Ferrari : la pause d’avril, une opportunité insoupçonnée
Le monde de la Formule 1 a connu une situation inédite au printemps 2026. À la suite de l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite, une fenêtre de trente-trois jours s’est ouverte entre le Grand Prix du Japon (29 mars) et celui de Miami (3 mai). Pour certains, une parenthèse inattendue. Pour Ferrari, une occasion stratégique de premier plan.
Loïc Serra, directeur technique châssis de la Scuderia depuis octobre 2024, l’a confirmé dans une interview exclusive accordée à Motorsport.com : Maranello n’a jamais ralenti la cadence. Le programme de développement de la SF-26 s’est poursuivi comme prévu, tandis que les travaux sur la monoplace 2027 avançaient de concert, sans discontinuer.
Serra : « Nous avions une feuille blanche, c’était exaltant… mais aussi un piège »
Celui qui supervise désormais la conception des monoplaces rouges résume avec une franchise désarmante la philosophie qui guide son travail depuis son arrivée à Maranello : « Nous avions, pour cette réglementation 2026, une feuille blanche, et c’était exaltant. Mais c’est aussi un piège. La difficulté réside dans le fait de maintenir une exploration aussi large que possible sans s’engager prématurément dans une direction. L’avantage de cette feuille blanche, c’est qu’elle offre de nombreuses opportunités ; l’inconvénient, c’est qu’elle en offre tellement qu’on peut s’y perdre très vite. »
Cette mise en garde illustre l’enjeu central de cette pause d’avril pour les ingénieurs de Maranello : comment exploiter ce temps libre sans disperser les ressources ? La réponse de Serra est sans équivoque – en séparant rigoureusement les équipes dédiées aux améliorations immédiates de celles chargées des projets à moyen et long terme.
Pour le directeur technique, l’urgence du court terme ne doit en aucun cas éclipser les projets d’avenir. C’est précisément là que réside le danger au sein d’une organisation comme Ferrari, où la pression des résultats immédiats est constante.
Un mois d’essais intensifs transformé en atout concurrentiel
Plutôt que de mettre ses ingénieurs en veille, Ferrari a orchestré un programme d’essais particulièrement dense tout au long du mois d’avril. Au programme : des essais TPC (Test of Previous Cars) au Mugello, des tests pneumatiques sur piste mouillée à Fiorano avec Lewis Hamilton, ainsi qu’un filming day à Monza avec la SF-26.






