Mercedes s’impose en FP3 : Antonelli balaie toute concurrence
La journée de vendredi avait laissé planer le doute. McLaren, Ferrari, Mercedes… Quelle écurie parviendrait à s’imposer lors de ce Grand Prix du Japon 2026 ? La troisième séance d’essais libres, disputée ce samedi matin à Suzuka, a apporté une réponse aussi nette qu’implacable : les Flèches d’Argent. Kimi Antonelli a signé le meilleur temps en 1 min 29 s 362, devançant son coéquipier George Russell de près de trois dixièmes. Un doublé Mercedes qui contraste radicalement avec les incertitudes de la veille.
Pour mémoire, Russell avait dominé la FP1 avec un chrono de 1 min 31 s 666, avant qu’Oscar Piastri ne s’empare de la tête en FP2 en 1 min 30 s 133, reléguant Antonelli à neuf centièmes seulement. La hiérarchie semblait alors ouverte. La FP3 a tout remis en cause.
Antonelli, l’ascension fulgurante d’un futur champion
Âgé de seulement dix-neuf ans, Kimi Antonelli fait preuve d’une maturité stupéfiante sur le tracé mythique de Suzuka. Lors de la FP3, l’Italien est devenu le premier pilote du week-end à franchir la barre symbolique du 1 min 30 s, signant d’abord un 1 min 29 s 929 avant d’améliorer encore son temps pour s’établir à 1 min 29 s 362. Résultat : Mercedes domine les trois secteurs, et Antonelli s’affirme comme le grand favori pour la pole position.
Cette performance s’inscrit dans une dynamique impressionnante. Déjà vainqueur en Chine — sa première victoire en Formule 1, l’une des plus précoces de l’histoire —, le jeune prodige de Mercedes ne se contente plus de suivre son coéquipier : il le défie. Au championnat, il ne pointe qu’à quatre points de Russell.
Les données des longs relais sont encore plus éloquentes : Antonelli affiche en moyenne deux dixièmes et demi de mieux au tour que Russell. Une supériorité qui dépasse largement le simple cadre d’une qualification.
McLaren : leader en FP2, distancé en FP3
La journée de vendredi avait souri à McLaren. Oscar Piastri avait signé le meilleur temps en FP2, laissant entrevoir un possible rebond après le désastre de Chine, où ni lui ni Norris n’avaient pu prendre le départ. Pourtant, comme le souligne avec lucidité Randy Singh, directeur de la performance de l’écurie : « Oscar a terminé en tête, ce qui est toujours appréciable, mais la hiérarchie générale reste globalement identique à celle observée en Australie. »
Car derrière les chronos, la réalité s’avère moins reluisante pour la MCL40. Les analyses comparatives entre McLaren et Mercedes révèlent deux approches radicalement distinctes en matière de gestion énergétique : McLaren privilégie la puissance maximale en début de tour, notamment dans la ligne droite des stands et au virage 1, tandis que Mercedes optimise son énergie pour la seconde partie du circuit, de la chicane Spoon au virage 130R. Sur les longs relais, Piastri accusait près d’une seconde de retard au tour par rapport à Mercedes.
Les difficultés ne s’arrêtent pas là : Lando Norris a passé une grande partie du week-end en difficulté, contraint de remplacer son moteur électrique. L’équipe ignorait même, en FP2, s’il pourrait participer à la FP3.
Red Bull et Verstappen : une crise de performance préoccupante
Si Mercedes et McLaren se disputent la suprématie, Red Bull sombre. Max Verstappen n’a pu faire mieux que la dixième place en FP2, à plus d’une seconde et demie du rythme de référence. En FP1, il pointait déjà septième, à huit dixièmes de Russell. Le quadruple champion du monde ne mâche pas ses mots : « Pas très bon, pour être honnête. Un simple manque d’équilibre et d’adhérence. Deux extrêmes opposés entre la FP1 et la FP2, et dans les deux cas, cela ne convient pas. »
La Red Bull RB22 souffre de sous-virage dans certains virages et de survirage incontrôlable dans d’autres. Verstappen a même connu une brève perte de puissance moteur en FP2, symptôme d’un problème plus large lié aux nouvelles architectures énergétiques de 2026. La voiture était pourtant arrivée à Suzuka avec des évolutions notables : sidepods redessinés, plancher retouché. Rien n’y a fait.
Paul Monaghan, chef ingénieur de l’écurie, reconnaît avoir « identifié quelques problèmes », mais admet que les résoudre avant les qualifications relève du pari. Dans ce contexte, les rumeurs évoquant un éventuel transfert de Verstappen chez Mercedes prennent une résonance particulière.
Ferrari : solide, mais encore en retrait
Charles Leclerc a terminé troisième en FP3, à plus de huit dixièmes d’Antonelli. Une position honorable, qui reflète bien la situation de Ferrari en ce début de saison 2026 : compétitive, mais pas encore au niveau des meilleures. La SF-26 s’adapte bien à Suzuka, circuit exigeant où la Scuderia excelle traditionnellement, mais elle manque encore de vitesse pure sur un tour.
Leclerc lui-même l’avait prévenu : « Quatre à cinq dixièmes nous séparent encore de Mercedes. » Les données de la FP3 ne démentent pas cette analyse. Lewis Hamilton, quant à lui, a connu une journée plus difficile. « Ce fut une journée quelque peu compliquée », a-t-il reconnu, évoquant un équilibre qui « n’est pas exactement là où nous aimerions qu’il soit ». Par ailleurs, Ferrari a choisi de ne pas utiliser son aileron Macarena à Suzuka, une décision stratégique qui mérite d’être soulignée.
Le milieu de grille : Audi surprend, les enjeux du Q3
Derrière le trio de tête, le peloton intermédiaire s’annonce très serré. Audi s’est particulièrement distinguée, Nico Hülkenberg se classant dans le top 10 lors des séances du vendredi, confirmant les ambitions de l’écurie allemande de s’inviter en Q3. Gabriel Bortoleto a également montré de belles performances. Pour une équipe encore en construction, ces résultats constituent un signal encourageant.
Au classement des constructeurs, Mercedes domine avec deux doublés en deux courses. Russell mène le championnat des pilotes avec 51 points, Antonelli le talonne à 47, tandis que Leclerc occupe la troisième place avec 34 points.
Enjeux tactiques avant les qualifications
La gestion de l’énergie s’annonce comme l’un des facteurs clés des qualifications. La FIA a d’ailleurs décidé de réduire la recharge maximale autorisée de 9 à 8 mégajoules à Suzuka, un ajustement susceptible de rebattre les cartes entre les différents motoristes. Sur un circuit aussi exigeant en matière de gestion énergétique que Suzuka, avec ses enchaînements de virages rapides et ses longues phases de récupération, la moindre différence d’efficacité peut s’avérer décisive.
Mercedes aborde ces qualifications en position de favori. La Flèche d’Argent se montre rapide sur un tour, performante sur les longs relais, et dispose d’une stratégie énergétique plus intelligente sur l’ensemble du tracé. McLaren reste une menace sérieuse en qualifications — la MCL40 a clairement démontré son potentiel sur un tour —, mais devra résoudre la question de sa gestion énergétique dans des conditions de qualification.
Une certitude émerge : le duel Antonelli-Russell pour la pole position s’annonce palpitant. Et si Suzuka peut réserver des surprises météo — une probabilité de pluie de 25 % planait sur la journée de samedi —, rien ne sera jamais joué d’avance dans cette saison 2026, décidément riche en rebondissements.






