Montoya lève le voile sur la suprématie de Verstappen
Il est l'un des rares pilotes de l'histoire à n'avoir jamais hésité à exprimer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Juan Pablo Montoya, champion CART, vainqueur à Monaco et aux 500 Miles d'Indianapolis, a livré une analyse aussi incisive que perspicace sur les raisons qui font de Max Verstappen un pilote hors norme. Et force est de constater que le Colombien ne prend guère de gants.
Dans une intervention remarquée sur le podcast BBC Chequered Flag, Montoya a résumé d'une phrase la philosophie gagnante du quadruple champion du monde : « Je me réveillais chaque matin en cherchant comment écraser tout le monde. Il faut être égoïste. » Une déclaration qui résonne comme un miroir tendu vers Verstappen.
« Égoïste » en piste, invincible en course
Montoya qualifie sans ambages le style de Verstappen d'« égoïste » – mais dans le sens le plus noble du terme. Selon lui, cette mentalité de prédateur est précisément ce qui distingue le Néerlandais du reste du peloton. Interrogé sur la possibilité que Verstappen adoucisse son pilotage face à un ami ou à une nouvelle recrue comme Gabriel Bortoleto, Montoya écarte l'hypothèse d'un revers de main : « Croyez-vous vraiment que Max va hésiter à plonger à l'intérieur et à pousser quelqu'un contre le mur, comme il le fait avec tout le monde ? Allons, soyons sérieux ! »
Cette agressivité calculée se manifeste concrètement sur la piste. Verstappen est réputé pour ses freinages ultra-tardifs, sa capacité à aborder les virages plus tard que quiconque et sa gestion instinctive des limites d'adhérence. Il excelle dans l'art d'insérer un infime temps mort entre deux changements de direction, stabilisant la voiture de manière imperceptible avant d'appliquer une nouvelle sollicitation. Un talent que très peu de pilotes maîtrisent avec une telle précision.
La domination sur ses coéquipiers, une preuve irréfutable
Pour Montoya, le véritable baromètre de la valeur d'un pilote réside dans l'écart qu'il creuse avec son coéquipier. Et sur ce point, Verstappen se montre impitoyable. « Il bat Checo sans difficulté, comme il l'a fait avec tous les autres malheureux qui ont partagé son baquet. Certes, la Red Bull est une voiture exceptionnelle, mais c'est sa capacité à l'exploiter qui le rend invincible. » Sergio Pérez, Nyck de Vries, Pierre Gasly, Alexander Albon… La liste des coéquipiers dominés est longue.
Pourtant, l'ancien pilote nuance son propos. Il a déjà déclaré par le passé que « sept ou huit pilotes » seraient capables de remporter le championnat au volant de la Red Bull. Une affirmation provocante, qui rappelle que la frontière entre le génie du pilote et la supériorité de la machine reste ténue. La , où Racing Bulls a cédé une position à Verstappen dans des circonstances troubles, alimente d'ailleurs ce débat.






