Lambiase chez McLaren : l’étincelle d’un mercato explosif
Le 9 avril 2026, Red Bull Racing officialisait une nouvelle susceptible d’ébranler le monde de la Formule 1 : Gianpiero Lambiase, l’ingénieur de course emblématique de Max Verstappen depuis 2016, quittera l’écurie à l’issue de son contrat pour rejoindre McLaren en qualité de Chief Racing Officer. Une annonce qui a immédiatement embrasé le paddock, laissant présager qu’il ne s’agissait là que du prélude à un scénario bien plus spectaculaire.
Car derrière le départ de l’homme surnommé « GP » se profile une question désormais sur toutes les lèvres : Max Verstappen emboîtera-t-il le pas à son fidèle lieutenant au sein de l’écurie de Woking ?
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Ralf Schumacher brise le silence
C’est dans ce contexte déjà électrique que Ralf Schumacher, ancien pilote de Formule 1 et consultant émérite pour Sky Sports, a lâché une déclaration propre à enflammer les débats. « À mes yeux, Max va se réorienter l’année prochaine », a-t-il affirmé dans une interview reprise par plusieurs médias allemands et internationaux. « Je ne l’imagine pas terminer la saison 2027 chez Red Bull. »
Pour Schumacher, le départ de Lambiase dépasse largement le cadre d’un simple mouvement de personnel : il s’agit du signe le plus tangible à ce jour d’une rupture imminente entre le quadruple champion du monde et l’écurie autrichienne. Mieux encore, il n’hésite pas à évoquer la possibilité d’un transfert retentissant vers McLaren – l’équipe actuellement dominante en Formule 1 – qui permettrait à Verstappen de retrouver son ingénieur de toujours.
Schumacher pousse même l’analyse plus loin, suggérant un possible effet domino : dans ce scénario, Oscar Piastri pourrait quitter McLaren pour rejoindre Red Bull en contrepartie. « Cela impliquerait également des négociations pour un transfert de Piastri vers Red Bull – un schéma que nous avons déjà observé par le passé », a-t-il précisé.
Une décennie de complicité sans égale
Pour saisir toute la portée du départ de Lambiase, il convient de mesurer l’ampleur du lien qui unit les deux hommes. Leur collaboration a débuté lors du Grand Prix d’Espagne 2016, lorsque le jeune Néerlandais, alors âgé de 18 ans, a été propulsé de Toro Rosso vers Red Bull. Depuis, ils n’ont plus jamais été séparés.
Ensemble, ils ont célébré 71 victoires en Grand Prix et quatre titres mondiaux (2021, 2022, 2023, 2024), s’inscrivant parmi les duos pilote-ingénieur les plus légendaires de l’histoire de la discipline. Une alchimie que Lambiase lui-même a décrite avec une émotion palpable : « Nous nous connaissons parfaitement et savons ce qui peut susciter une réaction chez l’autre, ou comment le soutenir au bon moment. »
Verstappen, de son côté, avait été encore plus direct en 2021 : « Je lui ai dit que je ne travaillerais qu’avec lui. Dès qu’il arrête, j’arrête aussi. » Des paroles qui prennent aujourd’hui une résonance particulière.
Red Bull : une écurie en pleine tourmente
Si la question d’un départ de Verstappen relevait encore du domaine de l’hypothétique il y a quelques mois, les performances désastreuses de Red Bull en 2026 ont radicalement changé la donne. Après trois courses, le quadruple champion du monde ne pointe qu’à la neuvième place du championnat avec seulement 12 points – le pire bilan de l’écurie depuis 2015.
Laurent Mekies, le directeur de l’équipe, a lui-même reconnu que « le package de performance présente des lacunes significatives ». Une franchise rare, révélatrice de l’ampleur des difficultés rencontrées face à la nouvelle réglementation 2026.
Cette dégringolade sportive s’inscrit dans un contexte de déstabilisation profonde pour l’écurie. Red Bull a en effet perdu une série de figures majeures : Adrian Newey (parti chez Aston Martin), Christian Horner (licencié), Helmut Marko, Jonathan Wheatley (directeur sportif), Rob Marshall et Will Courtenay (tous deux recrutés par McLaren), et désormais Lambiase. Une hémorragie de talents sans précédent dans l’histoire récente de la Formule 1.
