Gasly septième en qualifications à Suzuka : Alpine confirme son statut de référence du milieu de grille
Pierre Gasly a décroché la septième place sur la grille de départ du Grand Prix du Japon 2026, lors de qualifications dominées de bout en bout par Mercedes. Kimi Antonelli s’est adjugé sa deuxième pole position consécutive devant son coéquipier George Russell, tandis qu’Oscar Piastri (McLaren) complétait le trio de tête. Derrière les trois écuries dominatrices, Gasly s’est imposé comme le premier des autres, consolidant ainsi le potentiel réel d’Alpine dans la hiérarchie de cette saison 2026.
Le Français a devancé Isack Hadjar (Red Bull), Gabriel Bortoleto (Audi) et Arvid Lindblad (Racing Bulls) pour boucler le top 10. Une performance d’autant plus remarquable que le classement s’avérait particulièrement serré à partir de la septième place, quelques dixièmes de seconde seulement séparant les pilotes des septième à quinzième positions.
Une séance maîtrisée dans un contexte ultra-compétitif
La journée n’avait pourtant pas été des plus aisées pour Alpine. Comme l’avait anticipé Gasly avant le week-end, les essais libres avaient révélé certaines difficultés d’équilibre. En EL2, il avait terminé quatorzième, à plus d’une seconde et demie de Piastri, avant de remonter à la dixième place en EL3. Mais l’essentiel était sauf : les qualifications s’annonçaient prometteuses.
En Q1, Gasly s’était classé parmi les dix premiers, devançant même provisoirement les Red Bull lors de sa tentative. En Q3, il a exécuté sa mission avec brio, malgré les limites de sa monoplace, profitant notamment de l’erreur de Leclerc dans le virage Spoon – une faute qui lui a coûté trois dixièmes dans le deuxième secteur – pour consolider sa position.
« Le classement est extrêmement serré, surtout à partir de la septième place, derrière les trois écuries de tête. Quelques dixièmes de seconde seulement séparent les septième et quinzième positions. Je suis convaincu que les qualifications seront à nouveau très disputées. Si nous parvenons à apporter de petites améliorations, je pense que cela pourra avoir un impact significatif sur notre résultat final. » — Pierre Gasly, vendredi à Suzuka
Alpine, valeur sûre du milieu de grille en 2026
Cette septième place s’inscrit dans une dynamique encourageante pour Alpine depuis le début de la saison. Après une dixième place en Australie et une sixième en Chine, Gasly totalise neuf points au championnat et occupe la septième place du classement pilotes, devant Max Verstappen. Une situation impensable il y a encore quelques mois, alors que l’équipe terminait l’année 2025 à la dernière place du championnat des constructeurs avec seulement 22 points.
La grande révolution réglementaire de 2026 – réduction de l’appui aérodynamique de 30 %, baisse de la traînée de 55 %, nouvelles unités de puissance électrifiées à 50 % – devait, en théorie, rebattre les cartes. Dans les faits, les quatre écuries dominantes ont conservé leur suprématie, comme l’a souligné Gasly avec une pointe d’étonnement : « Il est assez surprenant de constater que les quatre meilleures équipes restent en tête, alors qu’elles disposent du moins de temps en soufflerie. »
Pour Alpine, le bilan n’en demeure pas moins positif. L’écurie d’Enstone s’affirme comme la cinquième force du plateau, devançant notamment Haas – qui avait pourtant créé la surprise lors des deux premières manches – et Red Bull, en grande difficulté à Suzuka avec Verstappen éliminé dès la Q2. À ce propos, Red Bull traverse une passe délicate au Japon, et la hiérarchie du milieu de grille reste particulièrement volatile.
Le moteur Mercedes : fin des alibis et nouveau départ
L’un des changements les plus symboliques de cette saison pour Alpine réside dans l’adoption du moteur Mercedes, un virage stratégique majeur après des années de collaboration avec Renault. Comme le rappelait Steve Nielsen, directeur général de l’équipe : « Non seulement le règlement a changé, mais nous avons aussi un nouveau fournisseur de groupe propulseur. Cela représente énormément de travail. Nous avons passé des mois à développer cette génération de voiture en collaboration avec Mercedes. Il n’y a pas eu de surprise, mais rien ne remplace l’expérience en conditions réelles. »
Ce partenariat, prévu jusqu’en 2030 au minimum, place Alpine dans une position inédite. Avec une unité de puissance réputée parmi les meilleures du plateau 2026, l’équipe ne peut plus se retrancher derrière les limites de son bloc propulseur. L’Alpine A526 est désormais jugée sur ses seuls mérites en matière de châssis et d’aérodynamique – et pour l’instant, les résultats sont au rendez-vous.
Gasly lui-même a insisté sur la proximité avec les équipes de tête : « C’est vraiment encourageant pour toute l’équipe de voir que, lors de certaines séances, nous pouvons nous hisser au quatrième rang. Les écarts sont minimes, et si l’on observe les qualifications, avec seulement trois dixièmes de retard sur la McLaren, ils ne sont pas insurmontables. »
Des ambitions claires pour la suite du week-end
Partir septième à Suzuka offre à Gasly une position stratégique pour la course. Ce circuit japonais, l’un des plus exigeants du calendrier, récompense traditionnellement les stratèges et les pilotes capables de gérer leur capital pneumatique sur la durée. Mercedes semble intouchable ce week-end à Suzuka, mais le reste du peloton, très groupé, laisse entrevoir des opportunités pour une course animée.
La déconvenue de Red Bull – Verstappen ayant mal digéré les nouvelles évolutions apportées à sa monoplace – et la fragilité de certaines équipes du milieu de grille ouvrent des perspectives. Gasly avait confié avant la course « espérer poursuivre sur la lancée de la Chine, l’une des épreuves qu’il attendait avec le plus d’impatience ». Avec une septième place sur la grille, les conditions sont réunies pour viser un nouveau top 6.
Flavio Briatore, conseiller exécutif d’Alpine, avait fixé le cap en début de saison : « Le nouveau règlement nous offre une véritable page blanche et une formidable opportunité de retrouver notre compétitivité. » À Suzuka, Pierre Gasly est en train de lui donner raison, une qualification après l’autre.
Un Gasly en pleine forme dans l’archipel nippon
Il convient de souligner que Suzuka revêtait une saveur particulière pour Gasly ce week-end. Le pilote normand avait dévoilé un casque spécial inspiré du kintsugi, cet art japonais de réparer les objets brisés à l’or, une métaphore assumée de la renaissance d’Alpine après des années difficiles. Sur la piste, le message a été parfaitement compris.
Avec deux pilotes dans les points lors des deux premières courses, grâce notamment aux performances de Franco Colapinto, Alpine s’ancre durablement dans le milieu de grille. La route vers les écuries de tête reste longue – Gasly évoque lui-même « deux groupes distincts » sur la grille –, mais la septième place de Suzuka prouve qu’Alpine a retrouvé une identité compétitive. Le reste du week-end dira si cette dynamique peut se muer en un podium inattendu ou, à défaut, en points précieux pour le championnat des constructeurs.






