Un départ désastreux malgré la pole position
Le dimanche 29 mars 2026, Andrea Kimi Antonelli s’élançait depuis la pole position sur le circuit de Suzuka pour le Grand Prix du Japon. Tout semblait réuni pour une démonstration de maîtrise. Pourtant, dès l’extinction des feux, le cauchemar a commencé.
La Mercedes W17 a patiné au moment du départ, et le pilote italien, âgé de seulement dix-neuf ans, s’est retrouvé sixième à l’issue du premier tour, dépassé par Piastri, Leclerc, Norris et Hamilton dans un mouvement quasi synchronisé. Une chute de cinq positions en l’espace de quelques secondes à peine – de quoi rendre « fou de rage » le plus jeune poleman de l’histoire de la Formule 1.
« J’ai pris un départ catastrophique. Je dois progresser, car on peut aisément gagner ou perdre une course de cette manière », a-t-il déclaré au micro d’Eurosport, sans chercher à dissimuler sa frustration.
Que s’est-il passé sur le plan technique ?
Antonelli a décrit l’incident avec une précision clinique : sa monoplace a bien bougé sur le premier mètre, puis plus rien. La Flèche d’Argent s’est immobilisée brièvement avant de reprendre sa course, laissant ainsi le temps à ses adversaires de le devancer massivement.
Cette situation n’est pas anodine dans le cadre du règlement 2026 et de ses nouvelles contraintes énergétiques. En effet, depuis 2026, les monoplaces doivent gérer en permanence leur réserve d’énergie électrique. Lorsque les batteries ne sont pas suffisamment chargées au moment du départ, la puissance disponible s’effondre, même lorsque le pilote enfonce la pédale à fond.
Toto Wolff a d’ailleurs reconnu la complexité du problème avec une pointe d’ironie : « Ces jeunes apprennent à conduire avec des boîtes automatiques à l’auto-école ! Nous devons leur enseigner à relâcher l’embrayage lentement, progressivement, et non de manière brutale. » La solution technique réside dans le maintien d’un régime moteur élevé avant le départ, afin de maximiser la charge de la turbine du turbocompresseur et d’éviter le temps de réponse à la relâche de l’embrayage – une gestuelle qui exige une précision inédite pour les pilotes.
Un problème récurrent pour Mercedes
Ce départ raté n’est pas un cas isolé. Il s’agit de la troisième course consécutive au cours de laquelle Mercedes perd le bénéfice de la première ligne dès le départ. George Russell, également en première ligne à Suzuka, a lui aussi cédé deux places dès le premier tour, se retrouvant bloqué derrière les deux Ferrari.






