Trois ans en un : le bilan saisissant de Bradley Lord sur la saison rookie d'Antonelli
Kimi Antonelli n’a pas vécu une saison de Formule 1 ordinaire. Il en a vécu trois en une seule. Telle est, du moins, la conclusion de Bradley Lord, directeur adjoint de Mercedes-AMG F1, qui a livré une analyse éclairante sur la progression du jeune pilote italien au cours de sa première année dans la catégorie reine.
« On évoque souvent le “difficile deuxième album” pour un artiste, ou la difficile deuxième saison pour un pilote, mais Kimi a réussi à condenser environ trois années d’apprentissage en une seule saison l’an passé », a déclaré Lord. Une affirmation qui prend tout son sens lorsque l’on mesure le chemin parcouru par le natif de Bologne entre le Grand Prix d’Australie et celui d’Abou Dhabi.
Ce qui a particulièrement marqué le dirigeant britannique, c’est l’évolution de la confiance du pilote en ses propres moyens : « Ce qui a été véritablement remarquable, c’est de voir la confiance de Kimi en lui-même commencer à égaler celle que l’équipe avait placée en lui. »
Des débuts de conte de fées, rapidement rattrapés par la réalité
Antonelli avait pourtant entamé l’année 2025 sous les meilleurs auspices. À seulement 18 ans et 203 jours, il est devenu, lors du Grand Prix d’Australie, le troisième plus jeune pilote de l’histoire de la Formule 1 et le plus jeune à marquer des points dès sa première course, en se classant quatrième dans des conditions météorologiques dantesques. Détail révélateur de sa précocité hors norme : il avait obtenu son permis de conduire six semaines seulement avant ses débuts en F1.
Les semaines suivantes ont confirmé cette impression initiale : quatre sixièmes places lors des cinq premières manches, une sixième place au Japon où il est devenu le plus jeune pilote de l’histoire à mener une course, puis une pole position en Sprint à Miami – record du plus jeune poleman toutes compétitions confondues – et un premier podium au Canada, aux côtés de son coéquipier George Russell, victorieux.
Mais la Formule 1 réserve rarement un parcours sans embûches aux rookies, aussi talentueux soient-ils.
La tempête européenne : doutes, erreurs et remise en question
Lorsque le cirque de la F1 a posé ses valises en Europe, Antonelli a traversé la période la plus sombre de sa saison. Mercedes avait introduit une mise à jour de suspension infructueuse à Imola, perturbant autant le rookie que George Russell. Toutefois, pour Antonelli, la déstabilisation a été plus profonde, plus intime.
« J’ai traversé une période très longue et difficile en Europe », a-t-il confié à Abou Dhabi. « J’ai même commencé à douter de moi-même et j’avais peur de ne pas m’en sortir. Pendant cette phase compliquée, j’ai un peu perdu mes repères. Il y avait beaucoup de frustration, et j’ai commencé à trop me focaliser sur le résultat final. Chaque fois que je prenais le volant, je me mettais une pression énorme et je ne me concentrais plus sur la conduite elle-même. »