La clause contractuelle : une épée de Damoclès
La situation contractuelle de Verstappen constitue un élément central du dossier. Son contrat avec Red Bull court officiellement jusqu’à fin 2028, mais selon plusieurs sources bien informées, il inclurait des clauses de performance permettant une résiliation anticipée.
D’après Sky Sports, si Verstappen ne figure pas parmi les premiers du championnat des pilotes à l’issue de la pause estivale d’août, il serait en droit de mettre un terme à son accord sans pénalité financière. Au vu des difficultés actuelles de la RB22, cette fenêtre de sortie pourrait bien devenir une réalité avant la fin de l’été 2026.
Verstappen lui-même avait laissé entrevoir cette possibilité avant même le début de la saison : « Mon contrat court jusqu’en 2028, mais tout dépendra des nouvelles règles de 2026, et si elles sont attrayantes et plaisantes. Si elles ne le sont pas, je ne me vois vraiment pas rester. » Des déclarations prémonitoires au regard de la situation actuelle.
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McLaren : le plan parfait de Zak Brown ?
Face à cette situation, McLaren apparaît comme la destination idéale pour Verstappen, si tant est que son départ se concrétise. L’écurie de Woking traverse une période de domination historique : en 2025, elle a remporté 12 victoires, 16 podiums dont 13 doubles, et décroché le titre constructeurs pour la deuxième année consécutive – une première depuis 1991.
En recrutant Lambiase au poste de Chief Racing Officer – aux côtés du directeur d’équipe Andrea Stella –, Zak Brown ne s’assure pas seulement les services d’un stratège hors pair, mais brandit également un argument de poids pour séduire Verstappen le moment venu. Comme le résume un analyste de Sky Sports : « Red Bull est le grand perdant, et McLaren le grand gagnant, car ils s’approprient l’expérience et le savoir-faire de Lambiase, qui a géré de manière exemplaire le meilleur pilote du plateau pendant une décennie. »
Lambiase rejoint ainsi une pléiade de transfuges en provenance de Red Bull ayant contribué à la métamorphose de McLaren : Rob Marshall (directeur technique, arrivé en 2024) et Will Courtenay (directeur sportif, arrivé en 2026) avaient déjà quitté l’écurie autrichienne pour Woking.
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Jos Verstappen : le père qui connaît la partition
Un détail révélateur vient alimenter les spéculations : Jos Verstappen, le père et mentor de Max, a déclaré avoir été informé du départ de Lambiase bien avant son annonce officielle. Mieux encore, il affirme avoir encouragé son ingénieur à saisir cette opportunité professionnelle. « Nous le savions depuis un certain temps, et nous savions aussi quand cela allait se produire. Nous avons donc encore un an et demi, voire deux ans, pour travailler ensemble », a-t-il confié.
Cette bénédiction paternelle n’a pas manqué de nourrir les théories d’une possible coordination entre les camps Verstappen et McLaren. Comme si le départ de Lambiase chez McLaren constituait un signal adressé par Verstappen à son entourage : l’ingénieur devait songer à sa propre carrière, car l’aventure Red Bull touchait à sa fin.
Ralf Schumacher estime d’ailleurs que Lambiase pourrait quitter Red Bull avant 2028, en dépit des déclarations officielles des deux écuries concernant les délais.
Entre spéculation et réalité : que peut-on affirmer avec certitude ?
Il convient de demeurer prudent. À ce stade, aucun transfert de Verstappen vers McLaren n’a été officiellement acté, et Red Bull a tenu à préciser dans son communiqué que Lambiase « continuera d’exercer ses fonctions de directeur de la compétition et d’ingénieur de course auprès de Max Verstappen » jusqu’à son départ, ajoutant que « l’équipe et lui-même sont pleinement déterminés à ajouter de nouveaux succès à leur palmarès commun ».
The Race, de son côté, tempère les ardeurs en soulignant que le transfert de Lambiase « ne concerne pas l’avenir de Verstappen ». Une position compréhensible de la part des deux écuries, qui ont tout intérêt à apaiser les tensions publiquement.
Pourtant, les faits sont là : une écurie Red Bull en pleine crise sportive, un Verstappen potentiellement libéré de son contrat dès cet été, un ingénieur fidèle rejoignant la concurrence, et un Ralf Schumacher prédisant une réorientation dès 2027. Le scénario d’un Verstappen en jaune et papaye n’a jamais semblé aussi crédible.
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