîné un renouvellement massif du personnel à Sakura, privant le projet 2026 d'une expertise précieuse.

Koji Watanabe, président de Honda Racing, a admis à Melbourne que la cause racine des vibrations n'avait toujours pas été identifiée, ajoutant qu'il était « difficile de dire quand et comment » le problème serait résolu. Les essais au banc n'avaient pas révélé le problème, qui ne s'est manifesté que sur piste.

Pendant ce temps, les EL1 du GP d'Australie ont confirmé la hiérarchie : Ferrari et Mercedes semblent aux avant-postes, tandis qu'Aston Martin avait déjà envisagé de ne pas se rendre à Melbourne avant de s'y résoudre pour des raisons contractuelles et d'image.

Le châssis comme seule lueur d'espoir

Malgré ce tableau sombre, Newey reste confiant dans le potentiel du châssis de l'AMR26. Il estime que la monoplace est suffisamment compétitive pour évoluer dans le milieu de peloton une fois les problèmes moteur résolus. Mais sans une unité de puissance fiable et performante, il est impossible d'évaluer véritablement le travail aérodynamique réalisé à Silverstone.

La question qui agite désormais le paddock est simple : Aston Martin regrette-t-il d'avoir quitté Mercedes ? Wolff, lui, a clairement fait passer son message. Le choix de Honda était celui d'Aston Martin, et ses conséquences aussi.