Red Bull cible Piastri : une rumeur qui prend de l'ampleur
Le mercato de la Formule 1 ne patiente guère que la saison s'achève pour s'embraser. Cette fois, c'est Oscar Piastri qui se retrouve au cœur d'une spéculation des plus explosives : Red Bull l'aurait identifié comme le remplaçant idéal si Max Verstappen venait à quitter l'écurie. Selon plusieurs sources proches du paddock, cette hypothèse aurait été évoquée lors du Grand Prix de Miami, alors même que le quadruple champion du monde est officiellement lié à l'équipe autrichienne jusqu'en 2028.
La logique sous-jacente est implacable. Face à l'incertitude planant sur l'avenir de Verstappen, le directeur de l'équipe, Laurent Mekies, et le dirigeant Oliver Mintzlaff auraient déjà envisagé un plan B centré sur l'Australien de 25 ans. Un profil jeune, solide, au potentiel encore largement inexploité, et dont le manager n'est autre que Mark Webber — ancienne figure emblématique de Red Bull.
Piastri : « C'est flatteur, mais il n'y a eu aucune discussion »
Interrogé avant le Grand Prix du Canada, Oscar Piastri n'a pas cherché à feindre l'indignation. L'Australien a reconnu avoir pris connaissance des rumeurs, mais a écarté toute négociation concrète : « Il n'y a évidemment eu aucune discussion ni quoi que ce soit de semblable, mais c'est flatteur. Il n'y a vraiment pas grand-chose de plus à ajouter. »
Une réponse mesurée, teintée de diplomatie, qui témoigne de la maturité du jeune pilote. Derrière cette apparente sérénité, le message est sans équivoque : Piastri se plaît chez McLaren, croit en son projet et n'envisage pas de départ. « En tant qu'équipe, nous sommes dans une dynamique très positive. Nous avons gagné en confiance et en expérience au cours des douze derniers mois, apprenant à redevenir une écurie capable de remporter des courses et des championnats. Pour moi, faire partie de cet environnement est extrêmement stimulant », a-t-il déclaré.
Zak Brown, serein mais attentif
Du côté de Woking, le PDG de McLaren, Zak Brown, n'a pas semblé particulièrement alarmé. Avec une pointe d'ironie, il a reconnu que l'intérêt des écuries rivales pour ses pilotes était inévitable : « Je suppose qu'il n'existe pas une seule équipe sur la grille qui ne souhaiterait pas compter Oscar et Lando dans ses rangs. Notre mission — notre priorité — est de créer un environnement dans lequel nos pilotes n'éprouvent aucune envie de piloter ailleurs. »
Une philosophie limpide : plutôt que de s'en remettre uniquement aux contrats pour retenir ses talents, McLaren mise sur la qualité de son environnement sportif et humain. Brown a d'ailleurs tenu à souligner sa satisfaction : « Je ne pourrais être plus heureux de notre duo de pilotes. Lando et Oscar sont non seulement des personnalités remarquables sur et en dehors de la piste, mais ils brillent également par leur synergie en tant que coéquipiers. »
La situation contractuelle : plus complexe qu'il n'y paraît
Peut-on pour autant considérer Piastri comme définitivement acquis ? La réalité contractuelle est plus nuancée. McLaren a confirmé que les contrats de Norris et Piastri s'étendent « au moins jusqu'à la fin de 2027 », avec des options de prolongation. Toutefois, plusieurs sources évoquent l'existence d'une clause de sortie dans le contrat de Piastri, potentiellement activable dès la fin de 2026 si Lando Norris venait à bénéficier d'un traitement systématiquement préférentiel.
Cette clause renvoie directement à la polémique des « papaya rules », ces règles d'équipe controversées de McLaren qui avaient suscité de vives réactions en 2025, beaucoup estimant que Norris avait été favorisé au détriment de Piastri dans la course au titre. L'Australien a depuis indiqué que ces règles devraient évoluer : « Je souhaite bénéficier d'une égalité de traitement et j'espère que les choses resteront ainsi. »
Mark Webber, l'éminence grise
L'élément le plus intrigant de ce dossier réside peut-être dans le rôle de Mark Webber, manager de Piastri et ancien pilote emblématique de Red Bull entre 2007 et 2013. Selon plusieurs rapports, l'Australien militerait discrètement en faveur d'un transfert de son protégé chez Red Bull depuis 2024, exploitant ses réseaux bien établis au sein de l'écurie autrichienne.
