Quand la Formule 1 cède la place aux vaches Aubrac
Il a contribué à la mise au point des moteurs hybrides de McLaren sur les circuits les plus prestigieux du globe. Il a vécu au rythme effréné des paddocks, baigné dans l’adrénaline des Grands Prix et des innovations technologiques les plus avancées du sport automobile. Pourtant, Simon Rebreyend a tout abandonné pour revenir à la terre de ses ancêtres, à Pierre-Châtel, en Matheysine, dans le sud de l’Isère.
Aujourd’hui éleveur d’une centaine de vaches de race Aubrac en agriculture biologique, cet Isérois incarne, à lui seul, un paradoxe contemporain : celui d’un ingénieur d’élite renonçant au prestige international pour embrasser un métier ancré dans le réel, le local et le vivant.
Son parcours fait l’objet d’un documentaire intitulé « Éleveur, le choix d’une vie », réalisé par Laurent Poncelet, dont l’avant-première s’est tenue le jeudi 21 mai 2026 au cinéma-théâtre de La Mure.
Un parcours d’exception avant la reconversion
Le parcours de Simon Rebreyend en Formule 1 n’a rien d’anodin. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique, il a poursuivi des études en biologie, puis en génie thermique, avant d’intégrer une école d’ingénieurs spécialisée dans les moteurs. Sa carrière en F1 s’est déroulée en deux temps : d’abord au sein de Renault Sport F1, puis chez McLaren, où il a œuvré pendant quatre saisons à la mise au point des moteurs hybrides.
Ces années passées à sillonner la planète, à travailler sur des technologies de pointe, ont forgé un ingénieur accompli. Mais elles ont également semé le doute en lui. « J’avais un métier plaisant, un peu égoïste, je pense », confiera-t-il plus tard, avec une lucidité désarmante.
McLaren figure aujourd’hui parmi les écuries les plus ambitieuses du paddock, ce qui rend son départ d’autant plus marquant.
« Un métier qui a plus de sens » : la phrase qui résume tout
La décision de Simon ne fut pas impulsive. Elle s’est construite au fil des saisons, au contact de ses parents, restés en Isère pour faire vivre la ferme familiale. Chaque été passé à travailler à leurs côtés a entretenu un lien que les circuits internationaux n’ont jamais pu effacer.
« J’ai toujours suivi mon exploitation. J’ai travaillé les étés avec mes parents. Quand j’ai fait le tour de la question concernant la mécanique, et quand mes deux filles sont arrivées, je suis revenu à un mode de vie qui, pour moi, est plus sain et à un métier qui a plus de sens », explique-t-il.






