La course parfaite qui vire au cauchemar
Il avait tout fait juste. Parti depuis la neuvième place sur la grille de départ, Pierre Gasly avait livré une prestation de haute volée sur les rues de Monaco, remontant progressivement jusqu'à décrocher une troisième place méritée. Puis tout s'est effondré, en quelques secondes, au moment des vérifications d'après-course.
Deux pénalités de cinq secondes, pour des dépassements de la limite de vitesse dans la voie des stands de 0,1 km/h puis de 0,4 km/h, ont suffi à faire basculer le résultat. Gasly, qui avait franchi la ligne en troisième position, s'est retrouvé rétrogradé au septième rang du classement final, derrière Lewis Hamilton, Isack Hadjar, Oscar Piastri, Liam Lawson et Arvid Lindblad.
"On fait la course parfaite : on part neuvième, on finit troisième, on passe la ligne en troisième place", a-t-il déclaré, la voix brisée, au micro de Canal+. "Les deux fois, je mets le pit limiter avant la ligne, le pit limiter est réglé à 59,5 km/h avec la limite dans les stands à 60 km/h. Je suis dégoûté."
Une remontée impressionnante réduite à néant
Le Français avait réalisé un départ canon, prenant immédiatement l'avantage sur Lando Norris et profitant notamment de l'abandon de Max Verstappen pour se hisser dans les positions de pointe. Lors du second départ — la course ayant été interrompue par un drapeau rouge en raison d'un asphalte qui se délitait dans le dernier secteur — Gasly avait une nouvelle fois parfaitement géré son envol, dépassant entre autres Isack Hadjar.
Dans une course chaotique remportée par Kimi Antonelli pour sa cinquième victoire consécutive de la saison, le pilote Alpine avait su tirer son épingle du jeu avec constance et intelligence. Sa progression depuis la neuvième place jusqu'au podium, dans les rues étroites de la Principauté, représentait l'une des plus belles performances individuelles de ce Grand Prix de Monaco 2026.
Mais le règlement ne fait pas de sentiments. Deux passages dans la voie des stands sous safety car, deux infractions mesurées à la limite du détectable, et un podium envolé.
Le pit limiter réglé à 59,5 km/h : un problème systémique ?
Le détail technique au cœur de la controverse interroge profondément. Selon les documents officiels publiés par la FIA, Gasly se trouvait à 60,1 km/h lors de sa première infraction, et à 60,4 km/h lors de la seconde. La limite autorisée dans la voie des stands de Monaco est fixée à 60 km/h. Son pit limiter, lui, était paramétré à 59,5 km/h par l'équipe Alpine — soit une marge de sécurité de 0,5 km/h en dessous de la limite.