Helmut Marko aurait même mentionné que Webber cherchait à instaurer « un dialogue approfondi » avec les dirigeants de Red Bull concernant ce dossier. Ironie du sort, Webber s'est retiré des opérations quotidiennes de Piastri au début de la saison 2026, confiant la gestion quotidienne à l'ingénieur Pedro Matos. Certains y voient un retrait stratégique, laissant penser qu'il œuvre en coulisses sur le dossier Red Bull.
Verstappen : une clause, des doutes et une décision imminente
Tout ce remue-ménage autour de Piastri n'existerait pas sans l'incertitude grandissante entourant Max Verstappen. Le quadruple champion du monde est sous contrat avec Red Bull jusqu'en 2028, mais son engagement comporte une clause de sortie qu'il peut activer entre août et octobre 2026, si sa position au championnat est inférieure aux deux premières places à cette échéance.
Or, la situation de Red Bull en 2026 est particulièrement délicate. Verstappen pointe au septième rang du championnat avec seulement 26 points, sans podium, à 54 points des leaders. Il a exprimé publiquement son désenchantement face aux nouvelles réglementations, qualifiant le règlement de « fondamentalement erroné » : « Le problème ne réside pas dans quelques ajustements possibles de ces règles, mais dans leur essence même. Tout le monde ne le reconnaîtra pas publiquement, mais c'est la réalité. »
Il a confié que les nouvelles réglementations 2026, avec une répartition quasi équilibrée entre moteur thermique et puissance électrique, rendent la course « anti-pilotage » à ses yeux. Des sources proches du champion évoquent plutôt un possible congé sabbatique qu'une retraite définitive, mais l'incertitude demeure entière.
Red Bull et Hadjar : un contexte interne tendu
Pendant ce temps, le jeune Isack Hadjar tente de s'imposer chez Red Bull. Le Français a réalisé des débuts prometteurs, affichant un rythme proche de celui de Verstappen. Cependant, les résultats collectifs de l'équipe restent catastrophiques : seulement 16 points au compteur, contre 135 pour Mercedes. Hadjar lui-même a reconnu que l'ambiance au sein de l'écurie autrichienne était « difficile ».
Dans ce contexte, la philosophie de recrutement de Red Bull semble évoluer. Si Helmut Marko a toujours privilégié la promotion interne via l'Académie junior Red Bull, Laurent Mekies se montrerait plus ouvert à l'idée de recruter des pilotes confirmés issus d'écuries rivales si la situation l'exigeait. Ce changement de cap ouvre clairement la porte à un candidat comme Piastri.
McLaren, Piastri et 2027 : quel avenir ?
Pour McLaren, les enjeux sont colossaux. Zak Brown en a pleinement conscience : conserver le duo Norris-Piastri, c'est préserver le meilleur tandem de pilotes du plateau et continuer à briguer les titres. Si Piastri devait activer une clause de sortie ou choisir de partir à l'issue de la saison 2026, c'est tout l'édifice sportif de l'écurie qui s'en trouverait ébranlé.
Piastri a toutefois réaffirmé sa confiance dans le projet McLaren avec des mots empreints de sincérité : « Je me sens désormais doté de tous les outils nécessaires, ce qui n'était pas vraiment le cas il y a douze mois. Il s'agit maintenant de les exploiter au maximum et de donner le meilleur de moi-même à chaque occasion. » Des déclarations qui résonnent comme un engagement, non comme celles d'un pilote sur le départ.
Quoi qu'il advienne, avec Red Bull en pleine restructuration, Verstappen au bord d'une décision cruciale et Piastri « flatté » mais loyal, ce dossier promet d'animer l'actualité de la F1 jusqu'à la trêve estivale — et probablement bien au-delà.






