Hamilton sous une pluie artificielle à Fiorano pour Pirelli
Les 9 et 10 avril 2026, Lewis Hamilton a revêtu sa combinaison Ferrari non pas pour préparer un Grand Prix, mais pour une mission des plus spécifiques : évaluer les tout nouveaux pneumatiques pluie que Pirelli développe en vue de la saison 2027. Sur le circuit privé de Fiorano, arrosé artificiellement malgré des températures avoisinant les 22 °C, le septuple champion du monde a accumulé un volume considérable de données pour le manufacturier milanais.
Au cours de ces deux journées, Hamilton a parcouru 884 kilomètres, soit 297 tours. Le premier jour, il a bouclé 142 tours (423 km), avec un meilleur temps établi à 1'01"031. Le second jour, encore plus productif, il a enchaîné 155 tours (461 km) et amélioré sa meilleure performance en réalisant un temps de 1'00"740. Une performance remarquable, équivalant à près de trois distances de course complètes.
Fred Vasseur, directeur de la Scuderia, s’est rendu en personne à Fiorano pour suivre une partie de ces essais. Pendant ce temps, Charles Leclerc, absent de la piste, se concentrait sur des sessions en simulateur à Maranello et participait à des réunions techniques.
Un nouveau dessin de bande de roulement pour le Cinturato Full Wet
L’objectif de ces tests dépasse la simple validation des performances. Les ingénieurs de Pirelli cherchent à élargir la fenêtre d’utilisation du Cinturato Full Wet, afin qu’il demeure efficace même dans des conditions de pluie moins intenses qu’actuellement. Un enjeu crucial, car le pneu pluie extrême est aujourd’hui rarement utilisé en course, les conditions requises étant trop spécifiques et les pilotes privilégiant souvent les gommes intermédiaires.
Les prototypes testés par Hamilton lors de la première journée intégraient un nouveau dessin de la bande de roulement, déjà éprouvé la semaine précédente à Suzuka par Red Bull et Racing Bulls avec Isack Hadjar et Liam Lawson. Ce nouveau profil vise directement à améliorer la polyvalence du Full Wet dans les situations intermédiaires, entre pluie battante et piste simplement humide.
Dans l’après-midi du deuxième jour, une variante du Cinturato Intermediate a été montée sur la Ferrari SF-26, permettant aux ingénieurs d’analyser les fenêtres de crossover entre les deux types de gommes pluie. Ces fenêtres sont au cœur de nombreuses décisions stratégiques : un passage trop précoce ou trop tardif des Intermédiaires aux Full Wet (ou inversement) peut coûter plusieurs secondes au tour et, dans les cas extrêmes, provoquer un aquaplanage dangereux.
Fiorano, un laboratoire unique pour les conditions humides
Le choix de Fiorano n’est pas anodin. Le circuit privé de Ferrari dispose depuis 2001 d’un , alimenté par l’eau de pluie collectée dans huit citernes. Il figure parmi les rares pistes européennes homologuées par la Formule 1 capables de recréer des conditions de piste mouillée de manière stable et reproductible, sans dépendre des aléas météorologiques. Une caractéristique essentielle pour Pirelli, qui a besoin de données comparables d’une session à l’autre.






