Coulthard tire la sonnette d'alarme : Eau Rouge ne saurait devenir une zone de recharge énergétique
Depuis l'avènement de la saison 2026, la Formule 1 traverse une révolution technique sans précédent. Avec un équilibre désormais établi à 50 % entre moteur thermique et batterie électrique, la gestion de l'énergie s'est imposée comme un paramètre aussi crucial que la performance pure. Pourtant, cette nouvelle donne suscite des préoccupations grandissantes, et David Coulthard, ancien pilote de Formule 1 et fin observateur de la discipline, n'hésite plus à élever la voix.
L'Écossais a pris position avec une clarté sans équivoque : certains virages du calendrier devraient être exemptés de toute phase de récupération d'énergie. En tête de ses préoccupations ? L'enchaînement mythique d'Eau Rouge et du Raidillon, sur le circuit de Spa-Francorchamps.
"Je veux assister à une qualification qui me laisse sans voix"
Pour Coulthard, la problématique dépasse le cadre strictement technique. Il s'agit, selon lui, d'une question touchant à l'essence même du sport. « Je veux voir une qualification qui me laisse pantois. Un pilote et une monoplace flirtant avec les limites de l'adhérence en chaque point du virage, et non un tour dédié à une gestion optimale de la recharge et du déploiement énergétique », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué ses souvenirs de jeunesse pour étayer son propos : « J'ai grandi en regardant Ayrton Senna se qualifier en repoussant sans cesse les limites, à l'entrée, au milieu et à la sortie des virages. » Une époque où les qualifications relevaient d'un art pur, dénué de tout compromis énergétique.
Ces inquiétudes font écho aux critiques formulées par Fernando Alonso, dont le style de conduite a dû évoluer face aux nouvelles contraintes de 2026. L'Espagnol avait résumé la situation avec une pointe d'amertume : « Les virages rapides se sont mués en stations de recharge. On y ralentit pour recharger la batterie, puis on bénéficie de la pleine puissance sur les lignes droites. »
Eau Rouge : un cas d'école en matière de sécurité
Mais c'est sur le terrain de la sécurité que les préoccupations de Coulthard atteignent leur paroxysme. Eau Rouge n'est pas un virage ordinaire. Cet enchaînement, négocié à près de 300 km/h en Formule 1, présente une particularité alarmante : sa partie montante est aveugle. Les pilotes franchissent la crête sans aucune visibilité sur ce qui les attend de l'autre côté.
« Certains virages devraient être exemptés de la possibilité de récupérer de l'énergie, car nous sommes habitués à les aborder à pleine vitesse. À l'instar d'Eau Rouge en Belgique, l'un des virages les plus emblématiques au monde, il existe des sections où l'on ne peut distinguer si une voiture se trouve de l'autre côté de la crête », a-t-il averti.






